Retour en force des «wewa» à Kinshasa !

Sur décision de l’Hôtel de ville de Kinshasa, les conducteurs des motos appelés communément « wewa », circulent depuis la veille de la Noël, librement au delà de 19 h. Cette mesure de grâce leur accordée jusqu’à la mi- janvier 2015, à l’occasion des fêtes de fin d’année, a permis à la population kinoise de se déplacer d’un coin à un autre de la ville jusqu’aux heures tardives, sans se préoccuper du problème de transport.

Compte tenu de nombreux services rendus par les taxis-motos durant cette période des festivités, notamment pour le transport des personnes et de certains colis, bon nombre d’observateurs s’interrogent sur la durée de la mesure interdisant aux conducteurs de ces engins à circuler librement la nuit à travers la ville.

Hormis cet aspect sécuritaire, pensent-ils, la présence des taxis-motos est indispensable dans certains coins de la capitale, difficilement accessibles, faute des routes praticables. Les habitants de Tshangu qui empruntent par exemple la route Cecomaf sont obligés de recourir aux motos, suite au délabrement avancé de ce tronçon, surtout à son croisement avec le marché du quartier 6, dans la commune de N’djili. Les communes de Kisenso, Mont Ngafula, Selembao, Makala, Masina… n’en sont pas épargnées.

Au contraire, faute des moyens de transport pouvant les ramener jusqu’à leurs domiciles, les piétons sont agressés par des hordes de délinquants, aux heures tardives, qui les dépouillent de tous leurs biens. S’il est vrai que l’interdiction des motos-taxis nocturnes fait suite à un constat malheureux de montée du banditisme, ne serait-il pas alors logique d’interdire aussi la circulation nocturne de toutes les jeeps et les taxis-bus qui sont utilisés par les malfaiteurs avant même l’avènement des taxis-motos ?

Etant donné que les conducteurs de motocyclettes ont fait preuve de bon sens durant cette période des festivités, en démontrant qu’ils ne sont pas tous des criminels ou malfaiteurs, les observateurs estiment qu’il serait souhaitable de lever cette mesure tout en organisant des séances de recyclage sur le code de la route et les mesures de sécurité pour les conducteurs et les passagers, par le port des lunettes et casques de protection.

Si l’autorité urbaine a accordé cette mesure de grâce, a laissé entendre un agent de l’Hôtel de ville, c’est parce que le gouverneur a reconnu que ce moyen de transport est actuellement incontournable et contribue largement au déplacement de la population.

Aussi beaucoup de voix s’élèvent pour plaider en faveur de la levée de cette mesure. « Ce sont souvent des criminels et voleurs qui utilisent les motos pour salir notre image, pendant que nous n’y sommes pour rien. », a expliqué un wewa.

Perside DIAWAKU

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