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Thursday, October 1, 2020
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Leïla Zerrougui au fil de l’aiguille entre Fayulu- Fatshi et Kabila

Lorsque la RDC fut au bord de l’implosion, l’ancien président du Botswana Ketumile Masire fut désigné facilitateur du dialogue intercongolais, pour amorcer les préparatifs des pourparlers nationaux pour la paix et la réconciliation en RDC.

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Ce dialogue intercongolais qui s’est tenu à Sun City a permis de reconcilier le pays et de mettre en place un gouvernement de transition avec un président plus 4 vice-présidents issus de chaque composante du dialogue. C’était en 2003.

La représentate du Secrétaire Général de l’ONU en RDC, Leila Zerrougui s’est mise dans la peau de Ketumile Masire pour tenter de sauver la maison RDC en danger en s’impliquant auprès des acteurs politiques congolais.

c’est qu’elle a déjà fait en 2018 pour aboutir au “compromis à l’africain” permettant à Joseph Kabila de quitter le pouvoir par voie démocratique. Une première transition démocratique dans un pays marqué par des coups d’Etat militaires et des mandats preésidentiels en rallonge.

Plusieurs sources ont parlé de la présence de Leila Zerrougui lors des négociations non abouties entre Martin Fayulu et Kabila qu’on dit tantôt à GLM, tantôt à la fondation Mzee Laurent Désiré Kabila, au croisement des avenues de Libération et le Boulevard du 30 juin.

Et même avec Félix Tshisekedi et Joseph Kabila après les élections présidentielles de 2018.

Selon nos informations, Leila Zerrougui, la cheffe de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) a successivement rencontré Félix Tshisekedi et Joseph Kabila quelques jours avant la célébration le 30 juin, du 60ème anniversaire de l’indépendance du pays.

Une démarche que justifie Mathias Gillmann, porte-parole de la Monusco : “La mission des Nations Unies en RDC et sa représentante ont un mandat de bons offices. Il y a des tensions politiques en ce moment”.

En septembre 2020, Leila Zerrougui revêt encore ses habits de négociateur en chef et tente de frapper dans l’essaim d’abeilles qu’est le monde politique congolais.

D’un côté, Félix Tshisekedi qui a essayé de soulever la boite à pandore des 18 ans du régime Kabila, joue sa partition en solo. Ce qui a offusqué le FCC, partenaire du CACH dans la coalition au pouvoir.

“La République des juges” semble devenir un iceberg face au titanic FCC réputé insumersible.

Plusieurs tentatives pour re-verrouiller le système semblent faire flop : affaire Ronsard Malonda, Réformes Minaku et Sakata, Démission de Célestin Tumba Ya Kasende, etc.

L’ancien patin a pris énormément des libertés, il nomme et révoque des magistrats et des officiers dont le tristement célèbre John Numbi. Ce qui offusque ses partenaires du FCC qui empilent communiqué sur communiqué.

Un nouveau comité est mis en place pour renouer le dialogue Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Les extrémistes de deux camps notamment Emmanuel Shadary et le maître nageur JM Kabund.

Depuis sa mise en place, des dates sont données sans que cette fameuse rencontre n’eut lieu.

Du côté de l’opposition, Martin Fayulu qui joue le rôle de Tshisekedi père depuis son retour d’exil temporaire dû à la pandémie du coronavirus.

Il reçoit ambassadeurs et diplomates en leur distribuant son fameux plan de sortie de crise, et même Serge Welo membre de son propre parti. Le tout, en ignorant complètement les autres membres de la coalition Lamuka à Kinshasa notamment JP Bemba qui pourtant, est à Kinshasa mais qui n’a jamais daigné quitter son Gombe natal pour aller accueillir le héros de Genève.

Il attaque Félix Tshisekedi pour tout et pour rien jusqu’à la fameuse tentative de destitution pour viol de la Constitution sur la nomination de deux juges de la Cour constitutionnelle à la Cour de cassation.

Une affaire initiée pourtant par l’avocat de deux juges qui se retracte par la suite. Il dit que sa démarche consiste non pas à destituer le Chef de l’Etat mais la réhabilitation de ses clients.

Tôlées et vraie-fausses convocations judiciaires sont lancées sur les réseaux sociaux, cette affaire a pris l’eau comme le projet Bukanga Lonzo.

Entre alors en scène, Leila Zerrougui, la patronne de la MONUSCO.

Elle opte pour deux approches face à l’équation politique congolaise selon Karl Nawej, analyste de la politique RDCienne.

