Vous connaissez sûrement la fable du corbeau et le renard de Lafontaine. Ce qui se passe au pays du léopard est similaire à cette histoire, sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’un renard, mais de plusieurs renards qui crient « longue vie au roi » aux oreilles du fameux corbeau.

Des bons parleurs

Ils sont des centaines de beaux parleurs face à lui et leur but est d’avoir un morceau du précieux fromage. il est assez facile de reconnaitre les renards. Ils ont tous un point commun, ils apprennent la même phrase en choeur. Comme de bons perroquets, ils la répètent à chaque action du corbeau. En voici une : « nous remercions le chef de l’Etat ».

Ils remercient le corbeau à tort et à travers. Quand ils construisent leur propre maison, ils crient « nous contribuons aux cinq chantiers du chef de l’état ». Quand ils arrangent leurs parcelles, ils clament « nous contribuons à la révolution de la modernité ». Il suffit que ce dernier prononce un discours et ils retiennent un passage et en font leur référence. Attentifs et très concentrés, ils sont à l’écoute de la moindre phrase qui sortirait de la bouche du corbeau pour en faire une propagande. Hier c’était la « cohésion nationale », aujourd’hui c’est « le Congo est un pays debout ».

Le pauvre corbeau !

Assis sur son arbre perché, il tient dans son bec un fromage de 2345000 km2, assaisonné de cuivre, de cobalt, de pétrole, de coltan et d’autres minerais. Il fait confiance aux renards qui lui font des éloges matin, midi et soir, mais il oublie qu’ils n’en veulent qu’à son fromage. Les uns lui demandent de revoir la confection chimique du fromage afin de le conserver le plus longtemps possible, d’autres lui demandent quelques morceaux en échange de leur soutien.

Mais le corbeau est bien silencieux ! laissera-t-il tomber le fromage comme dans la fable de Lafontaine ou acceptera-t-il de le partager avec ses « amis-ennemis » ? Il ne parle pas, et regarde les renards se battre. Si dans la fable de La Fontaine, l’histoire valait bien un formage, au pays du léopard, l’histoire vaut bien plus et concerne des millions de gens, dans un pays où des élections doivent se tenir à la fin de l’année.

WAZA/LC