Sans argent, ni courant électrique, les Kinois ont passé les festivités dans la méditation

Il fallait circuler dans la nuit du 31 décembre 2015 au 1er janvier 2016, et toute la journée du 1er janvier 2016 pour constater comment les Kinois ont fêté dans la misère.

Plusieurs parents ont été incapables de faire plaisir à leurs enfants avec des cadeaux, comme à l’accoutumée. Des milliers d’entre eux ont contracté des dettes pour célébrer la traditionnelle bonne année.

Les plus chanceux d’entre eux ont été surpris par la visite de celle qu’on appelle affectueusement  » Maman Olive  » qui leur a donné quelques présents pour fêter en toute quiétude, connaissant très bien les difficultés sociales et économiques des Congolais qui, même pour une aspirine à donner à un malade, sollicitent son intervention.

Quelques rares enfants se sont contentés des articles de dernier choix vendus par des Chinois, à vil prix, adaptés à la bourse des Congolais sous-payés.

Le tout, couronné par des bruits des pétards dont le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, avait formellement interdit l’usage, pour des raisons de sécurité.

Des entreprises ne se sont pas occupées de leurs personnels comme d’habitude, évoquant des difficultés financières. Si les unes ont bousculé leurs caisses pour faire plaisir aux agents avec un paquet plus ou mois décent, d’autres n’ont pas pu opérer le miracle.

Les communes de Bandalungwa et Kalamu, par exemple, principalement les quartiers Molaert, Bisengo, Sinkin, Matonge, Yolo, Kauka… n’ont pas connu d’engouements comme dans le passé. Au point que, lors du réveillon, de nombreuses terrasses et autres débits de boisson ont fermé vers une heure du matin, faute de clients.

Sauf la place des Artistes, à Victoire, qui a connu une grande effervescence grâce aux concerts de Ferré, Papa Wemba, Fally, Werrason, Barbara Kanam… qui ont joué du 24 décembre 2015 au 3 janvier 2016. Une organisation signée Jean Claude Kadima, bourgmestre de la commune de Kalamu, soutenu par une grande brasserie de la place.

Bonana VIP devant le bâtiment intelligent

Pendant que la misère était visible dans plusieurs quartiers de la ville de Kinshasa, privant ainsi les électeurs de fêter dans des conditions acceptables, une bonne fourchette de la crème politique de la Majorité présidentielle fêtait devant l’immeuble intelligent, dans la commune de la Gombe.

Chant, danse et cabris étaient à l’ordre du jour. Aubin Minaku, Henry Mova Sakanyi, Denis kambayi, Wivine Moleka… avaient rehaussé de leur présence cette cérémonie au cours de laquelle ils ont profité d’appeler les Congolais au dialogue. On se demande si l’Opposition pouvait aussi obtenir la permission de se réunir dans ce même endroit, sans que la police ne se pointe avec des grenades lacrymogènes.

Noël et Bonana dans le noir

Alors que la Snel avait promis à ses abonnés de Kinshasa de fêter, cette fois-ci, dans la lumière, le délestage a une fois de plus été au rendez-vous dans plusieurs coins de la capitale lors de la fête de noël et de nouvel an. Kauka, Matonge, Yolo, Matete, Lemba, Masina, Ndjili, Kimbanseke, Lingwala, Bandal, kintambo… n’ont pas échappé à cette triste réalité. Par conséquent, des cas d’insécurité ont été signalés ici et là. Des filles violées, d’autres violentées, des biens de valeur arrachés et extorqués, l’argent volé…

Aussi, en ce qui concerne la circulation routière, dans des tronçons non éclairés, des accidents se sont produits, causant des pertes en vies humaines. A Kinkole, un véhicule s’est renversé, ôtant la vie à sept personnes, alors qu’il revenait d’une partie de plaisir. Si l’alcool peut être la principale cause de cette catastrophe, l’obscurité doit aussi avoir joué un rôle important.

Par Lefils Matady