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jeudi, avril 8, 2021
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La CENCO: “Le Peuple attend toujours” (Déclaration intégrale)

Les membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo(CENCO), réunis en Comité Permanent, à Kinshasa, du 22 au 25 février 2021, ont fait une déclaration commune sur la situation socio-politique, sécuritaire et humanitaire de la République Démocratique du Congo.

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Intitulé “le Peuple attend toujours”, ce message appelle entre autres les nouveaux animateurs des Institutions de la République à se mettre au travail conformément aux dispositions légales en privilégiant le bien-être de la population et la cohésion nationale.

Voici leur communiqué:

MESSAGE DU COMITE PERMANENT DES EVEQUES MEMBRES DE LA CENCO
« Déchirez votre cœur, et non vos vêtements » (Joël 2, 13)

Le Peuple attend toujours

  1. Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo(CENCO), réunis en Comité Permanent, à Kinshasa, du 22 au 25 février 2021, fidèles à notre mission prophétique, en ce temps de carême, temps de conversion, nous sommes penchés entre autres sur la situation socio-politique, sécuritaire et humanitaire de notre pays.
  2. Vivons pleinement ce temps de grâce, prenant appui sur une foi agissante, armés d’une joyeuse espérance et animés d’une charité inventive. En effet, « vivre un carême de charité, c’est prendre soin de ceux qui se trouvent dans des conditions de souffrance, de solitude ou d’angoisse… » (Message du Saint Père, Pape François, pour le carême 2021).
  3. Nous saisissons cette occasion pour féliciter Son Excellence Monsieur Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, Chef de l’Etat, pour sa prise de fonction à la tête de l’Union Africaine en cette année 2021. Nous le rassurons de nos prières pour un mandat fructueux avec des retombées sur le développement et la paix en Afrique.

Situation sociale et politique

  1. Nous avons assisté à la fin de la coalition dont nous avons dénoncé à maintes reprises l’inefficacité. Ce qui a donné lieu à l’avènement de l’Union Sacrée de la Nation et au changement des animateurs de grandes institutions.
  2. Cependant, ces changements ont été opérés dans une atmosphère de tensions et de manière à se poser des questions sur la moralité de ces actes.
  3. Tout en félicitant les nouveaux animateurs des Institutions de la République, nous les invitons à se mettre au travail conformément aux dispositions légales en privilégiant le bien-être de la population et la cohésion nationale.
  4. L’adhésion massive à l’Union Sacrée de la Nation ne doit pas être motivée seulement par le positionnement politique. Il ne suffit pas de changer simplement de camps politiques (vêtements), faut-il encore rompre avec les antivaleurs (cf. Joël 2, 13) et s’engager à travailler (cœur).
  5. Raison pour laquelle, seuls les hommes et les femmes qui ont fait preuve d’une bonne éthique dans leur passé et qui ont une expérience dans le domaine requis, soucieux du bien-être de la population, méritent d’être cooptés pour gérer les Institutions de l’Etat et les entreprises publiques. Le Peuple sera frustré de voir revenir au pouvoir ceux qui ont participé au pillage, à l’insécurité, à la violation des droits humains, et ne font aucun signe de repentance et de conversion.
  6. Nous sommes convaincus que le bien-être du Peuple congolais passera nécessairement par la consolidation de la démocratie. Ainsi, les reformes électorales et celles de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI en vue d’améliorer la gouvernance électorale devraient figurer parmi les priorités du prochain Gouvernement.

