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Le Groupe Léopards :

mercredi, avril 14, 2021
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RDC/Prétendus Députés dans les groupes armés: Des citoyens congolais appellent Mboso Nkodia à clarifier ses propos (lettre ouverte)

Monsieur le Président de l’assemblée nationale,

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La République et toute l’opinion publique ont suivi avec attention vos affirmations selon lesquelles : « vous alliez demander aux élus du Grand Kivu de quitter les groupes armés.]» Vos propos sont d’une telle confusion qu’il est de votre devoir comme deuxième personnalité politique du pays, de les clarifier.

«  …Vous les collègues du Grand Kivu, quittez les groupes armés, je vais le dire…», avez-vous insinué haut et fort, pendant que les élus du Kivu et de l’Ituri interpellaient la Présidence de l’Assemblée Nationale sur l’incapacité de la République à mettre fin à ces 7 ans de massacres et de tueries en série qui endeuillent le cette partie de Notre pays. 

Monsieur le Président, il y a de quoi penser que vous connaissez au moins ces élus ou ces hommes politiques de l’Est du Congo, siégeant à vos côtés dans les institutions de la République, et qui seraient impliqués dans le calvaire indescriptible qui afflige les territoires de Beni, de Djugu, d’Irumu, de Mahagi, de Lubero, de Rutshuru, de Masisi, etc., ainsi que les villes de Beni, de Butembo, etc. Monsieur le Président, qu’il vous plaise de les citer nommément et de les déférer devant la justice.

À toujours accuser une partie de la République d’être auteure des maux qu’elle endure – alors que la République elle-même peine à imposer son autorité et son obligation de protection des populations civiles ; c’est de l’irresponsabilité, c’est bien au-delà de la faillite de la République, cela n’a pas de sens, c’est nombriliste, malpoli et insultant. Pensez un instant aux victimes, à leurs familles éplorées, à cette autre partie du Congo qui se consume en nous tous les jours. À nos maux, à nos peines et à nos douleurs. À nos larmes qui coulent continuellement. À nos pères, mères, frères et sœurs, dont les organes charcutés et broyés sont enfuis dans nos terres, loin de toute dignité ; puisque la République n’a pas réussi à mettre fin à l’hymne de la mort qui rôde dans nos champs, nos villages et nos quartiers. Pensez à ces âmes laissées pour compte, à ces hommes et ces femmes qui enterrent leurs proches tous les jours. Ayez un minimum de considération pour ces hommes et femmes de la République, brûlés sur nos routes et dans nos cabanes en territoire de Beni.

Si la deuxième institution de la République connaît ou connaîtrait certains criminels « élus » et les laisserait siéger à ses côtés à l’Assemblée Nationale, sans qu’aucune procédure judiciaire ne soit enclenchée, il y a complicité de la République. Et dans tous les cas, si jamais la République doit chaque fois justifier ses incapacités par des accusations stigmatisantes et sans jamais aller au bout de sa dénonciation, elle n’existerait que dans notre fiction. Elle serait déjà morte avant le dernier survivant de Beni. Monsieur le Président de l’assemblée nationale, il est de votre devoir d’en tirer toutes les conséquences et de permettre à la volonté et au courage d’entrer en œuvre, que de toujours alimenter le sentiment d’exclusion.

Monsieur le Président, au-delà du Congo des cabinets et des coups d’éclats irrespectueux inter-politiciens, il y a le vrai Congo : celui des gens normaux. Celui des gens qui ne demandent qu’à vivre dignement. Celui des Congolais d’en-bas, qui paient leurs impôts et qui entretiennent ceux qui sont nourris à la mangeoire de la République. Celui de ceux qui n’ont soif que de paix et de sécurité. Et ce Congo-là, il meurt à petit feu, chaque fois que les animateurs de la République débitent des propos empreints d’une certaine infamie et d’une certaine lâcheté, chaque fois que l’inconscience et l’arrogance s’érigent en mode de gouvernance et de règlement de différends. Aujourd’hui, ce Congo-là, celui des gens que la République écoute peu, abandonné à son triste sort, vous demande des comptes : citez nommément ces « élus du Grand-Kivu » qui tuent leurs électeurs. Levez leurs immunités parlementaires et présentez-les devant un juge. Ce sera faire œuvre utile. La République vous en sera reconnaissante. Ce sera le début de la justice. Ce sera un début de la fin de ces torrents de larmes et de sang qui engloutissent ce qui reste de la République au Nord-Kivu et en Ituri. Le contraire classera vos affirmations dans la rubrique des dénonciations défectueuses.

Lire aussi:Kabund clarifie les propos de Mboso : « l’appel va dans le sens d’interpeller toute personne qui serait derrière les massacres dans l’Est de se retirer, le bureau de l’Assemblée nationale ne va protéger personne »

Monsieur le Président, chaque âme qui tombe d’une balle ou à coups de machettes, de haches et des marteaux à Beni et Ituri est une partie de République qui meurt en nous. Et vos propos ne passeront pas sans susciter un réel débat de fond. Faire de la sécurité au Kivu et en Ituri une priorité nationale n’est pas une option mais une obligation pour la République. C’est un devoir pour l’Etat que vous représentez. Prenez vos responsabilités en mains et transmettez au Procureur de la République la liste de vos collègues impliqués dans les tueries. Si vous n’en êtes pas capable, laissez la place à qui a plus d’audace.

Que de nous bassiner froidement par des faux tirs correctifs de votre adjoint qui tente en vain de nous faire croire qu’« il s’agit d’une question d’Etat » et que « tout ne peut être dévoilé au perchoir de l’Assemblé Nationale ». Vous nous devez toute la vérité, au nom du serment Républicain, au nom du respect et de l’honneur, au nom de nos compatriotes civils et militaires qui tombent tous les jours dans l’Est du pays, sans que la Représentation Nationale ne pipe mot.

Lire aussi:Mboso à l’ouverture de la plénière : « vous les collègues du Grand Kivu, quittez les groupes armés »

En phase avec ce qui reste de ce que nous sommes supposés être, une Nation et non un cocktail de peuples éparses sans réel lien de confraternité et de solidarité républicaines ; nous vous prions de prendre vos responsabilités ; mais surtout de tirer les conséquences de vos propos.

Sentiments patriotiques.

Fait à Beni, Butembo, Kinshasa, Goma, Lubumbashi, Paris et Bruxelles, le 29 mars 2021

Les citoyens signataires  :

1.    Marcel-Héritier Kapitene

2.    Bienvenu Matumo

3.    Enoch Batsotsi

4.    Jacques Issongo

5.    Frumence Boroto Mutuku

6.    Sylvain Saluseke

7.    Isa Dweti Kiakwama Kia Kiziki

8.    Vingi Mahamba

9. Trésor Buti

10. Isaac Muhambya Brock

11. Paul Hector Mundenga

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