La guerre de l’eau : une menace réelle

La demande en eu s’accroît partout dans le monde tendis que l’offre, elle, stagne ou diminue ; à moins que l’on arrive à dessaler à moindre coût l’eau des mers alors l’offre sera sur abondante.

Cependant, en attendant que la science parvienne à résoudre, à moindre coût, l’adoucissement des eaux salines océaniques, le recours à l’eau douce naturelle est l’unique moyen de répondre aux besoins toujours croissants en eau domestique, agricole et industrielle.

Le recours aux eaux douces transfrontalières et ou interbassins versants est de plus en plus envisagé, voire, pratiqué à travers le monde.
Ce transfert entre Etats et entre bassins versants a ses défenseurs et ses détracteurs. Cette note n’a pas vocation d’examiner le bienfondé ou non du transfert de l’eau interbassins.

Elle se limite à examiner sous l’angle scientifique, politique et économique les demandes de transfert de l’eau du fleuve Congo vers les bassins voisins formulées par les dirigeants des pays de ces bassins.

Trois demandes de transfert de l’eau du bassin du fleuve Congo ont été clairement formulées ; il s’agit de la demande du transfert vers -le bassin versant du lac Tchad, du transfert vers le bassin versant du fleuve Nil et le transfert vers le bassin du fleuve Okavango.

Nous allons donner, pour chaque demande, les éléments constitutifs de la demande, des éléments scientifiques préliminaires sur la faisabilité, les aspects politiques et les considérations économiques rudimentaires.

1.      Transfert vers le bassin du lac Tchad au Tchad

1.1. ELEMENTS CONSTITUTIFS DE LA DEMANDE

Marcello Vichi, auteur de l’étude Transaqua et ex-directeur de Bonifica informe que l’idée de transférer l’eau en quantité adéquate du bassin du Congo vers celui du lac Tchad remonte aux années 1970. C’est lui qui, le premier, avait rédigé le texte de ce projet que la société italienne Bonifica, un des leaders dans le monde en ingénierie, a publié au cours de ces années-là. Cinq cents exemplaires, cartes à l’appui, en ont été diffusés en trois langues sous le titre «Transaqua: une idée pour le Sahel.»

La première publication importante fut envoyée en décembre 1982 à des fins promotionnelles vers tous les pays concernés, ainsi qu’à toutes les agences internationales susceptibles de financer une étude de faisabilité.

A cette première publication succédèrent Transaqua-Zaire, en avril 1982, et Transaqua-Centrafrique en février 1985. Pour compléter l’information, Bonifica, en accord avec Florence Expédition, un club sportif italien fondé en 1973 par Jacopo Mazzei (un agronome ayant ouvert à la navigation plusieurs fleuves à travers le monde), décida en 1985 de mettre sur pied l’Expédition Transaqua, qui visait à utiliser des radeaux pneumatiques spécialement équipés pour naviguer sur l’un des plus importants affluents concernés par le canal Transaqua, le fleuve Ituri-Aruwimi et ses affluents amonts.

Une équipe d’experts hautement qualifiés projetait de réaliser, grâce à une enquête quasi exhaustive, l’étude précise d’un important (quoique méconnu) système hydrographique destiné à alimenter le canal, avec l’idée de mettre au point un modèle prévisionnel modulaire qui, une fois testé, pourrait facilement servir pour tous les bassins concernés, et permettre d’envisager les étapes suivantes des recherches suivant des-coûts et des échéanciers maîtrisés. Cette expédition ne se réalisa pas, car les autorisations n’arrivèrent jamais : le Zaïre était vivement critiqué au plan international du fait qu’il avait autorisé quelques mois auparavant une équipe de rafting à descendre les terribles rapides de l’Inga, malgré le grand professionnalisme de l’équipe française, l’expédition s’était terminée par la mort tragique de tous ses membres..

Le groupe Italsat organisa une réunion à Moscou entre le 28 mai et le 3 juin1989 sur le thème des ressources en eau, où le projet Transaqua fut présenté par Marcello Vichi.

En 1987, le journaliste de télévision italien Mino Damato avait interviewé à ce sujet le président du Zaïre de l’époque, Mobutu Sese Seko.

En 1990, Marcello Vichi fut invité à Tokyo pour présenter le projet Transaqua à la Nippon Koei, la plus importante entreprise japonaise de consultance industrielle. En 1992, le projet Transaqua fut présenté, toujours par Marcello Vichi, au fameux sommet mondial de l’environnement de Rio de Janeiro. Ce projet de réseau de transport comprenait non seulement 2400 kilomètres « d’auto-routes » fluviales, mais aussi un – « croisement » avec le projet de l’axe routier Lagos-Mombasa permettant de relier les deux ports des océans Atlantique et Indien : une véritable autoroute du futur également reliée à la Méditerranée par la route transsaharienne Lagos (Nigeria) Alger.

