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Thursday, October 1, 2020
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« La place d’un lanceur d’alerte en République Démocratique, c’est la prison ou l’exil ?» (Pages d’opinions libres de Me Jean Claude KATENDE)

Dans un monde où les pays font face à des pratiques illicites qui ruinent les politiques publiques et exposent les citoyens à des dangers de toute nature (corruption, blanchiment des capitaux…), les lanceurs d’alerte deviennent une nécessité absolue. Ainsi, ils ont besoin d’une protection de la part des gouvernements pour continuer leur travail consistant à préserver les biens communs.
Avant d’aller très loin dans ma réflexion, il est important de préciser qui est un lanceur d’alerte. Un lanceur d’alerte est toute personne qui révèle des informations concernant des menaces ou un préjudice pour l’intérêt général dans le contexte de sa relation de travail, qu’elle soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. »
Dans les pays qui veulent décourager les pratiques illicites qui menacent les institutions publiques ou privées ou les personnes physiques, des lois ont été prises pour protéger les lanceurs d’alerte. On s’oppose même au licenciement d’un lanceur d’alerte.
En République Démocratique du Congo, un pays ruiné par la corruption et le blanchiment des capitaux, pays où on devrait protéger les lanceurs d’alerte, la place d’un lanceur d’alerte, c’est soit l’exil ou soit la prison. Le lanceur d’alerte est abandonné à son triste sort par les autorités et à tous les niveaux. Cette attitude de nos autorités est de nature à décourager les lanceurs d’alerte et à favoriser les pratiques illicites dans tous les secteurs de la vie nationale.
Cette attitude est contraire aux discours du Président de la République, Monsieur Félix TSHISEKEDI, qui s’est engagé pour lutter contre la corruption sous toutes ses formes. Ce programme ne peut pas réussir sans lanceur d’alerte.
Je rappelle que Monsieur Jean Jacques LUMUMBA a été contraint de fuir le Congo pour avoir dénoncé les pratiques illicites de BGFI-BANK qui était son employeur. Il avait dénoncé cette banque d’avoir couvert le détournement de dizaines de millions de $ en provenance de certaines institutions publiques.
Malgré le bien de sa dénonciation, Monsieur Jean Jacques LUMUMBA s’était retrouvé en danger et sans protection des autorités congolaises de l’époque. Il était obligé d’aller en exil. Ça ne doit pas continuer comme ça !
Aujourd’hui, c’est Israël KASEYA qui a été licencié par ACCES BA NK et se retrouve en prison depuis le mois de mai 2020 pour avoir dénoncé à l’interne et puis en public les pratiques illicites de cette banque. Après qu’il ait refusé toute compromission avec ACCES BANK, il lui a été fabriqué des infractions fantaisistes pour le faire taire.
Lors de la dernière audience de l’affaire qui l’oppose au Ministère Public et à ACCES BANK au Tribunal de paix de la Gombe, le Ministère Public a renoncé à le poursuivre pour deux autres infractions fantaisistes qui ont été mises à sa charge (Escroquerie et Abus de confiance) et a maintenu contre lui le faux en écriture qui est aussi fantaisiste. Le Ministère Public a requis 3 ans de servitude pénale principale contre un lanceur d’alerte qui a sauvé l’épargne de beaucoup des congolais et a dénoncé les comptes fictifs ouverts par ACCES BANK au profit des entreprises sanctionnées par le Gouvernement américain.
Cette affaire pénale veut couvrir la question des frais fictifs dont le montant va jusqu’à 10 millions de $ prélevés par ACCES BANK sur les comptes des clients. Certains clients ont écrit à la banque pour dénoncer ces frais fictifs.
En dénonçant ces pratiques illicites, Israël KASEYA âgé de 31 ans et père de deux enfants dont l’ainée à 3ans, la deuxieme a une année, a perdu son travail et exposé sa famille pour sauver l’épargne des autres compatriotes et protégé le pays contre le blanchiment des capitaux. Il ne mérite pas d’être en prison.
Le programme de lutte contre la corruption du Gouvernement ne peut pas réussir sans lanceur d’alerte.
J’interpelle toutes les autorités du pays pour qu’elles s’intéressent à cette affaire montée de toutes pièces pour nuire à ce jeune homme qui a fait ce que beaucoup de congolais ne sont pas capables de faire. Il est du devoir du Gouvernement de protéger ce jeune homme.
J’appelle tous les clients d’ACCES BANK qui ont bénéficié des actions de Monsieur Israël KASEYA à le soutenir à MAKALA où il est en détention depuis mai 2020.
Ceux qui s’exposent pour le bien commun doivent être protégés par le Gouvernement.
Partageons ce message et participons à la protection des lanceurs d’alerte.

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Kinshasa, le 22 septembre 2020
Me Jean Claude KATENDE (Whatsaap : +243 811729908)
Gardien du Temple.

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