La première consiste à y aller avec des aprioris qui cachent mal ses propres intérêts.

Quitte à fermer les yeux sur la réalité. Quitte à pratiquer la politique de l’autruche. Ou à botter en touche lors qu’on est gêné aux entournures.

Cette approche aussi nombriliste que “courtemiste” compte ses partisans, voire ses dévots. Au pays comme au sein de la communauté des “puissants” du vaste monde qui ont préempté le label “communauté internationale”.

Pour les tenants de cette ligne selon Karl Nawej, Joseph Kabila ne constitue qu’un problème. Pas l’once d’une solution.

Comme à leurs yeux, il n’est que problème, quoi de plus logique que de le déboulonner.

Pas la peine d’un dessin pour comprendre que telle est la dialecte, voire la religion des anti-kabilistes primaires rd congolais et des anti-kabillistes géopolitiques et affairistes outre-Méditerranée et Outre-Atlantique.

L’autre approche consiste à mettre sur la balance le côté “moins reluisant” ou carrément “négatif” de l’ancien Président – en terme de bilan – à l’aune de ce qu’il vaut encore et de la complexité du pays. En clair, lors qu’on a fini d’égrener le chapelet du passif de JKK, la conclusion n’est pas de le décréter “has been” et de le jeter dans la rivière N’sele en se disant : finis les malheurs de la RDC !

Sans oser certaines comparaisons – comparaison n’étant pas raison – d’autres peuples ont été tentés par cette recette étrangère “clé en mains”. Pas sûr, après coup, qu’ils aient la tête à la fête.

Lorsque la patronne de la MONUSCO voit, le samedi 12 septembre, le prédécesseur de FATSHI, elle s’inscrit dans le sens du principe de réalité, par opposition au principe de plaisir tel que défini par l’immense psychanalyste Sigmund Freud. Rapporté en politique, cela donne la realpolitik chère à Otto von Bismarck si l’on en croit Karl Nawej cette fois là.

Même scruté avec le nécessaire devoir d’inventaire en bandoulière, Joseph Kabila est encore un acteur clé du jeu politique et de l’énigme sécuritaire du pays. En régime semi-parlementaire ou semi-présidentiel qui est le nôtre, qui tient l’Assemblée, tient le pays. Ou presque. C’est le cas de l’autorité morale du FCC. Les accrocs au respect de la Constitution n’ont que leurs yeux pour constater cette réalité politique. Laquelle se prolonge avec le contrôle du Sénat et de la quasi-totalité des assemblées provinciales.

Émanation de l’Armée qu’il a modelée des années durant, Joseph Kabila peu disert ne saurait être muet sur la “Grande muette”.

Les enjeux sécuritaires du pays, il en connait les tenants et les aboutissants.

Quand à la veille d’une session parlementaire où l’imprévisible pourrait le disputer au dangereux, le “mieux vaut prévenir que guérir” s’impose. Lorsque le bateau RDC tangue, lorsque le pays bégaie et que la météo annonce une saison pluvieuse pleine d’orage, de rafales, de risque d’inondations, il vaut mieux frapper à la bonne porte. Et à temps.

Le GLM à Gombe ou Kingakati – c’est bonnet blanc et blanc bonnet – est l’une de ces adresses utiles pour conjurer le sort.

“L’Africaine Leila Zerrougui ne s’est donc pas trompée de porte.”, conclu Karl Nawej.

Et en tant qu’equilibriste, elle ira faire la primeur du rapport à Félix Tshisekedi comme les démarcheurs du G13 le mercredi dernier.

Dans la bouche, des mots doux et mielleux politiquement corrects : réforme électorale, situation sécuritaire à l’Est.

Mais en coulisse, elle joue la médiation pour une énième rencontre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila afin d’aplanir les divergences entre les deux coalisés.

Si avec les deux hommes, les enjeux sont connus, avec Martin Fayulu qu’elle a rencontré le 01 septembre 2020.

Les deux personnalités ont passé en revue plusieurs questions de l’heure.

« C’est un échange d’idées et de propositions », a dit Leila Zerrougui au sortir de la rencontre.

Toutefois, cette démarche comparable à celle de Nicodème auprès de Jésus-Christ s’apparente plus à calmer les ardeurs du vieux Madidi dont les propos incendiaires risquent d’embraser un pays déjà exsangue par plusieurs dizaines d’années d’insécurité militaire, alimentaire, économique et même politique.

Thierry Mfundu

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