Tripaix/Ndjili : le refus de payer une chèvre entraîne le divorce

Mécontent d’être séparé de son épouse Alpha Muya depuis plus de trois ans, Luyana sollicite le divorce et accuse son beau-père d’avoir incité sa fille à le quitter. Le refus du papa de Muya d’offrir une chèvre à  son beau-fils et les siens pour sceller la réconciliation a ravivé les tensions entre les deux familles.

Me Lusangu, complété des fois par le demandeur, a fait savoir que l’étape de la conciliation ayant échoué, son client s’est vu dans l’obligation de saisir la justice. Le mariage avait été célébré le 26 novembre 2010, a rappelé cet avocat.

Selon lui, l’épouse avait quitté d’elle-même le toit conjugal vers 19 heures  le 30 juin 2011 et réapparu le lendemain à  5 heures accompagnée de sa mère pour récupérer ses effets ménagers, sur injonction de son beau père. Ce dernier avait téléphoné à sa fille peu avant son départ du toit conjugal. Enceinte au moment des faits, a-t-il indiqué, la défenderesse avait accouché plus tard hors du foyer.

Selon lui, aucun effort n’avait été fait de l’autre côté pour ramener Muya au foyer. Compte tenu de ce qui précède, le requérant  sollicite le divorce et des DI de 10000 dollars.

Situation insolite

Appelée à réagir, l’épouse a précisé que les choses avaient commencé à se gâter avec l’arrivée d’une rivale dans leur foyer et  présentée comme la petite sœur de Luyana Paulin. Et d’ajouter que le trio dormait sur un même lit.

Un jour, a-t-elle déclaré, elle avait retrouvé son téléphone dans les effets de sa «rivale» et le climat s’était détérioré davantage. Entre temps, le demandeur avait prié les siens de faciliter son retour chez ses parents. L’ayant menacée avec un couteau le 30 juin 2011, elle s’était réfugiée dans l’église où on a célébré leur mariage. Les frais de maternité étaient été supportés par son père.

« Casus belli »

La famille du mari exigeait deux chèvres comme préalable à une réconciliation sincère et finalement  il a été demandé aux fautifs de donner simplement 40 dollars. Et comme son père avait la moitié de la somme exigée, l’autre partie a campé sur sa position au point que le pasteur et parrain de leur mariage n’ont pas pu faire entendre raison à Paulin et consorts.

Reprenant la parole, le demandeur a soutenu que Nancy est venue sur demande de son épouse pour l’aider dans les tâches ménagères. Il a fait entendre à la cour des extraits de ses entretiens téléphoniques avec Muya pour réfuter les allégations selon lesquelles il s’est désintéressé de la maternité de son enfant.

Preuves à l’appui, le père de Muya a dit que l’autre partie a été déboutée au Tribunal de Paix de Kinkole, ajoutant avoir attendu vainement la descente de son beau- fils chez lui pour en savoir un peu sur la cause profonde de cette brouille. Ne pouvant laisser sa fille enceinte à l’Eglise indéfiniment, il s’est résolu à la reprendre.

Et d’indiquer avoir été surpris de l’exigence de Paulin et consorts d’avoir mordicus une chèvre pour sceller la réconciliation. Ayant trouvé cette exigence suspecte, il a accepté finalement  que son beau-fils achète la chèvre et qu’il lui rembourse la somme dépensée. On leur a même proposé 90 dollars mais ils n’ont pas voulu revenir à la raison. Il a ajouté avoir été ulcéré d’entendre son beau-fils  demander aux siens de faire monter les enchères au motif qu’il est fortuné.

Le ministère public a demandé au Tribunal de se prononcer pour le divorce, dans la mesure où le couple est désuni depuis plus de trois ans, mais de confier la garde de l’enfant à la maman, avec autorisation de droit de visite au père et de faire fi des DI exigés car il n’a pas prouvé  la mauvaise foi du papa de Muya.

Le demandeur a dit renoncer à la dot et pourquoi pas à leurs biens communs et Muya prête à retourner au foyer sous certaines conditions.

Le tribunal va se prononcer dans le délai de la loi.

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire