Des éléments incontrôlés multiplient des extorsions à Kinshasa

Les nuits dans le district de Tshangu ne sont plus tranquille. Les promenades nocturnes, les soirées prolongées et les fêtes qui se terminent à l’aube, sont émaillées depuis près d’un trimestre, des cas d’extorsions et de braquages.

A la base, des extorsions à main armée perpétrées par des malfaiteurs que tout le monde identifie comme étant des éléments incontrôlés. Ce constat malheureux a été confirmé par une source policière.

Mme Lusakueno, vendeuse des pagnes, domiciliée à Masina Petro-Congo, a été dernièrement victime de braquage de la part de ces malfaiteurs. De retour du Marché de la Liberté où elle a entreposé ses marchandises au dépôt, Mme Lusakueno faisait le tour de ses débitrices, afin de récolter des dettes. Il était 23 H. Elle a fait escale dans une terrasse, le temps de siroter un verre de bière, avant de regagner sa résidence.

Après s’être désaltérée, la vendeuse des imprimés wax longeait une avenue faiblement éclairée et au milieu de ce tronçon, elle a vu surgir de l’ombre, quatre énergumènes qui l’ont aussitôt encerclée. Son sac arraché, ses bijoux en or dépouillés, ces délinquants voulaient l’entraîner plus loin et elle s’est mise à appeler à l’aide. C’est en ce moment que quelques voisins courageux sont sortis et ont volé à son secours. Butin réalisé par ces délinquants : le sac contenait outre les pièces d’identité, ses deux téléphones portables de marque, 3.720 dollars et 50.000 francs congolais.

Un officier d’une unité des Fardc a croisé une nuit, ces malfaiteurs habillés en civils et armés qui se cachaient au croisement de deux rues en terre battue et se livraient au rançonnement des biens des piétons.

Alors qu’il les prenait pour des policiers en mission de service, il se rendra compte que ces éléments incontrôlés ne lui ont pas rendu des honneurs après s’être présenté à eux. L’un d’eux ne se gênera pas de le chasser en lui demandant de courir jusqu’à son domicile. Faute de le faire, un membre du groupe allait s’occuper de lui. Car, ont-ils prétendu, ils connaissaient son adresse et pouvaient à tout moment, lui causer du tord.

Mardi 27 janvier dernier, c’est un motocycliste à qui ils ont arraché toutes les recettes de la journée, ainsi que son téléphone portable. Mulumba alias Demoulin a terminé son boulot à 23 H. Célibataire, il a fait un crochet dans un restaurant de fortune de Kingasani pour se refaire des énergies.

Après cette pause, il se rendait chez son patron habitant dix avenues plus loin. Au sortir d’une rue, il a été interpellé par un jeune homme aux allures d’un agent de l’ordre.

– Le chef a besoin de toi, a lancé l’inconnu. Il le suivit et vit que cinq piétons étaient soumis à une fouille systématique. Des gaillards en tenue civile se chargeaient de contrôler et d’amasser les butins. Passé cette épreuve, il venait de perdre 30 dollars et 5.000 Fc, ainsi que son téléphone.

Le district de Tshangu enregistre un taux élevé de banditisme. On laisse entendre que des éléments incontrôlés sont à la base de ce regain de l’insécurité. Et dans leurs rangs, une source policière parle des déserteurs armés qui ne vivent que des braquages de piétons.

Afin de mettre un terme à cette recrudescence du banditisme, la population de Tshangu a les yeux tournés vers les autorités urbaines pour renforcer la sécurité dans les quartiers, en multipliant des patrouilles pédestres et motorisées. Mais une inquiétude persiste, si ce dispositif ne couvre pas assez le secteur, les malfaiteurs sauront délocaliser leurs différents fiefs dans des périmètres où le déficit de couverture sécuritaire se fait sentir.

Voilà pourquoi il faut associer au travail de la mise sur pied de ce dispositif, des chefs de quartiers et de rues, ainsi que les bourgmestres.

J.R.T.
Le Phare

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