Dialogue: l’opposition prise au piège du président Kabila?

A quatre mois de la fin du mandat du président Joseph Kabila, les opposants congolais ne semblent pas se rendre compte de l’urgence d’aller à un dialogue en vue de sauter les verrous de l’alternance au sommet de l’Etat. Ils en rajoutent chaque jour aux conditions liées à leur participation à la table ronde, oubliant que ce faisant, ils légitiment le maintien au pouvoir de Kabila après le 20 décembre prochain.

La date fatidique du 20 décembre 2016 retient l’attention en RD Congo. En effet, à cette date, le président Joseph Kabila est supposé passer le témoin à son successeur vu que son deuxième mandat constitutionnel vient à son terme le 19 décembre.

Mais à l’heure actuelle, rien ne présage de la tenue effective de ce scrutin. Au prime abord, la commission électorale évoque des difficultés techniques liées à l’organisation du scrutin. Chose qui lui fait avancer que l’élection présidentielle ne saurait être organisée avant la mi-2017. Cette déclaration selon l’opposition, est motivée par une volonté déguisée du président Kabila de se maintenir au pouvoir après 2016. Pour colmater les brèches, le président congolais a convoqué un dialogue national pour discuter de ce qui fâche et sauver les meubles.

Une initiative boudée par l’opposition qui énumère une liste interminable de conditions en vue de sa participation au dialogue politique national. Ce qui a dernièrement conforté le président congolais est l’arrêt de la cour constitutionnelle du 11 mai dernier permettant au président Kabila de rester au pouvoir jusqu’à l’installation du nouveau président en cas de non-organisation de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels.

Mais ce que semble oublier les détracteurs de Joseph Kabila, c’est que la non-tenue du dialogue suppose la non-tenue de l’élection présidentielle. Etant donné que le maintien au pouvoir du président Kabila est déjà entériné par la Constitution, ce dernier n’a plus rien à craindre. Il sait que dialogue ou pas, élection ou pas, il demeure le premier magistrat. C’est là que l’opposition se fait prendre au piège

La communauté internationale au secours de l’opposition

TSHIKAS-GR-SA voir les troubles à l’horizon en cas de non tenue de l’élection présidentielle dans le pays, la communauté internationale s’active autour des acteurs politiques congolais en vue d’éviter à ce pays de glisser à nouveau dans un bain de sang. C’est pourquoi elle apporte son soutien à Edem Kodjo, médiateur désigné de l’union africaine.

Mais vu les difficultés auxquelles est confrontée la facilitation du fait des conditions interminables de l’opposition, la communauté internationale a décidé de s’inviter dans le débat. Ainsi, le 02 août 2016, l’Union européenne a appelé les acteurs politiques congolais à aller rapidement au dialogue. Le lendemain, Thomas Perriello, Ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa et envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands lacs étaient chez Etienne Tshisekedi, le coordonnateur du Rassemblement de forces acquises au changement pour discuter de l’urgence de l’organisation du dialogue.

Ce 04 juillet, des ambassadeurs africains ont rencontré le camp présidentiel le matin et l’opposition dans l’après-midi, toujours au sujet de l’urgence dudit dialogue. Il faut reconnaître que ce ballet diplomatique constitue une façon de sauver l’opposition congolaise coincée dans le piège de joseph Kabila par son manque d’anticipation. Il urge que Tshisekedi et sa suite adhèrent à l’organisation du dialogue s’ils veulent vraiment une alternance ou du moins l’organisation d’une élection présidentielle dans le pays car c’est un sujet qui requiert un consensus national vu que le compte à rebours a commencé.

Christophe SESSOU