Les incroyables révélations sur les Kuzus, havres de sexe bon marché à Kinshasa

Kuzu, substantif qui ne dit pratiquement rien aux non initiés. Mais ce terme renvoie un mode de vie stigmatisant de la société kinoise. Les Kuzu emplissent les quartiers populaires de la capitale de la RDC. Ce sont de nouveaux havres de sexe à bas prix.   Le phénomène prend des allures sérieuses à Kinshasa.

Dans un coin obscur, ouvert ou couvert, des couples se livrent à des fantasmes sexuels, peu importe l’inconfort de l’endroit. C’est une sorte de version dégradante de maisons de passe que l’on retrouve dans les quartiers populaires de Kinshasa qui reçoivent sous le couvert de l’anonymat des couples de toutes les couches sociales qui se veulent discrets.

Dans les bas quartiers de Kinshasa où la fréquentation des hôtels appropriés relève d’une prouesse pour des gagnes-petits, ceux-ci ont fini par trouver la parade. Les « Kuzu » leur servent d’exutoire pour noyer leur appétit sexuel à peu de frais. Un abonné de ces lieux secrets raconte : « Pour un 1000FC ou un 2000FC, je peux me taper une soirée entière avec ma partenaire ». A Kingabwa, quartier de la commune de Limte, où il réside, il fréquente régulièrement un « Kuzu » situé sur le la route Poids lourd. Avec sa pute d’un soir, Pablo n’a généralement pas du mal à repérer le site dissimulé derrière des arbustes et des mauvaises herbes. Un gardien monte la garde et semble reconnaitre ces clients… les initiés. C’est une cabane couverte par des cartons, des bâches, des tôles usées, des plaques et des reliquats des planches. Le temps de glisser la monnaie à la sentinelle et le tour est joué ; pas de lumière, dans le noir, des couples. « Nous nous retrouvons souvent par dizaines. Chacun s’occupe de ses oignons. Tout est fait dans le noir. Difficile de dévisager votre voisin immédiat », confie un autre « Kuziste ». Et tout se passe sur des chaises en plastique, dans un silence troublé par de petits grognements de plaisir et des respirations, on ne peut plus contrôlés, pour ne pas trop attirer l’attention des autres couples sur soi. L’anonymat règne en maître dans ces coins sexuels perdus.

Prostitution à Kinshasa

Même en plein ébat sexuel, les couples ont toujours l’œil rivé sur les vêtements, ou mieux, les dessous. Une main baladeuse peut toujours passer par là, scène apocalyptique traduisant le niveau de perversion qui gangrène Kinshasa. Au quartier 20 mai près du stade Tata Raphaël, les Kuzus pullulent. Les « shégués »,ces enfants de la rue ayant quitté leurs familles, ont érigé des gîtes à l’aide d’amas des trucs récupérables. La prostitution y est aux antipodes de la décence la plus élémentaire. Des clients orientés vers ces « Kuzus » s’en sortent souvent dépouillés de leurs biens.

On le surnomme Mackenzie, c’est une sorte de steward d’un Kuzu bien connu « des initiés naturellement « de la commune de Lingwala. « la bière est à 1500 FC au lieu de 1.300 FC et vous devez en acheter deux, une pour votre partenaire aussi, et vous avez tout votre temps pour être en intimité », assure-t-il ce soir-là à un client. Mais quelques minutes après, quatre policiers entrent en trombe dans le Kuzu et embarquent quelques couples surpris en plein ébat dans le noir. C’est la débandade dans le Kuzu. Mackenzie se dérobe, mais revient quelques minutes après la rafle de la police. « Ces policiers ont besoin d’être soudoyés pour nous laisser tranquille. Car, les hôteliers se seraient pleins au près de l’autorité communale de la diminution du nombre de leurs clients qui semblent se contenter des Kuzu », indique le steward.

En fait, les Kuzus reçoivent tout le monde, allant des autorités du pays aux plus petits gagne-pains. « Il n’y a point de sagesse en dessous de la culotte », dit l’adage. Les tenanciers de havres de sexe bon marché font fortune. Ainsi va la vie à Kinshasa.

Martin M.(Top Africa Magazine RDC)

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