Le transaqua aurait une longueur variant entre 1700 à 2400 Km selon le trajet final et devrait écouler un débit annuel entre 70 et 100 milliards de mètres cubes par an (220 à 3170 m3/s).
Pour justifier le projet, Marcello Vichi écrit en 2010.
« En Afrique, le niveau des ressources par personne en eau et en nourriture atteint un point dramatique. C’est encore plus vrai lorsque l’on observe le quasi, absence de processus de développement économique qui conduit aujourd’hui à un niveau intenable de chômage chez les jeunes. Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, la faim endémique — due au modèle historique de l’agriculture vivrière – s’est transformée en une famine et un désespoir insupportables poussant les jeunes à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe où l’eau et la nourriture abonde. Le niveau de vie n’est plus un critère, seule la survie compte.
« Ne savions-nous pas cela il y a 30 ans? Bien sûr que nous savions, mais nous avons attendu le plus longtemps possible en espérant que ce fardeau politique serait celui des responsables de demain.
«L’unité de mesure ‘d’un investissement comme Transaqua ne se compte pas seulement en millions de dollars, mais en millions de vies épargnées par la famine, ainsi que par l’absence de guerre, la paix sociale et la création d’une conscience internationale.
« La région du Transaqua pourrait devenir le premier pôle du développement africain – et peut-être même du monde -, employant pour sa réalisation puis son fonctionnement, une main d’œuvre locale et continentale dans un grand nombre de métiers. Transaqua créerait un gigantesque vivier d’emplois pour plusieurs générations d’africains – les affranchissant d’une émigration vers une Europe où le marché du travail est très difficile pour eux, loin de leur environnement naturel et culturel – pour bâtir sur leur propre continent, au-delà des différences inévitables entre les diverses cultures et ethnies, une série de modèles de développement local générés par cette infrastructure continentale grandiose ».

L’idée avait déjà été soulevée aussi par les Soviétiques dès les années 1970, à la suite de la grave sècheresse qui sévit alors au Sahel africain et qui avait fait passer la surface du lac Tchad de quelque 22 000 km2 à environ 8 000 km2 en peu de temps. Actuellement la superficie du lac Tchad n’est plus que de 2500 Km2. La crise, qui fit grand bruit à l’époque, semblait ne pas se régler et avoir des conséquences irréversibles de désertification de larges surfaces cultivables et cultivées jusqu’alors. Bientôt, les craintes des scientifiques sur l’effet de serre commencèrent à se répandre.
Simultanément, les précipitations semblaient augmenter dans la zone de la forêt tropicale humide de l’Afrique, et notamment dans le bassin versant du Congo. Les observations faites au Cameroun montrent d’ailleurs actuellement une extension de la zone des forêts vers le nord, et ce depuis plusieurs décennies. Mais d’autres chercheurs, notamment Kasongo-Numbi, attirèrent l’attention des scientifiques du monde entier sur le fait que la fréquence des épisodes successifs des jours sans pluies au cours d’une saison des pluies ne faisait qu’augmenter au fil des années, accompagnée de l’allongement de la saison sèche et du retour de plus en plus précoce des modules décanaux secs même si le cumul annuel semblait augmenter. La conjugaison de ces trois phénomènes réduit drastiquement le taux d’infiltration des pluies ce qui accentuait la baisse générale des débits des cours d’eau et niveaux millimétriques des lacs dans la zone intertropicale.

L’idée d’un grand transfert d’eau fit son chemin, à partir des régions excédentaires du bassin versant du Congo vers les zones déficitaires du Sahel, entre les affluents nord du Congo et le bassin versant du Chari, et ce à travers la ligne de partage des eaux.
Le but principal de ce transfert serait de restaurer et stabiliser la surface du lac Tchad, selon sa superficie des années 1960, et de permettre l’irrigation des surfaces encore plus vastes qu’alors dans la région, ce qui se comprend aisément, la population locale ayant au moins triplé depuis lors, ce qui nécessite des zones cultivées bien plus étendues qu’autrefois.

• Secondairement, ce transfert permettrait une importante production d’énergie hydroélectrique.
• On créerait aussi une importante voie navigable reliant le bassin du lac Tchad avec le réseau du fleuve Congo et, ultérieurement, les grands lacs et l’Afrique de l’Est.

Techniquement, Il s’agira de barrer les cours de plusieurs rivières importantes du Nord- Est de la République démocratique du Congo au moyen de barrages de régulation, et de soustraire une partie de leurs débits par un canal qui conduirait ces eaux vers la ligne de partage des eaux, à environ 600 mètres d’altitude. Une fois franchi ce seuil, les débits seraient acheminés, toujours par canal, dans le lit du Chari, et finiraient par alimenter par simple gravité le lac Tchad, ainsi que diverses surfaces irriguées (à équiper) dans les zones sahéliennes des pays riverains du lac. La différence de niveau entre les 600 mètres de la ligne de partage des eaux et les 280 m d’altitude du lac permettrait d’installer des barrages avec usines hydroélectriques. Enfin, l’ensemble constituerait une voie navigable importante.

