Afin de garantir la consistance du dialogue politique et la pertinence des recommandations de la communauté internationale.
On voit déjà en perspective des condamnations en cascades destinées à dégarnir les rangs des participants potentiels de l’opposition à ce forum qui provoque des insomnies aux tenants du pouvoir

Après l’éclatant succès récolté par le peuple congolais au terme des manifestations de ce mois finissant qui ont ramené les dirigeants à la raison, l’heure est maintenant à réfléchir sans plus tarder sur les consultations devant précéder l’organisation et la tenue effective du dialogue politique inclusif vivement recommandé à la classe politique du pays par la résolution 2098 du conseil de sécurité de Nations Unies.

Comme on peut le constater, il s’agit là d’une étape décisive que le peuple congolais a à franchir pour entrer de plein pied dans le processus électoral en préparation (mais dans quelle mesure ?) afin de mettre définitivement un terme à la pernicieuse crise de légitimité qui lamine le pays depuis plus d’une décennie !

Une peur bleue dans le camp du pouvoir…

Mais il va sans dire que la question relative à l’organisation et à la tenue d’un dialogue politique au pays, bien que très Vitale pour l’avenir, continue de diviser l’opposition tandis qu’elle suscite et entretient une peur bleue dans le camp de ceux qui exercent l’effectivité du pouvoir ! D’où cette impression de refus obstiné que ces responsables donnent aux premiers venus d’aller vers l’opposition pour se conformer à l’appel de la communauté internationale à travers l’historique résolution 2098 du conseil de sécurité de Nations Unies.

En effet, en même temps que le pouvoir en place s’évertue à persister dans son refus de consulter les parties potentielles à la tenue effective de ce dialogue politique que le monde entier considère comme celui de la dernière chance pour la RDC afin de gagner du temps, le même pouvoir multiplie des entraves à la manifestations de représentants de forces politiques et sociales acquises au changement à d’éventuelles assises de ce forum !

Parmi les entraves identifiées à ce jour figure en bonne place la tendance à l’instrumentalisation à outrance des instances judiciaires du pays visiblement sollicitées pour dégarnir les rangs des participants potentiels de l’opposition et des organisations de la société civile en prévision de la tenue éventuelle du dialogue très attendu par les Congolais et les étrangers qui aiment leur pays.

La cour suprême de justice refuse de mourir !

On constate par exemple l’exhumation de nombreux dossiers appartenant à un passé déjà révolu qui prennent curieusement le chemin de la Cour Suprême de justice avec, vraisemblablement, injonction de condamner les accusés pour des questions ayant déjà trouvé des réponses appropriées au niveau deS tribunaux intermédiaires.

En rapport avec cette cour suprême de justice qui refuse de mourir après la création de la cour constitutionnelle, l’opinion nationale et internationale continue de s’interroger sur les raisons qui bloquent la mise en place de la cour de cassation dont les fonctions sont carrément usurpées par une cour suprême déjà condamnée à disparaître !

On voit le mal venir mais personne n’agit pour lui barrer la route. Afin de garantir la consistance du dialogue politique et la pertinence de ses recommandations, les regroupements de forces politiques et sociales acquises au changement doivent transcender les clivages (politiques et autres) qui les divisent pour participer à ce forum d’espoir dans l’unité.

La communauté internationale se doit, quant à elle, de se mobiliser pour freiner la politisation de la justice congolaise et obtenir la mise en place immédiate de la cour de cassation dont les services manquent cruellement aux justiciables de tous les horizons du pays !

Par Kambale Mutogherwa
La Tempête des Tropiques