De la mort de Papa Wemba, l’on apprend beaucoup et peu à la fois. Tous autant que nous sommes affectés par le décès du roi de la rumba, certains adoptent une posture de deuil quand d’autres entretiennent la polémique. Koffi Olomidé vient de tancer A’salfo pour son discours qu’il trouve comme un culte de la personnalité.

La polémique est bel et bien enclenchée depuis les rumeurs d’assassinat, d’empoissonnement de micro de Papa Wemba. Les polémistes activent le feu sans se sourciller de l’impact que leurs actions peuvent créer comme incidence entre la Cote d’Ivoire et la RDC. La moindre erreur ou l’imprécision d’un fait est une occasion pour se mettre dans une phase offensive. A Kinshasa, Koffi Olomidé n’a pas manqué de charger A’salfo. Le chanteur congolais reproche au lead vocal du group Magic Systèm de n’avoir pas rendu un véritable hommage à Papa Wemba lors de son discours dit à Abidjan.

« Plutôt que de présenter ses condoléances à la famille éplorée, j’ai plutôt assisté à un culte de sa propre personnalité. C‘est avec beaucoup de consternation et de colère que j’ai écouté les propos du jeune A’salfo. Il a profité de cette tribune pour faire la publicité de son Festival Puis, il ose affirmer que c’est une fierté que Papa Wemba ait perdu la vie à Abidjan pendant son festival ». A déploré Koffi Olomidé à son jeune frère A’salfo.

Outre Olomidé, ici à Abidjan, Eric Didia animateur radio ne manque pas non plus d’attirer l’attention sur le discours d’A’salfo. ‘’C’est Dieu qui a décidé que Papa Wemba meurt en Côte d’Ivoire ou bien lui même? On le remercie d’ être venu mourir en Côte d’ Ivoire. Moi, je trouve ça fort pour les congolais ».Fait observer Eric Didia. En réalité en parahrasant ainsi A’salfo, l’animateur tente de narguer le zouglou man. D’autres observateurs soutiennent aussi la thèse de Koffi Olomidé . Ces derniers reprochent en effet, le ton égocentrique du speech d’A’salfo. ‘’ Il a profité de son temps de parole pour se célébrer et inviter à célébrer les autorités ivoiriennes qui l’auraient épaulé devant le drame qu’a connu le Femua’’ nous indique une personne qui a requis l’anonymat. D’autres personnes vont à dire qu’ A’salfo a répondu de façon subtile aux attaques dont il est l’objet depuis que le drame est subvenu. Bref, l’homme est accablé et les flèches viennent de tous les sens. Qu’à cela ne tienne !

Et même si les reproches étaient censés ou fondés, est-ce vraiment le moment de s’acharner sur A’salfo ? Même s’il est vrai que pour des puristes en communication, le discours du commissaire général présente des insuffisances du fait du caractère solennel et du contexte, A’salfo faut-il le reconnaitre a aussi reconnu que la gestion de ce drame était trop lourde à supporter pour ses frêles épaules. ‘’ Qui suis-je, pour supporter ce fardeau?…’’S’était-il interroger pendant son discours. Cette interrogation ressemble plutôt à un aveu d’impuissance. Comme tel, on peut manquer de lucidité pour appréhender les choses. A’salfo, lui-même vit certainement un traumatisme dissimilé dans une apparence factice. Son discours dérange parce qu’il n’a pas préparé. Il a été spontané et a voulu parler avec son cœur. Rappelons-nous que la raison ignore souvent ce que dit le cœur. Et si le message d’A’salfo suscite de la polémique, il faudra concéder au chanteur zouglou, la grande affliction dans laquelle il se trouve. Car ce n’est pas toujours évident de trouver les mots justes. Et si on pardonnait à A’salfo ses impaires et qu’on enterrai Papa Wemba dans le silence et dans la méditation…

Par Ange T. Blaise
(Source:  ivoirebusiness.net)