Le canal serait suffisant pour irriguer six à sept millions d’hectares, outre la stabilisation de la surface du lac Tchad. Il produirait quelque 30 à 35 milliards de kilowattheures par an.
Les travaux pourraient se réaliser par tranches successives, en commençant par les tributaires des bassins de l’Oubangui, de l’Aruwimi, du Lindi et du Lowa, tous affluents de droite du Congo dans le quart nord-est du Congo-Kinshasa et le sud de la Centrafrique.
Actuellement deux projets prévoyant tous le transfert d’une partie de l’eau du bassin du fleuve Congo en partant de l’Ubangui sont sur la table de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT). Le canal prévu n’a plus que 1 350 kilomètres au lieu de 2400 Km que prévoyait le Transaqua.
Il est à noter qu’avant tout il fallait convaincre la République Démocratique du Congo et la République du Congo d’accepter le projet, le cours d’eau à détourner (l’Oubangui) prenant sa source en République Démocratique du Congo puis formant frontière avec la Centrafrique puis avec la République du Congo. L’accord des deux pays serait chose faite depuis 2005.
En mars 2008, le Nigéria, le Niger et le Tchad sont tombés d’accord pour aller de l’avant et financer des études pour transférer une partie des eaux de l’Ubangui. L’étude. de faisabilité nécessite des moyens importants et le Nigéria, puissance pétrolière donc financière de la région, est prêt à y affecter cinq millions de dollars. Les quatre autres pays membres de la CBLT, à savoir le Cameroun, la République centrafricaine, le Niger et le Tchad, apporteront ensemble cent millions de dollars. Les études de faisabilité avaient débuté en 2009 et seraient quasi terminées.
Le 12 mars 2012, les Chefs de l’Etat du Tchad, du Mali et du Niger ont organisé à Marseille, en marge du 6ème Forum Mondial de l’Eau qui s’est tenu dans cette ville du 12 au 19 mars 2012, une conférence de presse devant la presse internationale sur le problème d’assèchement du lac Tchad. Lors de cette conférence, les trois Chefs de l’Etat indiqueront que pour sauver le lac, il faudrait transférer une partie de l’eau du bassin du fleuve Congo à partir de la rivière Ubangui. Le Président Idris Deby déclarera que les pays du bassin du fleuve Congo doivent comprendre qu’ils n’auront pas de paix quand le lac Tchad va sécher.
En avril de la même année, il fut décidé lors du 14ème Sommet des Chefs de l’Etat du bassin du lac Tchad tenu à Ndjamena de former une armée de coalition pour défendre les intérêts vitaux du bassin, notamment contre le Boko Haram.
La question du transfert de l’eau du bassin du Congo sur la rivière Ubangui à partir de la République Centrafricaine fut examinée. La RDC y était en qualité d’observateur.

1.2.  ELEMENTS SCIENTIFIQUES PRELIMINAIRES DE LA FAISABILITE

Figure 1: Variation mensuelle des débits moyens du fleuve Congo à Kinshasa calculés sur une période 82 ans.

Le débit maximum demandé est de l’ordre de 3000 m3/s, soit le triple du débit du fleuve Congo à Ankoro, la moitié du débit moyen du fleuve Congo à Kisangani et moins d’un dixième du débit moyen du fleuve à Kinshasa.

Le débit du fleuve Congo ne varie pas que dans l’espace de sa source à son embouchure, il varie aussi d’un mois à l’autre comme l’indique l’histogramme présenté ci-dessus tiré de Google. D’après cet histogramme, le débit moyen inférieur s’observe à Kinshasa au mois d’août et vaut 31086 m3/s et le débit moyen maximum y apparait au mois de décembre et est de 56081 m3Is. Donc rien que par le jeu des saisons, le fleuve perd annuellement de lui-même 24995 m3/s. Nous pouvons arrondir à 25 mille mètres cubes par seconde, cette perte naturelle d’eau a lieu entre décembre et août de l’année suivante. Si cette perte naturelle ne pose pas de problèmes pourquoi il ya des gens qui pensent qu’un prélèvement pour transfert de 3000 m3/s, soit 8 fois moins que la perte naturelle, causerait des problèmes insolubles ? Est-ce l’ignorance de l’hydrologie du fleuve Congo?

Il s’avère donc pour ce cas dé transfert, comme pour les autres, qu’en ce qui concerne la quantité demandée, le problème qui se pose est de savoir déterminer où et quand effectuer ce transfert. Il y a, en effet, des endroits et des saisons de l’année où cette quantité est insignifiante et des endroits ou elle est excessivement trop grande.

En ce qui concerne la technique de transfert, dans les trois cas, il faudrait faire monter de l’eau sur plusieurs centaines de mètres. Dans le cas de transfert vers la lac Tchad, l’eau à transférer devrait monter jusqu’à environ 600 m d’altitude que forment les sommets des chaînes de montagnes du Cameroun et de la Centrafrique.

