Des inciviques rançonnent au nom des «B2» à Kinshasa

Les interpellations des piétons par des éléments en tenues civiles inquiètent tout à la fois par le nombre toujours croissant des victimes de ce genre de tracasseries qui se multiplient ces jours ci, juste au moment où les Kinois tentent de se remettre du choc émotionnel des journées folles du 19au 21janvier dernier.

En effet, chaque jour qui passe à Kinshasa, on ne compte plus le nombre d’interpellations qui aboutissent à l’extorsion des biens des victimes. Certains de ces agents se présentent comme des éléments de «B2» de la police ou de la sécurité militaire.

Leurs premières cibles sont les piétons porteurs des sacs à dos, et des voyageurs en attente de prendre place à bord d’un transport public. Lors des interpellations qui se déroulent dans les parages des arrêts de bus ou terminus de taxis, ils s’intéressent au contenu des sacs à dos, ordinateurs portables, des téléphones ou autres tablettes. Et bien que des factures d’achat soient présentées, ces gens en civil se présentant comme des «B2», se permettent de lire les documents et des images enregistrés en lés suspectant comme ‘des documents antipatriotiques.

Généralement, les interpellations se concluent par des menaces d’arrestation ou de saisie des équipements des victimes. Selon les témoignages de plusieurs victimes qui se sont déjà fait prendre, il suffit qu’ils vous ciblent, pour voir un agent en civil vous accoster, prétextant que le «chef» a besoin de vous voir. Sans motif apparent, le temps que la victime réalise ce que lui veut le chef de cette «unité», deux ou trois autres agents supplémentaires s’ajoutent pour vous « encadrer». Et très souvent, après un interrogatoire serré pour sortir les victimes de leurs gongs, ceux qui se font prendre sont soumis à une fouille minutieuse, sous prétexte de chercher des documents subversifs en leur possession, surtout après les trois journées folles qui ont vu des milliers de gens sortir dans la rue pour protester contre la nouvelle loi électorale. Et lorsque les victimes disposent d’un ordinateur portable, c’est encore plus grave. Ces agents poussent ces dernières à passer en revue chaque fichier. Cette épreuve finit par entrainer d’autres ennuis. Beaucoup de gens qui se sont confiés au journal Le Phare affirment avoir été interpellés à la Place du rond-point Victoire, au Rond-point Ngaba et à l’Upn, qui sont les terminus les plus fréquentés, à part la place Sainte Thérèse et Kingasani ya suka.

En dehors de ces interpellations intempestives et des tracasseries, l’on enregistre des cas de vols à travers la ville. Le mode opératoire de ces malfrats roulant, à moto reste le même. Il suffit d’une petite distraction pour voir son sac arraché sans s’en rendre compte. Le gouverneur de la Ville de Kinshasa vient de répondre aux doléances de ses administrés qui se plaignaient de la résurgence de la loi de «Kuluna» dans certains quartiers inaccessibles en voiture tard après certaines heures. Voilà, malheureusement que cette mesure salvatrice est en train d’être mise à mal par des inciviques sans foi ni loi. Profitant de la coupe d’Afrique des Nations et de son euphorie, des groupes de jeunes-gens arrachent des sacs à main pour se fondre dans la massez.

Par VAN

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