Les « amazones » de Kasa-Vubu ou Sodome et Gomorrhe à Kinshasa

Le cimetière désaffecté de la commune de Kasa-Vubu sert actuellement de lieu de commerce de sexe où de toutes petites filles incontrôlées et vivant dans la rue, se livrent à une vile prostitution qui mine dangereusement l’avenir de la société sans que les autorités compétentes n’y prêtent une grande attention.

Déclaré depuis longtemps désaffecté, le cimetière de Kava-Vubu a été transformé apparemment en terrain maraîcher. Mais ce qui s’y passe aujourd’hui surprend plus d’un observateur.

En effet, cet endroit où reposent pour l’éternité de nombreux kinoises et kinois, en droit de souvenir pour qui y ont enterré les êtres chers, abrite ces enfants en rupture totale avec leurs familles, appelés aussi enfants de la rue, ou « shégué » en langage kinois.

Situé à l’extrémité de la municipalité, il est limité à l’Est par l’avenue Sayo, au nord par le centre Kimbanguiste, à l’Ouest l’école Primaire Catholique Saint Louis et au sud par l’avenue Kasa-Vubu.

Aux alentours du flanc donnant sur l’avenue Kasa-Vubu, y jonchent des carcasses de véhicules qui servent d’abris à ces enfants.

D’après une enquête menée sur place, le nombre de « shegués » surnommés « épaves », avoisine une centaine et leur âge oscille entre 8 et 14 ans. Cette espèce particulière de mineurs abandonnés à leur propre sort, se livre à la prostitution, au vu et au su de tous.

Chaque nuit, de très jeunes demoiselles nues ou a demi vêtues se plantent au bord des allées qu’elles appellent « couloirs » dans l’attente des clients. Tout homme qui passe par là est sollicité et pour vite aller en besogne, on l’oriente vers les « épaves » pour la conclusion du « marché ».

Et pour marquer leur courage et témoigner de leur endurance physique, elles se nomment « Amazones ». C’est ainsi quelles, affrontent les hommes de tous les âges confondus en quête des plaisirs sexuels à moindres frais, entre 200 et 400 FC selon qu’on est pressé ou qu’on a le temps de rester un peu ou une nuit.

La moyenne des « clients » par nuit serait de 800 à 1200 personnes. Quel désastre pour l’avenir de notre pays? Radio France Internationale (Rfi) captée au mois de novembre, indiquait que la République démocratique du Congo consomme plus de 1.000.000 de préservatifs (condom) par mois, et ce chiffre jusque là reste un record mondial.

Comment peut-on prétendre développer un pays lorsque l’homme qui est le centre ou la condition sine qua non de tout développement est ainsi sacrifié ? Et qui osera dire que la jeunesse c’est l’espoir ou l’avenir de demain dans cet amalgame?

Les autorités urbaines, particulièrement celles de la municipalité de Kasa-Vubu connaissent parfaitement le phénomène pour initié plusieurs enquêtes qui ont permis d’identifier le mal et d’en déterminer la source. Par faiblesse ou par irresponsabilité, par complicité passive ou par profit à un certain niveau, le mal n’a jamais été sérieusement combattu.

Car, les agents de l’ordre qui ont eu à mener dans le passé ce genre de lutte contre les mineurs engagées dans la prostitution précoce, ont fini par baisser les bras.

D’aucuns supposent même qu’ils vont de temps en temps noyer leurs soucis sexuels auprès de leurs victimes d’hier, quelle confusion!

En tout cas, cette lutte devra s’étendre sur l’ensemble de la capitale d’autant plus que les « shéqués » sont partout à Kinshasa.