Dans le cas de prise à partir de l’embouchure du fleuve où l’altitude est O m, il faudrait faire monter environ 3000 m3/s d’eau à 600 m d’altitude pour atteindre le sommet de ces chaînes de montagne avant qu’elle descende par gravité pour atteindre le lac Tchad situé à 280 m d’altitude. A l’embouchure, l’eau abonde et il n’y a pas d’ouvrages d’utilisation de l’eau en aval ; la difficulté est donc celle de faire monter de l’eau sur les chaînes de montagnes. Jusqu’ici, les promoteurs du projet ne disent pas où ils trouveront l’énergie nécessaire pour le faire ; ils se limitent à parler de l’énergie que produirait l’eau qui descendra par gravité ces chaînes de montagnes.

Pour trouver un point d’altitude au dessus de celle du lac Tchad (280 m), il faudrait remonter le fleuve jusqu’à Mbandaka, où l’altitude est d’environ 300 m. Mais le problème demeure car entre Mbandaka et le lac Tchad, il y a une chaine de montagne en Centrafrique qui culmine à environ 600 m d’altitude. Il faudrait donc trouver de l’énergie pour faire monter 3000 m3/s demandés à une hauteur de 300 m pour atteindre les sommets des chaines de montagnes de la Centrafrique avant que l’eau n’en descende par gravité vers le lac Tchad.
Le Laboratoire d’Aménagements Hydrauliques de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’UNIKIN propose de creuser un tunnel pour traverser cette chaîne de montagne. Ainsi l’eau descendrait par gravité de Mbandaka au lac Tchad dans ce tunnel. Le coût de creusement de ce tunnel pourrait être inférieur à celui de pompage continu pour soulever 3000 m3 d’eau par seconde à une hauteur de 300 m dans des tuyauteries de 600 Km de longueur (distance qui sépare la ville de Mbandaka et les sommets des chaînes de montagne de la Centrafrique).
II faut aussi attirer l’attention que Mbandaka se situe en amont de la confluence du fleuve Congo avec la rivière Kasaï qui lui apporte environ 10 mille mètres cubes par seconde. Il faut donc déterminer le débit mensuel du fleuve Congo à Mbandaka avant de se décider et du transfert éventuel et du débit à transférer ainsi que de la période de l’année pour le faire.
Le transfert de l’eau vers le bassin du lac Tchad y augmentera l’évapotranspiration et peut-être, la retombée de ces vapeurs sous forme de l’eau de pluie après condensation dans l’atmosphère. Si la pluie augmente sur le bassin du lac Tchad, cela pourrait arrêter ou ralentir l’avancée du désert de Sahara vers notre pays où on observe déjà des phénomènes de sécheresse dans certaines parties du Nord, en Ituri, par exemple on note aussi une baisse continue des niveaux de certains cours d’eau et des lacs du pays.

1.3.  ASPECTS POLITIQUES DE LA PROBLEMATIQUE
1.4.
L’opinion publique est généralement méfiante envers cette question de transfert de son eau. Cette méfiance est surtout exacerbée par certaines personnes de l’élite qui effraient la population en évoquant des conséquences qui pourraient être fort négatives pour le pays. Comme je viens de le dire, le problème se pose non, pas en termes absolu de suffisance d’eau dans le bassin du fleuve Congo mais en termes du lieu de la prise, de la période de l’année où on prélève et de la quantité à transfert.

Il est important de noter que pour ce cas de transfert vers le bassin versant du lac Tchad, la RDC ne peut plus l’empêcher car il a été décidé par les pays membres du bassin du lac Tchad dans le cadre de la CBLT (Commission des pays du Bassin du Lac Tchad) et la République Centrafricaine, membre de cette Commission, a souverainement accepté de prendre cette eau sur la partie de la rivière Ubangui qui passe sur son territoire. En outre, le projet est fortement soutenu par la communauté internationale qui voudrait sauver le lac Tchad dont la superficie est passée d’environ 20000 Km2 dans les années 1960 à seulement près de 2000 Km2 aujourd’hui.

La RDC peut, soit s’y opposer, soit y adhérer, soit rester indifférente.. En s’y opposant, la RDC devrait se résoudre à arrêter le projet en incitant la communauté internationale à le bloquer, or celle-ci semble appuyer le projet. Elle pourrait l’arrêter par la force si elle avait les moyens de neutraliser les armées des pays du bassin du lac Tchad (Cameroun, Centrafrique, Mali, Niger, Nigeria, et Tchad) qui ont formé lors du Sommet d’avril 2012, une unité militaire de coalition pour défendre leur projet. En restant indifférente, cela va avoir des conséquences néfastes pour le RDC car un projet aussi proche et qui touche aux eaux qui coulent sur son territoire, s’il (projet) se réalise sans elle, il pourrait facilement se faire contre elle.
La voie de la sagesse est celle d’y adhérer. En effet, en y adhérant la RDC peut en tirer des avantages suivants, notamment:

