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Thursday, October 1, 2020
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En 2023, la coalition FCC-CACH astreinte à l’obligation de résultat et au partage de sort (Daniel MAKILA KANTAGNI, Senior Manager de Sociétés de Droit OHADA)

INQUIÉTUDE LÉGITIME D’UN ÉCHEC ANNONCÉ

Bientôt deux ans, la coalition FCC-CACH gère le pouvoir d’État à la faveur des élections du 30 Décembre 2018. Au vu des défis pharaoniques en présence, la majorité ainsi constituée, du reste à raison, doit faire la force d’une union appelée à rassurer que de distraire la population. Car, elle est aux affaires pour faire bouger les lignes du changement sans prétendre avoir droit à l’échec. Cette coalition compte en son sein des grands esprits et des cerveaux de grande valeur capables d’apporter au bout de compte le sourire au peuple. Malheureusement, tous les signes avant-coureurs laissent présager un réel risque de passage à côté de sa vraie mission. En effet, il se dégage la crainte que les dirigeants soient prématurément préoccupés par les agendas politiques de 2023, en lieu et place de s’investir sur ce dont les populations attendent d’eux hic et nunc. Cette atmosphère de précampagne est caractéristique d’une marche d’équipe en ordre dispersé. Elle risque d’anéantir le déclic du vrai changement attendu, car susceptible de remettre en question les précieux acquis de l’alternance obtenue par les efforts du président Joseph KABILA à l’issue des élections du 30 décembre 2018.

ABSENCE D’UN PROGRAMME COMMUN DE GOUVERNANCE

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Pourtant, la raison d’être et la mission qui s’imposent à cette coalition consiste à se fixer dans la même direction les seuls objectifs de requalification du bien-être collectif. Il s’agit de décréter à tous les niveaux les années de sacrifice et de mobilisation générale en envoyant au travail acharné la population inquiète de son lendemain. Il s’en suit logiquement que les deux parties en alliance soient contrainte de partager le même sort face au souverain primaire à l’issue de ce mandat. Le denominateur commun sur lequel cette coalition devrait asseoir ses appuis et sa cohésion ne peut être qu’un programme de gouvernance assorti de l’obligation de résultat et du devoir de redevabilité partagée face au peuple. Autrement dit, les deux plateformes politiques se doivent d’assumer en toute solidarité les contre-performances ou les retombées positives à l’échéance.

Bien entendu, va-t-il falloir que ce programme cible en priorité les objectifs de la lutte contre la pauvreté, car, c’est sur ce terrain de politiques publiques que « le peuple d’abord » ne doit indéfiniment demeurer un slogan de plus. Question d’investir massivement dans la paysannerie en s’appuyant sur la territoriale du développement, appelée, elle aussi, à être le fer de lance de l’émergence du pays. Redémarrer là où le pouvoir colonial a commencé et cibler l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2030. Le Vietnam, la Chine, l’Inde et l’Ethiopie sont des illustrations parfaites d’un véritable sursaut national qui a porté ses fruits.

Pourquoi faut-il continuer à engloutir des milliards des devises dans l’importation de déchets d’abats et des poissons avariés, en plus du coût qu’ils engendrent sur la santé de nos concitoyens ? Pourquoi consommer le riz thaïlandais alors qu’à Bumba et dans les marais du fleuve Congo, on y produit du bio succulent ? Jusqu’à quand les poissons vont-ils continuer à mourir de vieillesse dans nos lacs et rivières ?

OBLIGATION DE RÉSULTAT ET DE PARTAGE DE SORT EN CONSEQUENCE

Si des réformes audacieuses ne focalisent l’attention de cette gouvernance d’union nationale, on ne saurait rien escompter à l’issu de ce mandat qui s’annonce plutôt conflictuel que laborieux. Le pays s’est doté d’un budget de 10 milliards de dollars projeté d’être en perpétuelle progression d’année en année. Il va falloir pour s’y prendre fédérer toutes les intelligences de la nation à l’effet de produire et produire davantage les biens et services pour asseoir à l’intérieur une économie structurée et inclusive, prérequis du développement durable. Pas de roue à réinventer ici, si ce n’est qu’un rappel des évidences que tout le monde sait, sauf, les politiciens préoccupés par leur positionnement personnel.

Il nous revient fort heureuselent que les délégués de deux camps de la coalition FCC-CACH ont repris le dialogue pour harmoniser leur vue.

La population congolaise attend de ces pourparlers les assurances d’un engagement clair et irrévocable des deux partenaires politiques; celui de s’assumer publiquement d’être liés part le sort de répondre solidairement des résultats de leur gestion commune à l’issue de cette mandature.

Que les deux camps renoncent formellement à se renvoyer l’un sur l’autre la responsabilité des prétendus crocs-en-jambe ou d’un éventuel échec, pourtant imputable à tous, sit tel sera le cas. Mais aussi devraient-ils s’interdire de s’approprier seul des retombées positives en diabolisant l’autre partie.

Car, sur cette terre des hommes, on ne dénombre pas des saints d’un côté et les méchants de l’autre.

Faute de prendre cet engagement crucial et incontournable au nom du peuple, force sera de conclure que le partage des postes soit resté leur seule préoccupation et qu’il y a à craindre des lendemains sombres pour le pays.  

Daniel MAKILA KANTAGNI,
Senior Manager de Sociétés de Droit OHADA,
Manager de  Travaux Publics,
Analyste Politique.

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