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Le Groupe Léopards :

samedi, mai 15, 2021
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#Discours d’acceptation de S.E. M. Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président entrant de l’Union africaine et Président de la République Démocratique du Congo à la 34ème Session Ordinaire de la Conférence de l’UA du février 06, 2021

Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,

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Excellence, Monsieur le Secrétaire Général des Nations-Unies,

Excellence, Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est un immense honneur que tous les États africains ont fait à mon pays, la République Démocratique du Congo, par ma modeste personne, en lui accordant la présidence de notre organisation continentale. La présente mandature, dois-je le rappeler, a pour thème principal : « Arts, Culture et patrimoine : levier pour l’édification de l’Afrique que Nous Voulons ».

Je mesure l’immensité de la tâche que j’accepte en toute humilité d’assumer avec votre appui constant, le concours appréciable de tous les membres du Bureau et la disponibilité permanente de la Commission de notre organisation.

Je tiens ici à remercier vivement mon prédécesseur le Président Cyril Ramaphosa qui, dans des conditions difficiles dues à la pandémie de Covid-19, a su mobiliser les efforts de tous les pays du continent et des partenaires pour y faire face.

Je salue chaleureusement et remercie fraternellement Son Excellence Madame Sahle-Work Zewde, Présidente de la République Démocratique Fédérale d’Ethiopie et Son Excellence Monsieur Abiy Ahmed, Premier ministre, pour la qualité de l’accueil que le peuple éthiopien n’a cessé de nous réserver lors de nos assises au siège de l’organisation.

Je saisis également cette occasion pour adresser mes sincères remerciements à Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine qui nous reçoit dans ce magnifique cadre du siège de notre organisation continentale. 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

C’est un privilège unique pour la République Démocratique du Congo qui accède ce jour à la présidence de l’Union Africaine à un moment symbolique et hautement significatif où nous célébrons les soixante ans de la disparition d’un digne fils du Congo et de l’Afrique, Monsieur Patrice Émery Lumumba. Croyant fermement au grand destin de l’Afrique, il n’avait pas hésité à organiser, en août 1960 à Kinshasa, alors Léopoldville, le dernier Congrès de l’histoire du grand mouvement du panafricanisme. Le 30 juin 1960, peu avant sa disparition tragique, il déclarait [Je cite] : « L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité ». [Fin de citation].

C’est dans cette optique que, pour honorer la mémoire de tous les panafricanistes, j’entends ancrer la thématique de ma présidence de l’Union Africaine dans la vision ci-après : « une Union Africaine au service des peuples ». Cette vision spécifique qui s’inscrit dans le « Premier Plan Décennal de Mise en œuvre 2014 – 2023 » de l’Agenda 2063, va se décliner autour de neuf piliers stratégiques mieux détaillés dans mon plan d’action.

Les Arts, la Culture et le Patrimoine constituent le socle de la renaissance africaine. Ils nous offrent l’opportunité d’opérer notre retour aux sources. En tant que somme des inventions de l’homme, de ses innovations et de ses combats pour assurer sa survie et son épanouissement, la culture est effectivement, comme le disait Léopold Sédar Senghor, au commencement et à la fin de toute chose, car elle embrasse tous les domaines de la vie.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Au moment où nous accédons à la présidence de l’Union Africaine, notre continent est en proie à un défi majeur, celui de faire taire les armes. Dans la région sahélo-sahélienne, les filles et fils de l’Afrique tombent chaque jour sous la barbarie du terrorisme. En République Centrafricaine, la paix et la stabilité des institutions élues sont mises à rude épreuve par des rebellions et des groupes armés. Dans la partie Est de mon pays, la République Démocratique du Congo, persiste, comme je l’ai relevé à plusieurs reprises, l’insécurité causée par des groupes armés locaux et des mouvements terroristes étrangers notamment les ADF-MTN. Il en est de même de l’Afrique australe, réputée pour sa stabilité et son pacifisme, où le terrorisme est en train de sévir dans la partie Nord du Mozambique.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Une Afrique au service des peuples se construit aussi à travers l’intégration du continent. C’est ici le lieu de saluer les progrès accomplis dans le processus de ratification de l’Accord de Libre-échange Continentale Africaine (ZLECAf), le démarrage des échanges commerciaux en début de cette année et l’action du Président Mahamadou Issoufou pour le rôle qu’il a joué dans le lancement de la ZLECAf.

Certes, le démarrage des échanges, en ce mois de janvier 2021, dans le cadre de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine, représente un acte d’indépendance économique.  Mais il existe des défis certains au regard de disparités dans le développement industriel de nos différents pays.

Excellences, Mesdames et Messieurs

Nul n’a vu venir la pandémie de Covid-19, qui a pris au dépourvu toute l’humanité au point de nous faire perdre des vies humaines, de restreindre les mouvements de personnes et de déstabiliser nos économies. Bien que relativement moins touchée que d’autres parties du monde, l’Afrique n’a pas non plus été épargnée par ce virus mortel. Raison pour laquelle nous saluons l’ingéniosité et la résilience dont ont fait montre les pays africains dans la lutte contre cette pandémie.

Fort de l’expérience du combat contre l’adversité et de nos grandes capacités d’adaptation, ne baissons pas les bras et ne perdons pas de vue d’autres pathologies qui continuent de sévir au point d’être parfois de loin plus mortels comme la malaria.

Organisons-nous ensemble, avec nos partenaires internationaux pour une grande offensive contre ces différents fléaux. Il est impérieux que notre organisation puisse renforcer le Centre Africain pour le Contrôle et la Prévention des Maladies (CDC Afrique) afin de répondre efficacement aux urgences et de relever les défis sanitaires complexes, en tant qu’institution technique spécialisée de l’Union Africaine.

Excellences, Mesdames et Messieurs

Dans une synergie avec les Communautés Économiques Régionales, nous allons conjuguer nos efforts pour renforcer la paix et la sécurité ; poursuivre l’opérationnalisation de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine ; promouvoir une renaissance de la culture, des arts et du patrimoine africain ; lutter contre le changements climatique ; accélérer les projets intégrateurs, entre autres la construction du grand barrage d’Inga ; consolider les initiatives de l’Union Africaine dans la lutte contre la Covid-19 et dans la prévention contre d’autres maladies. 

Tirant justement les leçons de la pandémie, en plus de renforcer nos systèmes de santé, le moment est venu d’investir davantage dans l’éducation et la recherche scientifique. Dès lors, il est d’un intérêt hautement stratégique que chaque État membre réserve une bonne part de son revenu, au développement de son capital humain qui est la principale richesse, la seule qui soit capable de se mobiliser avec efficacité pour résoudre ses problèmes spécifiques et faire face aux défis mondiaux.

Fort de ma Vision d’une Union Africaine au service des peuples africains, je me propose précisément de faire sortir notre Organisation, avec votre concours à tous, des salles des conférences, des disques durs de nos ordinateurs et des dossiers bien ficelés de nos secrétariats. J’entends l’amener à la cour des écoles, au milieu des camps des réfugiés, au cœur des marchés de nos villes et des champs de nos villages.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Promouvoir une Communauté panafricaine consciente de son Histoire, de son potentiel artistique et de la richesse de son patrimoine culturel n’est pas et ne doit être une option, mais un devoir. Nous deons le réaliser ensemble au cours de la présente année en nous appuyant sur les neuf piliers qui constituent ma vision stratégique. C’est à ce prix, j’en suis persuadé, que l’Afrique poursuivra sa marche vers l’horizon de l’Agenda 2063 qui lui assurera, entre autres, la prospérité fondée sur la croissance inclusive et le développement durable, la paix et la sécurité et la pleine égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines de la vie.

Pour terminer, mes cher(e)s frères et sœurs, continuons à tisser inlassablement, année après année, la natte de l’intégration africaine. Comme l’avait si bien souligné Joseph Ki-Zerbo, « On ne développera pas l’Afrique, mais c’est l’Afrique qui se développera ».

Je vous remercie.

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