a) Eviter que le projet se fasse contre nous. Déjà la Centrafrique propose dans le cadre de ce transfert de construire un barrage sur la rivière Ubangui pour assurer la navigabilité sur la rivière et le prélèvement de l’eau à transférer en amont du barrage. Qu’adviendra-t-il de a navigabilité sur la rivière Ubangui en aval du barrage ù se trouve la RDC?
Eviter que les pays demandeurs ne s’arrangent avec les pays voisins avec lesquels nous partageons certains des cours d’eau du bassin du fleuve Congo pour prélever la quantité demandée à partir des parties de ces cours d’eau dont la souveraineté relève de ces pays. A part la Centrafrique avec lequel les pays du bassin du lac Tchad viennent de s’arranger pour prélever l’eau sur la partie de la rivière Ubangui qui se trouve sur le territoire centrafricain, il y a aussi la République du Congo (Congo Brazzaville) avec lequel nous partageons et l’Ubangui et le fleuve lui-même sur plusieurs centaines des kilomètres et l’Angola avec lequel nous partageons l’eau du fleuve Congo sur près de 100 Km. Or prélever l’eau sur les territoires des pays voisins, fait que la RDC va en subir les conséquences sans avoir rien à dire.

c) Participer aux projets de transférer l’eau vers les bassins versants secs, permet à la RDC de dire au-moins où prélever, quand prélever et à quelle période de l’année effectuer ce prélèvement.

d) Fournir de l’eau aux pays qui en ont besoin fait de la RDC un pays qui résout les problèmes des pays en souffrance et même des pays en conflits de l’eau. Une telle démarche confère à notre pays un rôle géostratégique dont il peut tirer pas mal d’avantages. A titre d’exemple, Mzee Laurent Kabila aurait amené les Tchadiens et les Namibiens à venir l’aider contre l’agression du pays en 1998 en leur promettant le transfert de l’eau du bassin du Congo. Voir à ce sujet Marc de Villiers qui parle du projet de transfert de l’eau conclu entre la RDC et la Namibie en 1998 ; c’est-à-dire à l’époque où les militaires Namibiens sont sur le territoire national pour combattre, à côté de notre armée, la coalition rwando-ougandaise d’agression.
e) Arroser le bassin du lac Tchad et y restaurer la vie empêche ou diminue le flux migratoire de ceux qui fuient l’aridité que connaît actuellement ce bassin. Or ces immigrants, connus sous le nom de Mbororos, colonisent déjà une bonne partie de la province Orientale où ils asservissent la population locale minoritaire.
f) Participer au projet arrête les menaces de guerre contre la RDC que profèrent les dirigeants des pays du bassin du lac Tchad si elle persiste à refuser de fournir l’eau demandée comme l’avait clairement dit le Président actuel du Tchad devant la presse internationale réunie le 12 mars 2012 à Marseille dans le cadre du 6ème Forum International de l’eau.

1.4. CONSIDERATIONS ECONOMIQUES RUDIMENTAIRES

L’eau brute coûte 0,5 US$ le mètre cube. Transférer 3000 m3/s rapporterait un chiffre d’affaire de 1500 US$ par seconde ; soit 47,3 milliards des dollars américains par an.

2. TRANSFERT VERS LE LAC NASSER EN EGYPTE
2.1. ELEMENTS CONSTITUTIFS DE LA DEMANDE

L’ambassade de la RDC au Soudan a fait part au Gouvernement des hypothèses de la demande par l’Egypte de l’eau du bassin du Nu au niveau du lac Nasser pour pallier à la diminution de l’eau dans ce lac du fait de la construction du barrage de la centrale hydroélectrique de la Renaissance en Ethiopie sur le Nil bleu qui apporte plus de 60% du débit du Nu.
Dans tous les cas, l’Egypte qui va bientôt retrouver la paix après les élections présidentielles va constater ce manque d’eau et ne pouvant pas aller bombarder le barrage de la Renaissance en Ethiopie comme l’envisageait le Président Moubarak, va se tourner probablement vers le bassin du fleuve Congo pour alimenter son lac Nasser.

2.2. ELEMENTS SCIENTIFIQUES PRELIMINAIRES DE LA FAISABILITE

Comme pour le bassin du lac Tchad, le problème ne se pose pas en termes de disponibilité en eau dans le bassin du fleuve Congo mais en termes de quelle quantité prélever, en quelle période de l’année et sur quel site.
Comme pour le bassin du Lac Tchad, il y a des chaines de hautes montagnes entre le fleuve Congo et le lac Nasser de près de 500 m d’altitude auxquelles il faudrait remonter l’eau demandé, environ 2500 m3/s, avant qu’elle ne descende par gravité vers le lac Nasser. Comme pour le projet du transfert vers le lac Tchad, les promoteurs ne disent pas où ils vont trouver l’énergie nécessaire pour pomper une telle eau à une telle hauteur prise à Mbandaka, il faudrait surmonter environ 200 m de hauteur dans les tuyaux longs de plus de 2000 Km.
Le Laboratoire d’Aménagements Hydrauliques de l’Unikin pense qu’un tunnel pourrait amener l’eau de Mbandaka (300 m d’altitude) ou de Bala (326 m d’altitude) vers le lac Nasser (190 m d’altitude) par simple gravité.
Ici aussi l’idée d’arroser le désert de Sahara à partir du lac Tchad, cela augmenterait l’eau de l’évapotranspiration qui, si elle n’est pas emportée ailleurs par le vent, pourrait retomber sous forme de pluie et ralentir l’avancée de ce désert sur notre territoire.

