Après Kinshasa, Goma veut « chasser » Kabila

« Kabila, dégage ! » Le cri de colère qui traverse la République démocratique du Congo (RDC) depuis trois jours ne s’épuise pas. En cause : une loi électorale controversée qui pourrait permettre au président Joseph Kabila, en poste depuis 2001, de rester au pouvoir au-delà de la fin de son mandat, en 2016. Signe que la protestation gagne du terrain, le Sénat, qui devait examiner le texte jeudi 22 janvier, a reporté sa séance plénière à vendredi.

Après trois jours d’affrontements, de violences et de pillages, la vie retrouvait un semblant de normalité jeudi à Kinshasa, la capitale. Les forces de l’ordre ont bouclé néanmoins les abords du Parlement et empêchent la presse d’approcher de l’université.

La situation est par contre beaucoup plus tendue à Goma, dans l’est du pays. La police à ouvert le feu à plusieurs reprises sur quatre cortèges de manifestants hostiles au président. Selon un correspondant de l’AFP sur place, deux étudiants ont été touchés par des balles.

Lire (abonnés) : Kinshasa s’enflamme pour réclamer le départ de Joseph Kabila

42 MORTS SELON LA FIDH

Jeudi, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) a accusé la police congolaise d’avoir tué 42 personnes en trois jours en réprimant des « manifestations pacifiques » à Kinshasa, ce qu’a fermement contesté le gouvernement. La FIDH a affirmé :

« Comme cela est malheureusement devenu récurrent en RDC, les forces de sécurité ont à nouveau fait preuve d’une réaction totalement excessive et disproportionnée, en tirant à balles réelles sur des manifestants »

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a récusé le bilan de la FIDH. « Nous avons douze morts, dont un policier : trois le premier jour, huit le deuxième et un hier », a-t-il affirmé. « La FIDH devient de plus en plus excessive [et est] manipulée par un groupe de Congolais » en exil, a-t-il ajouté, accusant l’ONG de chercher simplement à « nuire au gouvernement congolais ».

LE VOTE AU SÉNAT REPORTÉ

Un collectif d’opposants a appelé à « occuper massivement » le Parlement pour faire barrage au projet de révision de la loi électorale qui provoque la polémique. Le texte a été adopté samedi par la chambre basse du Parlement et devait être mis au vote ce jeudi au Sénat. Mais la séance plénière a finalement été reportée à vendredi car « la commission n’a pas fini d’examiner la loi », selon le bureau du rapporteur du Sénat.

>> Lire : RDC : 6 questions sur le nouveau gouvernement de Kabila

Si la loi est modifiée, elle permettre à M. Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Lire : Ces chefs d’Etat africains qui s’accrochent au pouvoir

Les ambassadeurs de plusieurs pays occidentaux – Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Belgique, l’ancienne puissance coloniale – exhortent les autorités de la RDC à abandonner ou remodeler ce projet de réforme électorale à l’origine de la flambée de violences.

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire