31 C
Kinshasa

Le Groupe Léopards :

mercredi, janvier 20, 2021
- Publicité-

La campagne Bye-Bye Kabila, six personnes arrêtées à Bunia

Au moins six personnes, dont cinq militants d’un mouvement appelant à la confiscation des biens d’une trentaine de personnalités congolaises, ont été arrêtées jeudi à Bunia dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de sources concordantes.
Nous avons vu une jeep de la police venir arrêter environ 8 ou 10 membres de la Lucha vers 11h30 ( 9h30 GMT) alors qu’ils préparaient à tenir un point de presse sur la campagne Bye-Bye Kabila, a déclaré à l’AFP un fonctionnaire, sous couvert d’anonymat.

Ces militants et d’autres personnes sur les lieux ont été brutalisés, on ne sait pas où ils ont été amenés, a-t-il ajouté, joint par téléphone de Kinshasa.

- Publicité -

Cinq de nos militants ont été arrêtés aujourd’hui à Bunia, a ajouté Serges Sivya, un autre militant de Lucha, à Goma, où le lancement de cette campagne s’est déroulé sans incident.

C’est ridicule d’arrêter des gens pour un point de presse et penser que des telles intimidations vont arrêter le train de la démocratie en RDC, a-t-il ajouté.

Le Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC fait étant de l’arrestation de 5 membres de Lucha et d’un journaliste à Bunia dans un nouveau tweet, revoyant à la baisse un premier bilan de sept personnes arrêtés par la police.

Lucha est un mouvement congolais de jeunes indignés né à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, qui se définit comme une organisation apolitique et non violente.

Dans un communiqué, Lucha a appelé à la saisie des avoirs d’une trentaine de personnalités congolaises après le 19 décembre, date de la fin du mandat du président congolais Joseph Kabila.

Sur cette liste de 35 personnes figurent M. Kabila et ses proches, quelques membres du gouvernement, des officiers de l’armée et de la police ayant, selon Lucha, des comptes à rendre pour leurs crimes de sang ou économiques, quitte à hypothéquer l’avenir de septante millions de Congolais.

On n’appelle pas à la révolte. C’est l’État qui va saisir leurs biens, a expliqué à l’AFP Bienvenu Matumo, un des animateurs de Lucha, ajoutant que c’est l’ultime moyen de pression sur ces personnes qui assument des responsabilités dans le cercle restreint du pouvoir.

C’est irrationnel, c’est d’un ridicule innommable de la part de ceux qui veulent ligoter leur propre pays, a réagi à l’AFP le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

La haine ne peut pas guider les gens, a-t-il ajouté, s’interrogeant sur les critères qui ont conduit à l’élaboration de cette liste.

La campagne Bye-Bye Kabila lancée le 22 novembre à Kinshasa est initiée par de mouvements citoyens congolais et regroupements de jeunes opposants qui invitent M. Kabila à quitter son poste à la fin de son mandat le 20 décembre.

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par la non-tenue de la présidentielle et des législatives qui auraient dû avoir lieu cette année. Ces scrutins ont été reportés à une date indéterminée.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Le chef de l’État reste sourd aux exhortations de ses détracteurs qui le pressent de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle.

- Publicité -

Laisser un commentaire

les +lus