Décédé le 24 avril dernier, cela fait exactement deux mois, depuis que le Grand Mayas, Shungu Wembadio, dit Papa Wemba, a tiré sa révérence, sur scène à Abidjan. 40 jours après son inhumation, la famille, les amis et les musiciens du groupe Viva-la-Musica ont organisé une grande messe de suffrage, à la paroisse Saint Joseph, où le Roi de la rumba avait fait ses premiers pas dans la chanson, dans la chorale de cette paroisse catholique, à Kinshasa.

Au lendemain de la messe, le staff dirigeant de l’orchestre (administrateur et artistes) et les membres de la famille biologique de Papa Wemba ont organisé deux grandes réunions importantes.

Il ressort de ces rencontres que Mme Shungu Luzolo Marie-Rose, mieux connue sous le sobriquet d’Amazone, femme légitime de l’artiste musicien Papa Wemba, a désormais, tout pouvoir de diriger et de veiller sur l’encadrement et le bon fonctionnement de Viva-la-Musica, groupe musical créé par son défunt mari en février 1977.

Les musiciens et danseuses, chanteuses, anciens et nouveaux, ont tous salué à l’unanimité cette décision prise par la famille et le staff de l’orchestre.

Selon l’un des administrateurs, qui requiert l’anonymat, deux sujets étaient inscrits à l’ordre du jour lors des réunions tenues 40 jours après la disparition de Papa Wemba.

Primo : Présentation du rapport général par le bureau sur la situation de l’orchestre, partant l’effectif de musiciens et les engagements laissés par lui-même Bakaladiakuba. Il a été question pour chacun de nous de clarifier son rôle et ses engagements par rapport à la responsabilité lui confiée par Papa Wemba de son vivant. ‘‘Qui garde quoi de l’orchestre ou encore qu’est-ce que l’orchestre doit à qui. Parce que la star, de son vivant,  avait signé de grands contrats de productions scéniques avec des personnes morales ou physiques. Il avait aussi de partenariats avec des grandes firmes ici au pays. Tout ça, on devrait en parler. Pourquoi ne pas aussi soulever les questions de dettes entre l’artiste et ses proches’’.

Voilà, dans l’ensemble, l’essentiel des sujets traités lors de la première rencontre par le bureau, les musiciens et la famille représentée, à la fois par la veuve Wembadio et les frères de l’illustre disparu.

Tosha Bass reste chef d’orchestre 

Il faut alors retenir que le bureau est dirigé par les mêmes personnes, à savoir : Mme Marie-Laure Yaone, Honorable Senado, Cornelly Malongi…

Tandis que la deuxième réunion était focalisée sur l’avenir de l’entreprise Viva-la-Musica. Constitué de leaders formés avec l’idéologie de Molokai, le groupe musical regorge toutes les bases et potentialités nécessaires pour continuer son chemin malgré la disparition brutale de son fondateur et patron.

Sur ce point, apprend-on, les violons se sont bien accordés entre musiciens surtout parce qu’il s’agit bien de l’art qui est un travail de l’esprit. En effet, tous, y compris le bureau et la famille, ont jeté leur dévolu sur Tosha Bass Fula Nkanda. Le doyen basiste est maintenu au poste de Chef d’orchestre Viva-la-Musica.

Selon nos sources, le bureau et les artistes qui forment le groupe sont tous sous-contrôle d’Amazone, l’épouse de Papa Wemba.

Viva : retour au bercail du chanteur Bendoson 

Pour l’heure, les choses sont bien structurées avec toute discipline afin que le travail se passe dans les normes et dans le respect en mémoire du chef du Village Molokai. Signalons que Viva a bel et bien repris avec les séances de répétitions hebdomadaires, cette semaine, sur l’avenue Masimanimba, toujours dans le fief, au quartier Matonge. Tous les musiciens ont répondu présent à cette première répétition de l’orchestre qui intervient deux mois après la mort de son Président fondateur. Le bureau confirme, également, la réintégration de deux anciens lieutenants dans le groupe, Beya wa Beya,  Bendoson Number One et Pompom Miyake. Leur retour au bercail a été voulu par lui-même Grand Mayas, quelques jours, avant de tomber sur scène en Abidjan. Papa Wemba les avait reçus à bras ouverts et qu’il s’apprêtait à fêter leur retour dans le groupe, à travers une production haut de gamme qui devait avoir lieu à son retour de la Côte d’Ivoire où il était invité pour la 9ème édition du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo, FEMUA. Malheureusement, c’est là où la mort l’a surpris.

Dans l’entretemps, peu avant son départ pour la capitale ivoirienne, Bendoson a déclaré : « Viva-la- Musica est notre maison. Nous avons développé nos mémoires. La jeunesse donne du vertige. A un moment, il faut réfléchir, faire un repli stratégique et être reconnaissant envers Papa Wemba car il a beaucoup fait pour nous et, surtout, pour moi. Car, je voyais notre maison de loin et j’ai remarqué que la toiture commençait à faire couler l’eau ».

Afrique : Papa Wemba porté au panthéon de la paix ! 

Par ailleurs, il faut souligner que deux mois après son décès, Papa Wemba qui a bénéficié d’un hommage royal, vient une fois de plus d’être honoré. Cette fois, par l’Union africaine. Réunis le vendredi 17 juin 2016 à Addis-Abeba, siège de l’UA à l’occasion d’une rencontre sur la culture, les ministres de la jeunesse, des sports et de la culture de l’Union africaine ont décidé de décréter la date du 24 avril, correspondant à celle du décès de Papa Wemba comme celle de la Journée africaine de la musique. Une façon pour l’UA de rendre des hommages dignes de son rang à celui qui était devenu une icône de la musique africaine.

Pour joindre l’utile à l’agréable, le Conseil Universel pour la Paix des Nations et Continents a procédé au dévoilement du portrait du Roi de la rumba, Papa Wemba au panthéon de la paix. L’effigie du musicien congolais a donc été placardée aux côtés de celles d’illustres personnalités à l’instar de Nelson Mandela et du Pape Jean Paul II.

Jordache Diala
La Prospérité