2.3. ASPECTS POLITIQUES DE LA PROBLEMATIQUE

On sait que suite à l’accord cadre du 14 mai 2010 abrogeant les accordé de 1929 et 1959 qui accordaient toute l’eau du fleuve Nil à l’Egypte et au Soudan, les autres pays du bassin du Nu, excepté la RDC et le Sud-Soudan (c’est- à-dire, le Burundi, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le .Rwanda et la Tanzanie) ont décidé d’aménager les eaux du bassin du Nil sans devoir obtenir, au préalable, l’autorisation de l’Egypte. C’est dans ce cadre que les Ethiopiens se sont décidés à construire le barrage de la Renaissance  sur le Nu bleu sans l’autorisation de l’Egypte qui menace de venir le détruire.
La tension est vive entre l’Ethiopie et l’Egypte. Un article de presse trouvé posté sur Internet prétend que le Président Moubarak avait même aménagé une base militaire pour ce faire dans la partie Sud du Soudan. C’est sa chute qui a arrêté, retardé ou postposé, c’est selon, ce projet de faire la guerre à l’Ethiopie. Depuis, l’Egypte est plongée dans l’instabilité intérieure qui fait que l’Ethiopie en profite pour avancer son projet du barrage de la Renaissance. Cependant, il n’est pas certain que les Egyptiens soient longtemps distraits par des troubles internes pendant que sèche le Nil. Comme le pays va très probablement vers la stabilisation avec un militaire à la tête de l’Etat, il n’est pas exclu que l’Egypte plonge son armée dans la consultation des cartes de l’Etat Major.
La RDC tirerait tout l’avantage de venir calmer la situation en offrant à l’Egypte de l’eau nécessaire.
II faut toutefois noter ici que contrairement au cas du transfert de l’eau du bassin du Congo qui a été décidé dans le cadre de la CBLT où notre pays ne siège pas et a été mis devant un fait accompli par la République Centrafricaine qui a accepté le prélèvement sur la partie de la rivière Ubangui qui se trouve sur son territoire, le cas de transfert vers le lac Nasser, dans sa formulation actuelle, ne peut se réaliser qu’avec le consentement effectif de la RDC. Mais si la RDC se résigne à refuser, il n’est pas exclu que les Egyptiens tentent, comme l’ont fait ceux du bassin du lac Tchad, d’aller frapper à la porte de nos voisins et nous mettre ainsi aussi devant un fait accompli où nous subirons les conséquences sans pouvoir rien faire.

2.4. CONSIDERATIONS ECONOMIQUES RUDIMENTAIRES.

La même simulation faite pour la vente de l’eau transférée au lac Tchad nous conduit à un revenu en chiffre d’affaires de 39,4 milliards de dollars américains par an en cas de vente de 2500 m3/s au Egyptiens.

3. TRANSFERT VERS LE BASSIN DU FLEUVE OKAVANGO EN NAMIBIE

La Namibie est le pays le plus sec d’Afrique’ 80 % de très faibles pluies qui y tombent s’évaporent, 19 % passent en utilisation par stockage et I % seulement alimente les nappes souterraines. Le pays est dépourvu de cours d’eau. Les rares qui en existent forment de petits filets en saison de pluie et sont complètement secs en saison sèche. Les problèmes d’approvisionnement en eau domestique et agricole s’y posent avec acuité. Les choses se compliquent avec l’explosion démographique en milieu urbain.
Pour trouver des solutions à ce problème de manque d’eau douce, la Namibie a pensé d’abord à dessaler l’eau océanique, mais le coût l’en a dissuadé. Son espoir repose sur la réalisation du projet de construction d’un canal de 250 km de long qui prélèverait 20 millions de mètre cubes par an (0,634 m3/s ou 634 l/s ; soit moins que le débit de la Lukaya à Kinshasa) d’eau du fleuve Okavango et l’amènerait vers la capitale, Windhoek. Le point de prélèvement est projeté près de Rundu, en Namibie du Nord, bien avant que le fleuve n’arrive au Botswana.
Le Botswana qui est aussi un pays désertique a érigé plusieurs barrages et construits des réservoirs de retenu d’eau sur le fleuve Okavango. Il n’accepte pas la réalisation de ce projet. Pour la Namibie, ce refus du Botswana ne peut se justifier car, d’après elle, ce canal, même s’il prélevait un débit cinq fois supérieur, soit 100 millions de mètres cubes par an, cela né représenterait que 1% du débit de l’Okavango, le Botswana, en aval, n’en souffrirait pas outre mesure. Le Botswana sait que non seulement ce fleuve lui apporte de l’eau, mais aussi se termine, cas rare dans le monde, en s’évanouissant dans une plaine où il forme un grand delta intérieur, lieu merveilleux où vivent toutes sortes des faunes. Les touristes y affluent toute l’année. Le Gouvernement Botswanais considère que les recettes touristiques vont prendre la relève de recettes minières qui ne font que décroître d’année en année. Le Botswana s’oppose donc à tout projet qui menacerait de faire tarir le fleuve et donc disparaître le delta intérieur avec ses millions des recettes touristiques.