Situation sociale et économique

  1. A l’instar de tous les pays du monde, la RDC subit les effets néfastes de la covid-19. Tout en rendant grâce à Dieu de nous avoir épargnés du pire redouté à cause de la précarité de notre système sanitaire, nous sommes préoccupés par la négation de la réalité par une bonne partie de nos compatriotes. Ce qui justifie le relâchement presque général de l’observation des mesures barrières vivement recommandées par les autorités sanitaires.
  2. Nous saluons avec beaucoup de joie la réouverture des écoles et des universités à partir de ce 22 février. Cependant, il importe que les enseignants soient motivés pour aider les élèves et les étudiants à rattraper le retard dû à la longue interruption des cours. La modicité des salaires et de frais de fonctionnement, l’impayement des Nouvelles Unités (NU) et des Non Payés (NP), l’insuffisance et le délabrement des infrastructures scolaires, risquent de porter gravement atteinte à la qualité de l’enseignement.
  3. Par ailleurs, l’Eglise Catholique qui a assuré la mise en pratique de la gratuité dans 98,8% de ses écoles, reste disponible à collaborer avec l’Etat congolais pour une gestion saine de l’enseignement et pour la consolidation et la pérennisation de la gratuité de l’enseignement de base.
  4. Sur le plan économique, tout en reconnaissant les efforts faits par les gouvernants pour stabiliser le franc congolais, nous sommes préoccupés par le fait que la situation de la population congolaise ne s’améliore pas du tout au quotidien.
  5. Cette situation justifiée aujourd’hui en partie par la crise de la covid-19 est un défi majeur pour le gouvernement attendu à qui nous proposons, comme antidote : la rigueur dans les dépenses publiques, l’équilibre entre les dépenses relatives au fonctionnement des institutions et celles destinées aux programmes du développement du pays.
  6. Le Gouvernement ne devrait-il pas doter le pays d’une politique de décentralisation économique effective et de développement régional qui transforme les provinces en véritables centres de production, de distribution, d’échanges et de consommation des biens et de services ? Il est surprenant que l’on se soit préoccupé de la subdivision des provinces, sans s’investir réellement pour leur intégration par des routes adéquates et d’autres voies de communication.
  7. Aussi, le plan de relance économique ne devrait-il pas s’accompagner de la remise sur pied des entreprises de l’Etat par l’assainissement de leur gestion et le renforcement de leur capital?
  8. De même, la revanche du sol sur le sous-sol devrait s’accompagner de projets concrets en faveur de l’agriculture familiale et des projets intégrateurs comme le Service National.

Situation sécuritaire et humanitaire

𝟭𝟴. 𝗟𝗮 𝘀𝗶𝘁𝘂𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗮𝘆𝘀, 𝗻𝗼𝘁𝗮𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲 𝗘𝘀𝘁, 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲 𝗱𝗲́𝗹𝗲́𝘁𝗲̀𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝗮𝗴𝗴𝗿𝗮𝘃𝗲́𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗿𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗿𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗼𝘂𝗽𝗲𝘀 𝗮𝗿𝗺𝗲́𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗹’𝗔𝗿𝗺𝗲́𝗲 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲, 𝗮𝗽𝗽𝘂𝘆𝗲́𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗮 𝗠𝗢𝗡𝗨𝗦𝗖𝗢, 𝗻’𝗮𝗿𝗿𝗶𝘃𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗽𝗮𝘀 𝗮̀ 𝗲́𝗿𝗮𝗱𝗶𝗾𝘂𝗲𝗿. 𝗟𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘀𝘀𝗮𝗰𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗽𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀, 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝗻𝗹𝗲̀𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝘀, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗡𝗼𝗿𝗱-𝗞𝗶𝘃𝘂 𝗲𝘁 𝗲𝗻 𝗜𝘁𝘂𝗿𝗶, 𝗲𝘁 𝗿𝗲́𝗰𝗲𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹’𝗮𝘀𝘀𝗮𝘀𝘀𝗶𝗻𝗮𝘁 𝗶𝗴𝗻𝗼𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝗺𝗯𝗮𝘀𝘀𝗮𝗱𝗲𝘂𝗿 𝗱’𝗜𝘁𝗮𝗹𝗶𝗲 𝗲𝗻 𝗥𝗗 𝗖𝗼𝗻𝗴𝗼 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘀𝗼𝗻 𝗚𝗮𝗿𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗿𝗽𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗖𝗵𝗮𝘂𝗳𝗳𝗲𝘂𝗿, 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗮̀ 𝘀𝘂𝗳𝗳𝗶𝘀𝗮𝗻𝗰𝗲.

