Les militants citoyens de la Lutte pour le changement (LUCHA) ne s’étaient pas mobilisés, samedi 8 septembre sur la place Victoire, à Kinshasa, pour une revendication politique. C’était plutôt pour nettoyer la ville.

Le « salongo » est une séance de travail communautaire de lutte contre l’insalubrité. Une initiative jugée illégale par les autorités. L’appel a été lancé depuis les réseaux sociaux demandant aux jeunes voulant se joindre à la Lucha d’apporter balais, raclettes, bêches et autres outils pour cette activité. Ils étaient une vingtaine à la Place des Artistes et avaient déjà commencé à curer les caniveaux quand les éléments de la police ont débarqué.

Sans autre forme de procès, les forces de l’ordre les ont dispersés à coups de gaz lacrymogènes.

« Nous avons reçu les instructions de l’Hôtel de ville et du bourgmestre de Kalamu de ne pas vous permettre de faire ce que vous faites », rapporte Godefroy Mwanabwato, un militant de la Lucha relayant les propos d’un policier. Ce dernier leur a signifié qu’il existe un service habilité à faire ce travail. Un militant de la Lucha a été blessé quand bien même ils auraient eu le temps de curer les caniveaux avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Si aucune raison n’a été avancée par les autorités de la police dépêchées sur place Victoire, l’activisme politique de la Lucha peut expliquer cette réaction musclée de l’Hôtel de ville de Kinshasa. La Lucha est un mouvement citoyen, non violent et non partisan, composé de jeunes Congolais de tous milieux qui partagent le désir d’un Congo nouveau, véritablement indépendant, uni, démocratique, paisible et prospère et qui militent pour son avènement. Ils sont très engagés dans la mobilisation de masse, la Lucha s’est prononcée contre la prolongation du bail du chef de l’État Joseph Kabila à la tête du pays à la fin de son deuxième et dernier mandat.

Des militants du Lucha avaient été arrêtés en 2015, lors des manifestations de l’opposition contre la révision de la loi électorale. Ils ont été libérés récemment. Juste avant le début du dialogue national.