Se disant oubliés lors de la cérémonie de décoration de leurs collègues, les pratiquants du folk haussent le ton et exigent réparation.

La décoration des 90 artistes congolais issues de différentes filières le 29 décembre dernier au Palais du peuple fait encore mouche. S’estimant oubliés lors de cette cérémonie prestigieuse placée sous le haut patronage du président Joseph Kabila, les artistes évoluant dans la musique folklorique veulent aussi leur part du gâteau.

A travers une lettre adressée au ministre de la Culture et Arts, la direction de l’Union nationale des artistes folkloriques du Congo (UNAFACO) plaide pour la décoration de ses membres. Dans cette correspondance relayée par l’Agence congolaise de presse (ACP), les signataires sollicitent des autorités gouvernementales une reconnaissance officielle de leurs mérites.

Ils souhaitent ardemment voir décorer des animateurs de la musique folklorique, à l’instar de leurs collègues de la musique religieuse et celle dite ’’profane’’, qui ont été à l’honneur lors de la cérémonie de remise des médailles de mérite, organisée fin décembre 2015 par le ministère de tutelle.

Indignation des ’’omis’’

Pour une première dans l’histoire de la RDC, les acteurs issus de différentes disciplines culturelles ont été primés par le ministre Banza Mukalay Nsungu au cours d’une cérémonie de reconnaissance et de mérite.

Pour s’être distingué par leur apport artistique, chacun dans un domaine particulier de la culture, romanciers, poètes, écrivains, chanteurs, guitaristes, dramaturges… ont tous été à l’honneur en ce jour de gloire.

S’estiment absents de la fête, des artistes du secteur folklorique n’ont pas digéré d’être omis de la liste des ’’lauréats’’, alors qu’ils estiment jouer un rôle déterminant dans la promotion de la culture congolaise. Qu’il s’agisse des animateurs de la musique folklorique, tout comme des potiers, céramistes et sculpteurs qui remettent en valeur l’art traditionnel.

Plaidoyer des promoteurs du folklore

Dans ce document de plusieurs pages adressées au ministre Banza, le président de l’UNAFOCO, Mbumba Nzuzi, déplore l’oubli récurrent du secteur de folklore dans le activités en rapport avec la culture congolaise. “Malgré de multiples rappels par les mémorandums et des correspondances relatives adressées au ministère de tutelle, voilà que notre corporation a été, une fois de plus, oubliée lors de la cérémonie, au mois de décembre dernier, de la décoration des artistes”, se plaint-il.

Le président Nzuzi a, par ailleurs, fustigé la non prise en compte des groupes folkloriques lors de différents séminaires et ateliers organisés par le ministère de la Culture et Arts. Une occasion pour l’UNAFOCO de solliciter la réhabilitation de l’artiste du folklore, ’’un domaine qui vend la culture congolaise au sens pur’’.

Suggestions des analystes

“Pour avoir honoré les artistes de leur vivant, le ministre Banza Bukalay a le mérité d’être l’un de ceux qui se soucient de porter encore plus haut l’étendard de la culture congolaise.

Comme le dit un dicton, il ne faut jamais attendre l’oraison funèbre pour louer les mérites de quelqu’un. Mais, il doit prochainement penser aux artistes du folklore”, suggère Christian B., un chroniqueur culturel en ligne. “Nous avons beaucoup déploré la non prise en compte des artistes folkloriques à cette cérémonie de mérite.

Pourtant, le folklore constitue le poumon de la culture congolaise. En tant que produit culturel endogène pur d’un peuple, il ne subit pas l’influence extérieure et n’est ni dépravé, ni corrompu. Cela étant, nous espérons que dans les éditions à venir, le ministère de tutelle prendra en compte ce genre culturel”, conclut Junior Mbwita, chercheur en anthropologie culturelle.

Orly-Darel Ngiambukulu/ Forum des As