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lundi, avril 12, 2021
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Kwango : Jean-Marie Peti-Peti relance le débat sur la question de rotation

Lors de sa conférence de presse dimanche dernier dans son cabinet de travail à Kenge (chef-lieu de la province du Kwango), le gouverneur de la province du Kwango est brièvement revenu sur la question de la rotation à la tête de la province. Jean-Marie Peti-Peti, répondant à la question d’un journaliste de Kenge a remis involontairement sur la table cette question que les politiciens ont pourtant bouclée en leur temps.

Au Kwango, cette rotation veut que la province soit dirigée à tour de rôle par les ressortissants d’un territoire. C’est ainsi que la première mandature de 2015 à 2018, c’est le territoire de Kasongo-Lunda qui a été aux commandes de la province avec les deux représentants Larousse Kabula Kisalu et Kanys Makofi Kabamba.

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Alors que le gouverneur Larousse Kabula tombait sous motion de défiance de l’assemblée provinciale, les leaders du coin Théophile MBEMBA et MBOSO NKODIAPWANGA, ont rappelé à l’intention du FCC, par des correspondances, qu’il y avait des accords politiques au Kwango en matière de gouvernance de cette province.

Ces accords consacrant le pouvoir rotatif par territoire à la tête du gouvernorat ont été pris par les députés provinciaux de l’époque qui ont légèrement précédé l’avènement du découpage territorial.

Mais ni Théophile Mbemba Fundu, ni Mboso Nkodiampwanga, n’a présenté lesdits accords. Il n’existe pas de document officiel. Et personne ne sait à l’avance quel territoire va succéder à quel territoire. Ces fameux accords existent-ils réellement ? oui, mais sans fondement juridique.

Plusieurs personnes reviennent petit à petit sur ces accords consacrant la rotation des territoires à la tête de la province du Kwango.

Répondant à la question d’un journaliste de Kenge lors de sa conférence de presse, le gouverneur de province, Jean-Marie Peti-Peti Tamata a inconsciemment remis en cause cette politique. Pour lui, « la classe politique du Kwango doit se ressaisir et réfléchir en profondeur ». Il a fait savoir que ces accords ont été pris à son insu, pendant qu’il n’était pas au pays. Serait-ce pour dire que ces accords ne lui engagent pas ?

« On doit voir comment revenir sur ce principe, voir s’il faut revenir ou s’en passer. Le Kwango a plusieurs intelligences », a-t-il martelé.

Le gouverneur du Kwango a sans le savoir rejoint la position de son ancien challenger Augustin Kabaka. Dans les réseaux sociaux, les réactions fusent de partout. Descky Nteba, un Kwangolais, dit se rallier à lui. Il l’encourage « à se démarquer de l’emprise politique pour recomposer son équipe gouvernementale par rapport aux intelligences décelées ».

Philippe Kusukama, coordonnateur national de Zibula Meso asbl, soutient la position de Peti-Peti. Il s’étonne que la politique limite le choix des gouverneurs à des territoires et des partis politiques. « Par ce système, écrit-il sur Facebook, nous n’aurons pas l’oiseau rare du moment pour booster le développement du Kwango ».

Laurent Mbemba, avocat de son état et proche du FCC, recommande au gouverneur du Kwango de dire au contraire merci à ces politiques. « C’est une question qui ne doit pas préoccuper le gouverneur puisque lui-même est fruit de cette même magouille politique ». Et lui d’enfoncer le clou : « qu’il termine son mandat et les réflexions concerneront des politiques neutres avec une vision de développement ».

Professeur Frederick Kinkani Mvunzi Kamosi, estime que « c’est une question délicate pour le moment ». Pour lui, cette rotation n’exclue personne. « Ce qui importe est que ce principe mette à profit les compétences souhaitées pour booster la dignité et le développement de la province. Il est vrai que, ce principe, mal exploité, a territorialisé la gouvernance, divisant même le socle culturel et traditionnel que l’histoire n’a pas réussi à faire ». Il fait observer que « la remise en cause brutale et non suffisamment réfléchie pourrait plus diviser qu’unir ».

En octobre 2018, un autre Kwangolais, Me Mike MAKAMBO, juriste et enseignant de Droit à l’Université du Cepromad, est revenu sur ces Accords. Selon lui, le Kwango suit une piste de la pierre taillée. Il a estimé que ces accords sont une escroquerie politique orchestrée par des députés originaires de Kenge et de Kasongo-Lunda dans le but de bloquer les ambitions. Il avait rappelé que le processus électoral dans un monde civilisé est une occasion pour tous les citoyens d’exprimer leurs ambitions politiques. « Il faut rouvrir l’élection à la compétition de tous ».

En tout état de cause, le gouverneur Jean-Marie Peti-Peti a relancé le débat sur cette question, quoique lui-même est élu sur fond de ce principe de rotation.

Emile YIMBU

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