Avec ses sept énormes silos de 25 mètres de haut, la minoterie construite par la société minière Africa Milling sur la route de Kinsevere vers Lubumbashi est depuis une semaine en mesure de produire 336 tonnes de farine de maïs par jour, soit 14 tonnes par heure.

Avec cette production, la province du Katanga ne sera plus obligée d’importer ce produit de la Zambie voisine pour nourrir sa population, a indiqué le gouverneur Moïse Katumbi à l’issue de la visite qu’il a effectuée récemment dans cette unité minière. Aux dires des autorités qui l’on accompagné, cette minoterie est devenue la plus grande d’Afrique pour la fierté des Katangais qui jusque-là étaient tournés vers les pays voisins pour s’approvisionner en farine de maïs qui constitue l’aliment de base dans cette partie de la République.

Le sac de maïs passe de 50 à 11 dollars Us

On rappelle que dès son arrivée aux affaires, ce gouverneur avait demandé aux entreprises minières ainsi qu’aux brasseurs de lancer des plantations de maïs à raison d’au moins 500 hectares pour chaque opérateur concerné. Ce mot d’ordre avait été suivi et aujourd’hui, c’est un réel succès car certaines sociétés minières et brassicoles exploitent des plantations de l’ordre de 1.000 ha, voire davantage.

Celles qui n’ont pas pu le faire ont consenti d’importants investissements dans le préfinancement d’intrants agricoles. Une politique qui a permis de diminuer les importations et d’abaisser les prix. Le sac de farine est ainsi passé de 50 à 11 dollars américains. De même, la nouvelle loi agricole qu’il avait mise en place dès son arrivée aux affaires et qui prévoit des exonérations des droits de douane sur les intrants et les matériels agricoles, devrait aussi favoriser le développement de la production.

Finies donc les longues files des gros camions transportant des dizaines des milliers des tonnes de maïs en provenance de la Zambie, du Zimbabwe et d’Afrique du Sud.
On revient de loin, s’est exclamé un père de famille qui parfois, était obligé de faire le déplacement à vélo ou à pied vers des localités zambiennes pour s’approvisionner en ce produit inévitable pour nourrir sa famille. Avec cette gigantesque minoterie, disparait ainsi l’un des problèmes majeurs qui résidait jusque-là dans la transformation des produits cultivés et en particulier celle du maïs qui est, comme on le sait, l’aliment de base des populations du Katanga et d’autres provinces, notamment les deux Kasaï. Ce maïs qui est sur toutes les tables sous forme de « bukari », nom swahili d’une pâte de farine de maïs qui constitue la base de l’alimentation des habitants de ces provinces, en particulier en milieu rural.

Appel aux deux provinces du Kasaï

Est-ce que les entreprises minières et brassicoles du Katanga pourront-elles produire plus de maïs afin que les habitants ne soient plus collés à leurs fenêtres pour voir l’arrivée des gros camions transportant cet aliment en provenance de la Zambie, du Zimbabwe et d’autres pays du Sud ? C’est possible avec cette « révolution du cuivre vert », selon la formule qu’affectionne le Gouverneur du Katanga quand il entend évoquer l’avenir de sa province.

Il y avait pensé depuis son élection, a-t-on dit et en toute logique, lorsqu’il avait lancé le plan d’exploitation des 14 millions d’hectares de terres arables mises à la disposition non seulement des entreprises minières et brassicoles mais aussi à tout celui qui vit au Katanga et ailleurs mais qui veut réduire les flux des devises étrangères qu’engloutissaient ces opérations d’importation du maïs. « Tous ceux qui ont des fermes ne savaient pas où vendre leur maïs, maintenant ils savent. Bientôt, le pays ne devrait plus être obligé de chercher la farine en Zambie… », s’est écrié Moïse Katumbi à l’issue de la visite à cette minoterie d’Africa Milling. Un exemple à suivre pour les gouverneurs de deux Kasaï où le « bukari ou bidia » constitue l’aliment de base pour les populations urbaines et rurales.

F.M.