Le chef rebelle Ntaberi Sheka s’est rendu à la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo, Monusco, a déclaré ce mercredi, Fabienne Pompey, porte-parole à l’intérim de la mission des Nations unies au Congo.
 Ntabo Ntaberi Tcheka, autoproclamé général-major, est le commandant de la rébellion Nduma Defence of Congo (NDC) opérationnelle dans le territoire de Walikale et une partie de Masisi dans la province du Nord-Kivu.
Pour Fabienne Pompey la reddition de ce chef rebelle s’est faite après une longue période de négociations engagées par la mission Onusienne. “C’est à partir de sa base de Mutongo que Ntabo Ntaberi Cheka s’est rendu ce mercredi 26 juillet 2017 dans la matinée à la base de la Monusco” a-t-elle affirmé avant de préciser que ce commandant s’est rendu sans aucun de membres de sa milice. Fabienne Pompey a également indiqué que ce chef rebelle sera rendu aux autorités Congolaises, qui avaient émis depuis 2011 un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité contre ce chef rebelle. “Après les formalités qui doivent prendre quelques jours, la Monusco remettra ce commandant rebelle aux autorités Congolaises dans un délai bref” a dit Fabienne Pompey joint au téléphone depuis la ville de Goma.
Ntabo Ntaberi Cheka est un ancien négociant en minerais originaire du territoire de Walikale qui a formé en 2009 un groupe armé dénommé Nduma Defense of Congo (NDC), pour « promouvoir le développement » selon ses propos dans le territoire de Walikale et pour « libérer les mines » situées sur ce territoire en les soustrayant au contrôle du gouvernement Congolais et de groupes armés étrangers. Il a toujours dénoncé notamment le fait que les minerais de Walikale, son territoire d’origine, ne profitent pas à la population locale qui voudrait voir la contrée se développer par son potentiel minier.
Entre 2011 et 2015 la milice de Ntabo Ntaberi Cheka avait été accusé de meurtre massif de plusieurs centaines de civils dans les villages du Nord-Kivu et pointée de responsabilité dans des viols massifs de femmes.
Selon l’ONG Human Right Watch, cette milice s’est également illustré dans le recrutement d’enfants soldats au sein de ses troupes. “Les jeunes garçons étaient pour la plupart utilisés en tant que combattants alors que les jeunes filles servaient d’esclaves sexuels, selon les témoignages recueillis par notre organisation auprès d’anciens miliciens” avait déclaré Timo Muller, chercheur au bureau de Human Right Watch à l’est de la République Démocratique du Congo.