𝟭𝟵. 𝗡𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁𝗼𝗻𝘀 𝗻𝗼𝘀 𝗰𝗼𝗻𝗱𝗼𝗹𝗲́𝗮𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗰𝗵𝗿𝗲́𝘁𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲𝘀 𝗮̀ 𝗹’𝗘𝘁𝗮𝘁 𝗜𝘁𝗮𝗹𝗶𝗲𝗻, 𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗮𝗺𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗯𝗶𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘅 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗶𝗹𝗹𝘂𝘀𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗮𝗿𝘂𝘀, 𝗲𝘁 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗺𝗺𝗮𝗻𝗱𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗮̂𝗺𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝗦𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝘂𝗿 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗼𝘀 𝗲́𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝗹.

𝟮𝟬. 𝗠𝘂𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝘀𝗼𝗹𝗹𝗶𝗰𝗶𝘁𝘂𝗱𝗲 𝗽𝗮𝘀𝘁𝗼𝗿𝗮𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗹’𝗲́𝗴𝗮𝗿𝗱 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝗳𝗿𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝘀œ𝘂𝗿𝘀 𝗺𝗲𝘂𝗿𝘁𝗿𝗶𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘁𝗿𝗼𝗰𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗿𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗿𝗲𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗿𝗲́𝗴𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹’𝗘𝘀𝘁 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝘆𝘀, 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝗲̂𝗰𝗵𝗲́ 𝘂𝗻𝗲 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗰𝗼𝗻𝗷𝗼𝗶𝗻𝘁𝗲 𝗱’𝗲́𝗰𝗼𝘂𝘁𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗿𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗳𝗼𝗿𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝘀𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗖𝗼𝗻𝗳𝗲́𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗘𝗽𝗶𝘀𝗰𝗼𝗽𝗮𝗹𝗲𝘀 𝗱’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗖𝗲𝗻𝘁𝗿𝗮𝗹𝗲 (𝗔𝗖𝗘𝗔𝗖) 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗖𝗘𝗡𝗖𝗢 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗶𝗼𝗰𝗲̀𝘀𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗕𝘂𝘁𝗲𝗺𝗯𝗼-𝗕𝗲́𝗻𝗶 𝗮𝘂 𝗡𝗼𝗿𝗱 𝗞𝗶𝘃𝘂 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗕𝘂𝗻𝗶𝗮 𝗲𝗻 𝗜𝘁𝘂𝗿𝗶. 𝗡𝗼𝘂𝘀 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗳𝗼𝗻𝗱𝗲́𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗲𝗶𝗻𝗲́𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗿𝗲𝗰̧𝘂𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹’𝗲́𝗰𝗮𝗿𝘁 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗺𝗲𝘀𝘀𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝘂𝗿 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗮𝗶𝗻 𝗾𝘂𝗲 𝘃𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗽𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲́𝗲𝘀 𝘀𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲́𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗼𝘂𝗽𝗲𝘀 𝗮𝗿𝗺𝗲́𝘀. 𝗙𝗼𝗿𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗖𝗘𝗡𝗖𝗢 𝗽𝗿𝗲́𝗽𝗮𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝘂𝗻 𝗽𝗹𝗮𝗶𝗱𝗼𝘆𝗲𝗿 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗲́𝗾𝘂𝗲𝗻𝘁𝘀.

Situation de justice et de droits humains.

  1. Dans nos messages antérieurs nous avons salué des avancées en matière de respect de droits humains. Cependant, nous constatons une régression dans ce domaine. Nous déplorons et condamnons les répressions d’activistes des droits humains, les attaques menées contre les civils par des groupes armés ou les forces gouvernementales, l’entrave de la liberté d’expression et de manifestation.
  2. Le souci de la justice qui s’est manifesté au procès sur le programme de 100 jours, ne semble plus continuer sur la même lancée. Il s’est estompé et paraît sélectif. La lutte contre la corruption ne peut être menée à bon port si l’impunité perdure.
  3. Une vraie justice au service du redressement du pays, de la paix et de la réconciliation, ne devrait-elle pas s’étendre, sans distinction aucune, à tous les auteurs de crimes économiques et de violation des droits humains. Nous saisissons cette occasion pour demander que les procès Floribert Chebeya, Rossy Mukendi et compagnons, soient exécutés sans complaisance et que les responsables répondent de leurs actes.

