C’est ce qui ressort de l’audience publique consacrée à l’instruction et plaidoirie, qui s’est tenue hier lundi 20 juillet 2015, au tribunal de paix de Matete sous le RP 29969.

Assistée de ses conseils, Atato Marie a affirmé être propriétaire d’une boutique située au sein même de sa parcelle. Un matin, au mois de mars 2015, elle avait reçu un client qui cherchait une tige de cigarette. Au moment où elle venait juste de servir son client, elle a été surprise par l’irruption, dans sa boutique de Makiela Thérèse, elle aussi exploitante d’un étalage situé à quelques mètres de la sienne. Subitement, Makiela Thérèse s’était mise à l’attaquer en la traitant de sorcière et que cette sorcellerie lui permettait de s’attirer tous les clients.

Quelques minutes plus tard, Makiela Thérèse était appuyée par deux membres de sa famille qui s’étaient mises à lui asséner des coups. Grâce à l’intervention de la population environnante, elle avait eu la vie sauve.

Invitées par la police, un  arrangement à l’amiable avait été trouvé. Atato Marie a soutenu devant les juges qu’elle avait pardonnés étant donné qu’elles sont voisines et qu’il faut toujours pardonner. Curieusement, les personnes qui avaient reçu son pardon, deux semaines plus tard avaient saisi le parquet. Grande était sa surprise de voir des agents du parquet mettre la main sur l’une de ses filles pour les mêmes faits. Ce dossier n’a toujours pas eu une suite favorable.

Raison pour laquelle , elle qui était victime du comportement de ses voisines a saisi le tribunal pour obtenir non seulement condamnation de Makiela Thérèse et consorts mais aussi des dommages et intérêts d’une valeur de 100.000 dollars américains, payables en francs congolais pour le préjudice subi.

Pour sa part, l’organe de la loi a recommandé six mois de servitude pénale principale, avec arrestation immédiate, contre Makiela Thérèse et consorts pour toutes les infractions mises à leur charge. Cette décision doit avoir un caractère pédagogique, a estimé l’organe de la loi.

Le fait d’être régulièrement atteintes et de briller par l’absence sans même se faire représentées par des avocats est un manque de respect vis-à-vis de la justice. Cet emprisonnement est justifié par le fait que les infractions mises à leur charge sont établies. Il y a eu une cohérence des faits entre la plaignante et les témoins.

Et les faits reprochés à Makiela Thérèse et consorts étaient commis publiquement. A cet effet, le tribunal a pris le dossier en délibéré pour un jugement devant intervenir dans le délai requis par la loi.

Yves Kadima/Le Phare