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Le Groupe Léopards :

vendredi, février 26, 2021
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Exclusif. Comment l’Angola et le Zimbabwe ont “livré” Mzee LD Kabila!

 [spp title=”2. Pourquoi Mzee devrait mourir!”]

2. Pourquoi Mzee devrait mourir!

On sait que c’est à la faveur d’une coalition régionale fort complexe (Zambie, Érythrée, Éthiopie, Zimbabwe, Angola, Burundi, Rwanda et Ouganda) que l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), commandée par Laurent-Désiré Kabila, mit les soldats de Mobutu en déroute. Mais, très vite, il apparut que deux parrains –Paul Kagame, pour le Rwanda, et Yoweri Museveni, pour l’Ouganda –, avaient négocié des accords particuliers avec le chef de la rébellion et que celui-ci leur fit des promesses d’’abord tenues, puis reniées. Plusieurs accords de coopération en matière de sécurité sont signés début septembre 1997 entre la République démocratique du Congo d’une part, le Rwanda, le Burundi et l’’Ouganda de l’autre.

Dans le conflit Kabila-Américains, il est à noter aussi la tête dur du président congolais. Mais le point saillant de ce conflit est que Kabila voulait se surpasser de la tutelle du “petit Rwanda” et de l’Ouganda pour traiter directement avec les américains ; mais ces derniers ne l’entendaient pas de cette oreille. Le nouvel homme fort du Congo considère comme “insupportable” l’idée d’être contrôlé par le petit Rwanda. C’est ce que nous pouvons appeler le syndrome luxembourgeois. Un fort sentiment anti-luxembourgeois naîtrait en effet en Allemagne si le pays était occupé par le Luxembourg ou si, pour pouvoir participer à la direction de l’Allemagne, le Luxembourg soutenait un mouvement rebelle cherchant à y prendre le pouvoir. Voila le début de la crise entre Washington et Kinshasa.

Les Etats-Unis à la baguette

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TALKING-TO-PRESSIDENT-MUGABE-OF-ZIMBABWE-AND-PRESIDENT-MICHAEL-SATA-CHILUFA-YA-OF-ZAMBIA-AT-THA-AU-CONFERENCE-CENTRE-IN-ADDIS-ABABA-ETHIOPIA-PPU-2-1024x681

Ayant constaté que Kabila gênait la réalisation de leur plan de partition de la République Démocratique du Congo et le fait qu’il avait mis fin à la « coopération » avec les Rwandais, les Etats-Unis ont commencé à élaborer le plan d’attaque sur Kinshasa afin de l’évincer du pouvoir car il avait refusé d’appliquer les dispositions de l’accord signé à Lemera. C’est cela la vérité. En d’autres termes, les Congolais sont victimes d’une guerre dont ils ne connaissent ni les tenants et les aboutissants.

Le 02 août, les militaires Banyamulenge et rwandais annoncèrent que les FAC ont entamé la procédure de destitution de Kabila qu’ils accusaient de perpétuer la corruption et la dictature. Les villes de Goma et de Bukavu furent prises par l »armée rwandaise et la plupart des militaires Katangais de la tribu de Kabila furent exécutés. Cela a été le début de la deuxième guerre dite de libération bis. Plusieurs ex-alliés de l’AFDL se sont rangés de l’autre côté selon qu’ils ont des intérêts à défendre sacrifiant ainsi le destin du peuple congolais.

Le Rwanda et l’Ouganda espéraient assurer leur développement en exploitant les fabuleuses richesses de leur voisin et profitaient de l’’argument sécuritaire pour réclamer le droit d’’intervention de leurs armées en territoire congolais. Mais l’’opération, approuvée sinon commanditée par les Etats-Unis, et qui aurait dû être une guerre éclair, s’’enlisa lorsque l’’Angola et le Zimbabwe s’opposèrent à l’’irruption de ces troupes opérant derrière le paravent du mouvement rebelle RCD.

De son coté, Kabila sollicite l’’aide de ses amis de la SADC. L’’appui diplomatique apporté par Nelson Mandela (de l’’Afrique du Sud) à la nouvelle rébellion et au Rwanda dans sa campagne au Zaïre incitant le président Zimbabwéen et Namibien (trois monsieur qui se battent pour le leadership en Afrique) à intervenir militairement au coté de Kabila. Ils exigèrent le retrait des armées rwandaises et ougandaises du Congo mais ces ceux-ci continuaient à envoyer des militaires tout en niant leur présence au Congo

La collaboration du Rwanda et de l’Ouganda avec l’’UNITA incitant l’Angola à intervenir au côté de Kabila. Le soutien angolais et celui du leader Zimbabwéen Robert Mugabe créent ainsi un front anti-Museveni. Et cela fut décisif car l’Angola infligeant des pertes énormes à la nouvelle rébellion et les armées rwandaise et ougandaises.

La Triade ( Etats-Unis, Rwanda et Ouganda) change des stratégies : ils veulent obtenir diplomatiquement ce qui leur semble difficile à obtenir par les armes, c’est-à-dire la partition du Congo et la prise du pouvoir dans le pays par les Tutsis. Ils mirent même les accords de la Conférence de Berlin (1885) en cause et proposèrent de revoir les frontières de la R.D.Congo avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Les cartes géographiques du « Grand Rwanda » englobant les Kivus circulèrent.

C’est dans ce contexte que l’accord de Lusaka interviendra pour amener les vautours à mieux dépiécer leur proie de manière équitable. Mais, il faillait tout de même régler un détail: Laurent Désiré Kabila.

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