En 1996 après dix ans sans pluie, les deux pays étaient chacun au bord du désastre. Le député Richard Fry chargé du Secrétariat des Affaires de l’Eau en Namibie déclarera sans diplomatie « La gravité de la crise de l’eau en Namibie nous laisse très peu de choix ». Les barrages qui approvisionnaient de l’eau à Windhoek étaient à leur plus bas niveau et on s’attendait qu’ils soient complètement à sec dans un délai d’un ou deux ans. L’ingénieur de l’Eau en Namibie, l’Afrikaner Piet Heyns, sera plus clair devant la presse : « Si nous ne construisons pas le pipeline (le canal que refuse le Botswana) et que la pluie vienne encore à manquer… nous serons dans la merde ». Il leur demandera d’imaginer 600 mille bovins, morts de soif, éparpillés dans le paysage. En 1997, le Botswana essaya d’acheter des tanks de guerre en Europe. Mais aucun pays n’accepta de lui fournir des fonds nécessaire. La Namibie aurait menacé de riposter immédiatement.
En 1998, la guerre éclate au Congo et la Namibie vient au secours du Gouvernement avec des militaires qui déclarent qu’ils sont là car on leur a promis de construire un canal qui conduira l’eau du fleuve Congo vers leur pays. Marq de Villiers écrit à ce propos: « Vers la fin des années quatre- vint-dix (au moment où les troupes namibiennes sont au Congo), Sam Nujoma, le président de la Namibie envisageait de pomper l’eau du fleuve Congo et de l’amener à travers l’Angola (qui, aussi, au même moment, a des troupes dans notre pays à côté des troupes namibiennes), sur une distance de 1000 kilomètres elle aurait traversé une douzaine de rivières et un lac, en passant par de nombreuses villes importantes pour aboutir sur la ligne de partage des eaux de l’Angola, aux sources de l’Okavango et entrer dans les système de transport national de l’eau… Le projet de l’aqueduc Congo-Namibie a été pris au sérieux par de bureaucrates enthousiastes. « Ce n’est pas un projet insensé », pensait le secrétaire adjoint chargé de l’eau de Namibie, en faisant remarquer que le Botswana lui-même y gagnerait, puisque la Namibie n’utiliserait pas la totalité de l’eau détournée. Les gouvernements allemands, japonais et chinois se déclarèrent prêts à financer le projet. ».
Il faut donc vérifier les sources dont s’était inspiré cet auteur pour voir si réellement notre pays avait pris des engagements écrits de fournir l’eau du bassin du Congo à la Namibie en échange de son engagement militaire à côté de nos troupes dans la guerre d’agression de 1998.

3.2. ELEMENTS SCIENTIFIQUES PRELIMINAIRES DE LA FAISABILITE

Pour le LAH, le point de jonction en Namibie sur le fleuve Okavango serait la ville de Mahango, située à 1000 m d’altitude, à 18°09’01,39” de latitude Sud et à une longitude de 21°41’59,77” E. A cette altitude de Mahango, tous les points du fleuve Congo en val de la centrale hydroélectrique de N’seke au Katanga se situent à une altitude plus basse. Comme le projet de Sam Mujoma, tel que le présente brièvement Marq de Villiers, ne précise pas à quel endroit devait se prélever l’eau demandée, le LAH n’a vu que l’étang qui se forme en aval de la centrale de N’seke, comme point de prélèvement possible. En effet, ce point situé à 10°19’25,87” de latitude Sud et 25°25’41 ,98” de longitude Est est à 1044 m d’altitude. Ce qui le situe à 44 m plus haut que Mahango en Namibie et permettre ainsi l’écoulement par gravité dans un tunnel creusé entre N’seke et Mahango.
Le débit du fleuve en aval de la centrale de N’seke étant de l’ordre de 200 m3/s, et que la Namibie demande dans son projet querellé par le Botswana moins d’un mètre cube par seconde, la RDC serait à mesure de fournir un tel débit en aval de la centrale hydroélectrique de N’seke.
Ce prélèvement d’un débit inférieur à 10 m3/s, effectué en aval des centrales hydroélectriques sur le fleuve au Katanga semble, à première vue, n’être pas susceptible de causer des impacts environnementaux et sociétaux très négatifs sur le cours du fleuve et ses environs.

