Faya Tess : vie, talent et œuvres !

La chanteuse Faya Tess a apporté un souffle nouveau dans le paysage mélodieux en République Démocratique du Congo.

De son vrai nom Thérèse Kishila Ngoyi, Faya Tess a été lancée par Tabu Ley Rochereau dans Afrisa International en 1986 comme chanteuse et danseuse au talent innombrable aux côtés de Mbilia Bel.

Très belle voix aux accents velours, elle a grandi à Kinshasa, précisément, à la Cité Verte, un des quartiers nantis de la Capitale.  Surnommée la ‘‘Sirène d’eau douce’’, Faya Tess devient une valeur sure de la musique congolaise au début des années 90, quand elle chante «Moto akokufa».

Elle a apporté un souffle nouveau dans le paysage mélodieux en République Démocratique du Congo. Alors que rares sont les femmes qui s’imposent, dans ce domaine de l’Art d’Orphée. L’Afrique, qui regorge des multiples rythmes musicaux, se nourrit à une source intarissable de la créativité humaine, c’est-à-dire, dans sa partie centrale, qui est le berceau de l’humanité.

C’est ici qu’est née en 1966, Faya Tess, plus tard connue sous le nom de la Sirène d’eau douce. Sous ses apparences calmes se cache un volcan en constante ébullition, justifiant à chaque spectacle son nom de Faya Tess, le feu ravageur…

Passionnée par la musique, Faya Tess abandonne le parcours estudiantin devant être sanctionné par un diplôme d’ingénieur, pour rejoindre la fiesta, l’un des deux grands courants de la rumba congolaise, qui fut conduit par le Seigneur Tabu Ley avec son Afrisa international en 1986.

Déjà à l’époque, élève à l’Athénée de la Gombe (ELIGO), son meilleur ami Blaise Bula, qui est devenu aussi un des jokers du Clan Wenge, l’a beaucoup soutenu, dans sa nouvelle aventure artistique. Élément d’espoir de cet ensemble musical, la jeune Thérèse Ngoyi, est en tête d’affiche avec Tabu Ley. Ensemble, ils vont faire les beaux temps du groupe. Dès 1986,  Faya Tess s’impose comme l’élément incontournable du groupe.

Compositrice et interprètes des œuvres légendaires ! Elle excelle dans la danse et au chant. Ainsi, pendant une dizaine d’années, la chanteuse aligne différents albums «Camarade O» en 1986, «Nadina»  en 1988, «Moto Akokufa» en 1989, «Allo Paris» en  1991,  «Sam Tora» en 1993, «Kebo beat» en 1997, «Kingodingodi  en 1998, «Keba» en 2000, «Bana» en 2004, «Libala ya temps plein» en 2009.

Faya Tess se distingue surtout par sa voix, posée, qui harmonise ses mélodies. Les textes, dits en lingala ou en français, rappellent à la fois la nonchalance des longues journées ensoleillées, et la moiteur des soirées kinoises ambiancées, au sortir de l’indépendance.

Elle a eu à gagner l’estime du public en RDC et dans le monde grâce à ses compositions dont la thématique est dominée par des messages qui cadrent avec les réalités et surtout la marche de la société africaine.

Pour certains observateurs avertis, la chanson «Camarade O», qui fut sa toute première chanson et grand succès des années 80, lui a ouvert les cœurs des étudiants et tous les amoureux de l’époque. Tandis que le tube «Moto Akokufa» est venu la placer au centre de conflits conjugaux.

Après une dizaine d’années au sein d’Afrisa International, elle se lance dans une carrière solo tout en demeurant fidèle à la rumba, afro-zouk, et s’installe en Europe en 1996. Très concentrée, l’artiste refait surface avec le tout premier disque de sa carrière solo sorti en 2000  «Keba» qui signifie «faites attention j’arrive». Cet album est un mélange de différents styles musicaux qu’elle a maîtrisés tout au long de son parcours.

Chanteuse exceptionnelle !

Bien accueilli par les friands de la bonne musique, «Keba» a permis à la diva de remporter le prix de la «meilleure chanteuse d’Afrique centrale».

Seule chef de son destin, Faya Tess se retrouve de nouveau entourée quand le besoin se fait sentir du côté de différents artistes de renommée internationale tels que Cheb Kalled, Sam Manguana, Dino Vangu, Briscart, Lokua Kanza, Maika Munan, Shiko Mawatu, Dongui Guillaume, Kaber Kabasselle, Canta Nyboma, Caïn Madoka, Sec Bidens, etc.

Avec sa voix grave enveloppée du velours, elle enflamme des cœurs sans distinction et envoûte les âmes et corps à la seule vue de ses yeux doux, qui suscite son surnom de « Sirène d’eau douce». Ainsi va-t-elle faire scandale avec sa chanson «Selimo» dans laquelle la chanteuse dénonce les mariages arrangés et forcés par les parents. Cette chanson lui a apporté une autre considération de la société, celle d’une rebelle.

L’amour n’est pas seulement le thème que cette artiste féminine exploite dans ses chansons. Faya Tess est interpellée par tout ce qui touche l’être humain et très sensible aux injustices et aux violations des droits humains. Aujourd’hui encore, elle est incapable de fermer les yeux sur ce qui se passe dans le monde. Avec le concours de Lokua Kanza, elle a dénoncé l’endettement de l’Afrique dans « Annulons la dette ».

Attachée à son continent africain, Faya Tess s’est investie dans une association de sensibilisation contre le sida en France. Avec ce pouvoir inné, la Sirène d’eau douce a conquis toute l’Afrique, l’Europe et l’Amérique. Elle voyage de ville en ville pour mener des actions de prévention auprès de la population originaire d’Afrique subsaharienne et des caraïbes, même lors de ses concerts.

Reconnaissance à Tabu Ley !

Très ouverte et coopérative, elle continue à associer les autres requins de la rumba congolaise dans tous ses projets artistiques (discographie ou scène).

Ceci renseigne que l’artiste poursuit son bonhomme de chemin avec une vision très attachée à la scène internationale où elle évolue normalement.

En 2014, la cantatrice congolaise a réussi un tour de force sous l’œil attentif du guitariste chevronné Caïn Madoka et propose un album de 10 titres aux accents rumba et afro-zouk. «Désoléeee» est le titre phare de la dernière signature de Faya Tess, sur le marché.

Ce bel opus, signale-t-on, a été primé au titre du meilleur disque de l’année 2014 à Paris par le réseau «Ngambo na Ngambo», structure composée des journalistes congolais de la diaspora. Ils ont, également, décerné le prix d’excellence «Trophée Litomba» à la chanteuse congolaise pour sa prouesse artistique.

En guise de reconnaissance, la chanteuse vient de reproduire un coffret musical dénommé «Quelques classiques de Tabu Ley». Constitué des anciens succès, cette nouvelle aubade nostalgique s’inscrit en  hommage au père de la fiesta qui restera immortel  à travers ses œuvres anthropologiques.

Réalisé grâce au soutien de Me Vincent Gomez, le disque remix est déjà disponible dans les éditions en France et Brazzaville. Bonne dégustation !

Jordache Diala/La Prospérité

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