King Kester, un an déjà dans l’au-delà

13 février 2014 -13 février 2015, cela fait exactement une année jour pour jour depuis que l’artiste musicien et patron de l’orchestre «Victoria Eleison, dream team dream band», King Kester Emenaya rendait l’âme. Une année après, sa famille, ses proches et les amoureux de sa musique se donnent rendez-vous, ce vendredi 13 février à 15 heures, à la cathédrale Notre-Dame du Congo pour une messe de suffrage. Et dans la soirée, son orchestre le «Victoria Eleison» donnera un concert au Palm Beach.
Alors que les passionnés de l’habillement appelés affectueusement «sapeurs» venaient de commémorer trois jours plutôt soit le mardi 10 février 2015, le 19ème anniversaire de la disparition d’un des pionniers de la sapologie, Stervos Niarkos alias «Le Ngantze», le monde de la musique et celui de la sape apprennent avec consternation, le jeudi 13 février 2014 vers 2 heures du matin, le décès d’une autre icône de la religion dite «Kitendi», le «Mutu ya Zamani» depuis Paris en France. La nouvelle s’était répandue comme une traînée de poudre. De Paris à Pretoria en passant par Kinshasa et Brazzaville, la toile s’enflamme.

Les accros de la rumba rd-congolaise se sont réveillés sous un grand choc en apprenant via des réseaux sociaux dont facebook, whatsapp, twitter, viber,etc… ainsi qu’autres appels et textos téléphoniques que «Le Kes» est mort de suite d’une insuffisance cardiaque. L’artiste était hospitalisé depuis janvier 2014 jusqu’à ce qu’il passe l’arme à gauche. Tenez, peu après la disparition d’Emeneya, une grande polémique avait ainsi vu le jour en RD-Congo en ce qui concerne son lieu d’enterrement.

D’aucuns, surtout les habitants de la ville de Kikwit dans le Bandundu, réclamaient à cor et à cri que le corps du King Kester devrait être inhumé dans le Chef-lieu du district de Kwilu car selon eux, c’était la volonté du King de son vivant. D’autres par contre soutenaient haut et fort que l’artiste était un patrimoine national et, devait par conséquent être enseveli à Kinshasa, la capitale du pays. Finalement, c’est à Kinshasa, au cimetière du Nécropole de la N’sele –entre ciel et terre- que King Kester Emeneya a été inhumé.

King Kester Emeneya de son vrai nom Jean Emeneya Mubiala Kualamanbu est né à Kikwit dans la province du Bandundu. Il a commencé sa carrière musicale au sein du groupe «les anges noirs» alors qu’il était encore élève à l’institut Don Bosco, l’actuel Indobo dans le Chef-lieu du district de Kwilu. Vite remarqué par son talent, en 1977, Jean Mubiala Kualamanbu va être récupéré par le groupe «Viva la musica» de Papa Wemba pour une assistance artistique. Cela ne sera qu’éphémère parce que Kester créera sa formation musicale «Victoria Eleison» en 1982. Il devient alors vers les années 1980-1990, l’artiste africain le plus populaire.

King Kester est ainsi le tout premier artiste rd-congolais à faire appel à un son numérisé. Lequel son avait amené la musique rd-congolaise à rompre avec le style folklorique. Emeneya est également le premier artiste musicien de l’Afrique centrale à faire usage du synthétiseur et de la programmation musicale assistée par ordinateur. Cette nouveauté s’était bien illustrée en 1987 dans l’album «Nzinzi». L’opus avait récolté un grand succès sur le plan national qu’international. King Kester avait aussi reçu de nombreux prix entre autres celui de meilleure vedette des années 1987 et 1989. Il fut aussi le premier avec la défunte Abeti Masikini à se produire au Zénith de Paris. «Le Kes» a laissé une riche discographie en enregistrant plus de mille chansons dont Milena, Kaba Zonga, Dikando et Na ya. A cette liste s’ajoute Ngabelo, Surmenage, Nzinzi, Mokusa, Polo Kina, Longue histoire, le jour le plus long et This is me, l’oeuvre posthume de l’artiste. Outre la musique, King Kester Emeneya avait pu incarner dans le monde de la sape la griffe «Giani Versace et Kassamoto».

DEO KOKOLO

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