3.3. ASPECTS POLITIQUE DE LA PROBLEMATIQUE

Le boum minier au Katanga a besoin de beaucoup d’électricité et d’eau, ainsi tout projet de prélèvement d’eau, s’il n’est pas bien expliqué, peut rencontrer une farouche opposition.
Il faut aussi savoir par des enquêtes et des dialogues avec des Namibiens, surtout comme l’ex-Président Sam Nujoma est encore vivant s’il y avait des engagements formels de notre pays à leur fournir de l’eau en échange de leur intervention militaire dans notre pays en 1998. Si cela est vrai, la RDC peut se trouver dans la situation de devoir tenir ses engagements. Au cas où il n’y aurait pas d’engagement formel de notre pays, il appartiendrait alors aux pays demandeurs de formaliser leur demande pour qu’elle soit examinée par nos experts en la matière.
Sur le plan purement géostratégique, fournir ce peu d’eau à la Namibie et apaiser ainsi le climat des tensions entre ce pays et son voisin, le Botswana, est une occasion que la RDC devrait saisir.

3.4. CONSIDERATIONS ECONOMIQUES RUDIMENTAI RES

Le même calcul indique que si on donne 10 m3/s (pour le LAH, c’est presque le maximum que l’on peut fournir à ce point de prélèvement), cela rapporterait â la RDC un revenu annuel de 200 millions des dollars américains par an.

4. CONCLUSION

Tels sont les aspects techniques, politiques et économiques de trois demandes formelles de transferts de l’eau dont le LAH dispose des éléments écrits constitutifs. On parle aussi d’une demande que la Libye aurait formulée du temps du Président Kadhafi et aussi de l’Etat d’Israël, mais notre Laboratoire n’en dispose pas d’éléments écrits constitutifs. Dans tous .les cas, chaque cas est à examiner séparément des autres au regard de ses particularités.

Pour le Laboratoire d’Aménagements Hydrauliques de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université de Kinshasa, l’opposition farouche que certains entretiennent dans l’opinion est plus due à l’ignorance qu’aux aspects scientifiques et techniques prouvés. En effet, tout le monde dit attention aux conséquences or les études de faisabilité évalueront tout justement ces impacts environnementaux et sociétaux et les communiqueront au gouvernement pour décision. Mais cela n’est possible que si la RDC accepte de négocier avec les demandeurs. Cependant si notre pays adopte l’attitude de refus catégorique qu’il a affiché toutes ces derniers années ou celle de refuser à se confier aux études d’impacts environnementaux et sociétaux mais se fier plutôt au résultat d’un référendum populaire, les demandeurs comprendront qu’il ya refus de notre part. Dans ce, cas ils se passeront de nous pour négocier avec les pays voisins avec lesquels nous partageons les cours d’eau du bassin du fleuve Congo. Comme pour le cas du transfert vers le lac Tchad, la RDC va se trouver écartée de toute négociation et assisterait impuissante devant des projets qui se feront sans elle et très probablement contre elle.

En outre, le LAH pense que l’exportation de l’électricité que l’opinion publique accepte sans problème présente plus d’inconvénients pour le pays que celle de l’eau. En effet, le potent4el hydroélectrique de 100 mille Mégawatts dont dispose le pays, traduit en termes d’équivalent pétrole, est une énergie inférieure à la consommation annuelle de la France. Donc cette énergie sera juste suffisante pour la RDC quand notre pays va émerger comme le promet le Président de la République. En outre, le revenu financier au prix de vente de l’électricité tel que fixé par les pays acheteurs (l’Afrique du Sud en occurrence) est de loin inférieur à celui du transfert de l’eau, alors que le volume vendu de l’eau ne compromet pas l’émergence de notre  pays. Il la stimule.

Pour le LAH, la RDC devrait se servir de son hydroélectricité pour fabriquer de l’hydrogène, carburant de demain, et vendre cet hydrogène à ceux qui ont besoin de notre électricité pour en produire de l’énergie chez eux. Ce projet est d’autant plus sérieux que lorsque notre pays avait commencé le projet de lancer des satellites avec des Allemands dans les années 1980, tous les plans de production de l’hydrogène comme carburant auraient été faits à partir de notre hydroélectricité d’Inga. Pourquoi tuer ce projet hégémonique pour le remplacer par des projets de ventes des kilowattheures non rentables au pays et que le Mozambique a déjà essayés avec la même Afrique du Sud sans succès?
NUKAKA
Hydrogéologue

 

 

1 Commentaire

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  • personnellement, je suis contre ce transfert. A quoi bon servira ce transfert d’eau si les congolais eux-meme manquent d’eau potable? A quoi bon la Rdc doit toujours servir le monde entier si ce dernier reste sourd par rapport aux malheurs et genocide qui sevissent en Rdc, et que certains pays en sont meme complices? a QUOI bon diminuer cette potentialite en eau et dans l’avenir entrainer une penurie chez les congolais eux-meme? Non et non,