Celui qui se fait appeler désormais la « Pulga » met tous les bouchées doubles pour garantir plein succès à cet opus, le premier de sa carrière solo et, sans doute aussi, celui qui lui ouvrira toutes grandes les vannes du show bizz international.   

Le premier album solo d’Héritier Watanabe se fait toujours désirer sur le marché du disque. De report en report, la sortie du disque n’arrête d’entretenir le suspens. Dernière date programmée, 29 août 2016. Entre-temps, l’artiste séjourne à Kinshasa comme pour déblayer le terrain en prévision du lancement de son opus. Et pour ne pas tourner les pouces et surtout avoir de quoi gérer ses musiciens, il est disponible pour d’éventuelles productions. En fait, la Pulga est rentrée à Kinshasa sans l’album promis au grand désenchantement de ses nombreux fans. Ces derniers n’ont qu’à se consoler avec deux chansons promotionnelles, une façon de susciter les appétences et des envies autour d’un album qui fait déjà sensation.

L’artiste justifie ce léger retard par certaines exigences qu’impose le circuit musical après l’étape de l’usine auxquelles il devrait se conformer notamment l’obtention du sésame de la commission nationale de censure. Il y a aussi le circuit de distribution qu’il faudra mettre en place de sorte que le produit soit disponible partout le jour de sa sortie mondiale. A cela s’ajoute la finalisation des clips avec toutes les étapes y afférentes (montage et étalonnage des vidéos etc). Un travail laborieux qui nécessite du temps et visiblement, Watanabe en dispose, lui qui a la réputation, d’être très méticuleux dans son travail.

Au-delà de tout, « Retirada » a tout l’air d’une gageure, ou mieux, d’un challenge pour ce jeune artiste-musicien, ancien sociétaire de Wenge Musica Maison mère, et dont le départ n’a jamais été bien digéré par ses anciens partenaires. Pour tout dire, il avait démissionné du groupe alors qu’il avait encore toute sa place particulièrement dans un dispositif de chant où il trônait en véritable maestro. Atteint par le virus de l’autonomie et de l’affranchissement qui gangrène désormais l’espace musical RD-congolais où le leadership a cessé d’être l‘apanage d’un cartel d’artistes, la Pulga tente de jouer aussi sa partition à côté de Fabrigas, Brigade Sarbaty, Lacoste, Ferre Gola, Fally Ipupa et tant d’autres. Le soleil brille pour tout le monde, dirait-on. Tombé entre les mains du producteur ivoirien David Monsoh, celui-là même qui hissa Fally Ipupa au firmament de la musique africaine, « Moto na Tembe » peut déjà commencer à voir grand.

Mais, cela suffit-il pour garantir plein succès à « Retirada » dont les premiers sons du single « BM, carrière d’honneur » déjà disponible sur des plates- formes de téléchargement sur le Net, riment avec le « Tshatsho » de Koffi ou encore, avec le feeling à la Fally ?. Du déjà entendu pour certains et, un coup de maitre pour d’autres. Qu’à cela ne tienne. Du succès ou du flop de ce nouvel opus dépendra la suite de la carrière musicale d’Héritier Watanabe qui sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Ou ça passe, ou ça casse.

Alain Diasso