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mardi, avril 20, 2021
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2019-2020 : une année académique à refaire pour un enseignement de qualité (Ndombasi Banikina Ados Député National)

Le 21 juillet 2020 est intervenue la levée de l’état d’urgence et entre autres mesures de retour progressif à la vie normale, il a été décidé que les cours reprendront dans les écoles et universités du pays déjà le 3 août 2020.

Le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) Thomas Luhaka a immédiatement émis une correspondance programmant la désinfection des locaux universitaires le 27 Juillet, suivi de la reprise des activités académiques autres que l’enseignement dès le 3 août alors que les cours à proprement parler commenceront le 10 août.

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L’état congolais a donc décidé que l’année académique 2019-2020 ne doit pas être blanche. Bien que fondée et louable, la préoccupation de ramener les étudiants congolais sur le banc de la science dans le cette année académique n’est pas favorable à la qualité de notre enseignement supérieur.

Par ailleurs, le risque de santé quant à la covid-19 reste réel.

Trois raisons de mon opposition à la reprise de l’année académique :

Premièrement, dès l’entame de l’année académique en cours, plusieurs grèves de professeurs se sont succédées et ont fait perdre aux étudiants presque 2 mois de cours. A ces deux mois de grève se sont ajoutés les quatre mois de confinement de suite de l’état d’urgence et mesures de distanciation sociale imposée par le gouvernement. Plus de la moitié de l’année académique (6 mois sur 9) est donc passée sans enseignement. Même avec la meilleure volonté du monde, ce retard sera difficile à rattraper sans compromettre la qualité de l’éducation.

Deuxièmement, le Ministre Luhaka préconise une reprise progressive de l’année académique en commençant par « des activités réunissant peu de personnes », notamment des soutenances de thèses ou des activités purement administratives. Les cours en masse ne vont donc pas reprendre immédiatement car le risque de propagation de la pandémie est –à juste titre– redoutée. Autrement dit, le retard déjà considérable ne fera que se creuser davantage.
Tout observateur avisé peut aisément conclure qu’il sera irréaliste récupérer la partie perdue de l’année académique 2019-2020.

Poursuivre l’année cette année dans le contexte actuel reviendrait à sacrifier la qualité de l’enseignement sur l’autel d’un formalisme creux. *_Un cursus universitaire ne consiste pas en une succession mécanique d’années académiques, mais en l’acquisition effective par les étudiants d’un bagage intellectuel qui justifie les titres académiques.

Troisièmement et dangereusement, la reprise des cours dans les provinces non encore touchées par la covid-19 comporte un risque réel, au cas où ces provinces viendraient à être touchées après la reprise des cours. En effet, d’une part la levée de l’état d’urgence et le retour imminent des mouvements migratoires interprovinciaux vont inéluctablement accroitre ce risque.

D’autres part, la surpopulation estudiantine dans nos campus universitaires (qui ont tous dépassé leur capacité d’accueil depuis plusieurs années) rendra difficile si pas impossible l’observance de la distanciation sociale et des mesures barrières. En conséquent, l’heure n’est pas à la reprise des rassemblements publics de type estudiantin.

Mes recommandations

Je recommanderais, la mort dans l’âme, que cette année académique soit officiellement déclarée blanche et que les frais d’études payés par les étudiants pour l’année en cours soient reconduits pour l’année prochaine.

Pour l’enseignement primaire et secondaire où les cours ont été dispensé pendant deux trimestres sur trois, je recommanderais qu’il soit mis fin à l’année scolaire et que les élèves de classes montantes soient évalués en fonction de la matière déjà dispensée et des tests déjà effectués avant le confinement.

Je recommanderais aussi que l’année scolaire prochaine commence plus tôt pour rattraper les enseignements non-dispensés en 2019-2020.

Pour les finalistes (examen d’état et TENAFEP), que les tests soient basés sur les matières étudiées et qu’un rattrapage s’organise avant le passage au cycle d’éducation suivant.

Il en va de la qualité de notre éducation nationale et de la santé publique.

Ndombasi Banikina Ados
Député National

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2 COMMENTS

  1. Ce retard concerne tous les établissements du pays ou un seul (UNIKIN). La RDC n’est Kinshasa seule, car partout dans des provinces les activités se sont déroulé correctement. Devrait-il sacrifier tous les étudiants du pays parce qu’un établissement n’as pas pu reprendre ses enseignements.

  2. Comment:
    La position de l’honorable Ndombasi me paraît beaucoup plus réaliste vu les conditions et les évènements qui ont gêné la bonne marche des engagements au cours de la présente année.
    L’essentiel n’est pas de finir l’année. l’important c’est de bénéficier d’un enseignement de qualité à tous les niveaux. Ainsi, je salue cette position et j’aimerais que le gouvernement pisse la mettre à profit.
    Concernant la reconduction des frais, il s’agit encore une fois d’une proposition souple et favorable au train de vie du peuple congolais, et pour les parents dont les enfants fréquentent les institutions privées…

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