RECOMMANDATIONS

  1. Face à la situation qui prévaut actuellement dans notre pays et soucieux de la consolidation de la démocratie ainsi que de l’amélioration de conditions de vie de la population, nous en appelons :

Au Peuple congolais :

  • De ne pas tomber dans l’attentisme, mais de s’inscrire dans la dynamique du changement ;
  • De veiller à défendre à tout prix ses droits fondamentaux ;
  • De ne pas se comporter en complice des auteurs de violence en cédant aux sentiments tribaux, ethniques et partisans ; mais d’être le prochain sans barrières de tous (cf. Pape François, Fratelli Tutti, n.1) ;
  • De veiller au strict respect des mesures barrières contre la covid-19 afin d’éviter une catastrophe qui ne serait pas facile à maîtriser.

Au Président de la République, en sa qualité de garant de la Nation:

  • De veiller toujours davantage à garantir la cohésion nationale et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national ;
  • De tenir compte du profil éthique des membres du prochain Gouvernement et des gestionnaires des entreprises publiques ;
  • De garantir la moralité dans le respect de la Constitution et des lois de la République;
  • De veiller à la formation d’un gouvernement efficace.

Au Gouvernement :

  • De prendre en compte les crise de la population qui croupit dans la misère ;
  • De s’atteler à combler le fossé créé entre la majorité de la population et une minorité qui a concentré entre ses mains et confisqué les richesses du pays ;
  • D’inscrire parmi les priorités les réformes électorales et celles de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI en vue d’améliorer la gouvernance électorale et de consolider la démocratie ;
  • De tout mettre en œuvre pour gagner le pari de l’organisation des élections crédibles, transparentes et apaisées en 2023 et pas plus tard ;
  • De régulariser la situation des enseignants, notamment les Nouvelles Unités et les Non Payés afin de consolider et pérenniser la gratuité de l’enseignement de base.

Au Parlement

  • De consacrer, en priorité, à la session de mars les lois sur les reformes électorales et sur l’organisation de la CENI afin de garantir la tenue des élections dans le respect du délai constitutionnel (2023) et d’éviter tout prétexte pour un glissement quelconque.
  • De se préoccuper de voter des lois qui concourent à l’amélioration des conditions de vie de la population.

Aux Cours et Tribunaux

  • De dire le droit, en âme et conscience, sans céder à la pression politique ;
  • De traiter avec diligence les cas de ceux qui sont dans les prisons, par surcroit surpeuplées, sans être jugés.

A la Communauté internationale :

  • D’aider les Institutions de la République à faire aboutir les réformes en faveur de la population congolaise pour une préparation adéquate du scrutin de 2023 ;
  • D’accompagner davantage les organisations de la Société civile dans leur combat pour le respect des droits humains et dans l’éducation civique et électorale de la population.

CONCLUSION

  1. Au terme de ce message, nous invitons les fidèles catholiques et les hommes de bonne volonté à ne pas sombrer dans le découragement et à ne pas tomber dans le fatalisme face aux défis multiples de notre pays, mais à se tourner vers le Seigneur qui dans les moments de tribulations vient à notre secours et nous adresse cette parole : « Confiance, c’est moi n’ayez pas peur » (Mt 14, 27).
  2. Puisse la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame du Congo, intercéder pour nous. Que Dieu nous prenne en grâce et bénisse notre pays (Ps 66).

Kinshasa, le 25 février 2021

LES ÉVÊQUES MEMBRES DU COMITE PERMANENT

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