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Wednesday, September 30, 2020
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Report du mini-sommet de Goma: Autopsie d’un fiasco diplomatique

Annoncé en grande pompe par la présidence congolaise, ses organes de presse et de communication, ainsi que par les médias congolais, le mini-sommet des chefs d’État de la région des Grands Lacs qui devait se réunir ce week-end au Goma Hotel Serena: les présidents Yoweri Museveni de l’Ouganda, Paul Kagame du Rwanda, Evariste Ndayishimiye du Burundi, João Lourenço de l’Angola et Felix Antoine Tshisekedi de la RDC, vient d’être reporté une deuxième fois.

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Mais cette fois ci, il se fera par visioconference selon le ministère des affaires étrangères et à une date à convenir entre les parties.

Dans un communiqué publié qui a fuité hier jeudi 17 septembre et confirmé ce vendredi 18 septembre 2020, le Ministère des Affaires étrangères de la République Démocratique du Congo a informé l’opinion tant nationale qu’internationale que le mini-Sommet des Chefs d’États et de Gouvernement initialement prévu pour la date du 20 septembre 2020 à Goma, se tiendra par visioconférence à une date prochaine en raison des contraintes dues à la Covid19.

“Le Ministère des Affaires Etrangères de la République Démocratique du Congo saisit cette opportunité pour remercier les Républiques-sœurs d’Angola, du Burundi, du Rwanda et de l’Ouganda pour leur collaboration dans les travaux préparatoires d’études de faisabilité dudit mini-Sommet qui ont conduit à la décision sus évoquée.,” lit on dans le dit communiqué.

En outre, le Ministère des Affaires Etrangères de la République Démocratique du Congo renouvelle à ses partenaires régionaux et internationaux les assurances de sa haute considération.

Les différentes délégations ont donné des explications aussi diplomatiques que les unes et les autres.

Les présidents burundais et ougandais ont défendu leur homologue congolais. Le président angolais ne s’est pas non plus annoncé à Goma.

Il s’agit d’un échec diplomatique pour le régime de Félix Tshisekedi alors que les préparatifs allaient bon train pour la tenue de ce mini sommet.

Une délégation de plus 100 personnes s’est envolée hier jeudi 17 septembre pour Goma afin de préparer le dit mini-sommet.

Le président de la République a même dépêché quelques pions majeurs comme le président de la CEP/UDPS, Jacquemain Shabani, le Ministre délégué à la défense, Sylvain Mutombo, etc. pour baliser sa venue.

Malheureusement, ces assises n’auront pas lieu alors qu’étaient censées résoudre plusieurs problèmes dont les massacres à l’Est de la RDC et dans la région des grands lacs.

Voici les éléments de l’analyse des raisons de ce fiasco selon Jean-Jacques Wondo Omanyundu, analyste en Géopolitique:

1) Le Burundi et l’Ouganda considèrent que Goma est à portée militaire directe de Kagame et indirecte des milices à sa solde. Rappelons les propos du général rwandais James Kabarebe qui a déclaré en toute décontraction que le Rwanda contrôle chaque centimètre carré de l’est de la RDC, en précisant qu’il «connaît très bien la situation du Kivu et de tout le monde là-bas».

2) Le Burundi est dans une guerre latente avec le Rwanda et l’Ouganda est dans une grave crise diplomatique et sécuritaire avec le Rwanda.

3) Dans la note verbale du ministre burundais des Affaires étrangères, adressée à son homologue congolais, on lit que le Burundi souhaite d’abord traiter des questions de sécurité aux frontières communes avec la RDC avant d’impliquer les autres Etats voisins.

Par ailleurs, selon des informations confidentielles reçues par DESC d’une source diplomatique burundaise, le Burundi estime que l’entourage du président Tshisekedi ne maîtrise pas les enjeux de la sous-région et est composé de personnes proches de Kigali, dont Claude Ibalanky et Fortunat Biselele .

Ils exercent une grande influence sur le président Tshisekedi dans les affaires touchant les Grands Lacs. En outre,les autorités burundaises estiment que les nouvelles autorités congolaises montrent très peu de considération à leur égard suite à l’influence négative de Kabila et Kagame alors que les deux pays peuvent développer un partenariat stratégique qui résoudrait la crise régionale dans son ensemble. Ils donnent pour preuve, l’absence d’une délégation de haut niveau tant lors des obsèques de Nkurunziza que lors de la prestation de serment du nouveau président burundais, Evariste Ndayishimiye. Cependant, des pays comme le Congo Brazzaville ont envoyé respectivement une forte délégation de haut niveau. Enfin, les autorités burundaises déplorent en privé le fait que le président Tshisekedi n’ait pas cherché à associer la Tanzanie, probablement pour plaire à Kagame qui n’entretient pas non plus des relations cordiales Dar-es-Salaam.

4) Selon nos sources, l’Ouganda a évoqué le même souhait. Outre les problèmes de sécurité de sa délégation, l’Ouganda estimant que c’est le Rwanda qui constitue le problème de la sous-région .

5) Vraisemblablement, des réunions préparatoires bilatérales approfondies initiées par la diplomatie congolaise n’ont pas été menées bien en amont pour rencontrer les desiratas des différentes parties prenantes lors de ce mini sommet. De même, les émissaires congolais n’ont pas obtenu de confirmations formelles de la part des hautes autorités ougandaises et burundaises concernant leur présence à Goma, ce qui a également exigé d’autres ajustements de sécurité méticuleux et drastiques et des garanties claires de la partie congolaise. Cela ne semble pas avoir été accompli, selon nos sources de sécurité congolaises locales.

6) Le choix d’un environnement de réunion sûr pour le Rwanda est une erreur stratégique d’appréciation et une indication apparente de l’incompétence et de l’incohérence des conseillers / collaborateurs du président Tshisekedi. Ils n’ont pas compris que le choix d’un cadre de négociation reste très déterminant en diplomatie pour la réussite d’un sommet.

7) La présidence congolaise et sa pléthore de services de communication et de presse auraient dû adopter un profil bas (stratégique) plutôt que de se lancer aveuglément dans l’effet de l’annonce triomphaliste en grande fanfare d’un sommet où tout se jouait sur le fil du rasoir vu la méfiance réciproque des différents acteurs de ce mini-sommet.

“La diplomatie est aussi un art qui consiste à anticiper et prévenir les ruptures stratégiques, notamment à travers une analyse fine et rigoureuse des enjeux géopolitiques de chaque protagoniste dans un conflit où l’improvisation n’a pas sa place.,” conclu Jean Jacques Wondo.

Est il que dans une note envoyée par le ministère des affaires étrangères du Rwanda à son homologue de la RDC, ce dernier sollicite un mini sommet en mode visioconference compte tenu des contraintes liées au covid-19.

Une expression reprise par le communiqué du ministère des affaires étrangères de la RDC qui semble s’être aligné sur la proposition du Gouvernement Rwandais.

Thierry Mfundu

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