Comment Kabila écrase tout sur son passage

Après avoir mis Moïse Katumbi « hors d’état de nuire », le régime Kabila s’en est pris à Martin Fayulu, un autre présidentiable congolais par la mise sous scellé de son hôtel et résidence ce 20 mai 2016. C’est sans nul doute un autre épisode du plan machiavélique du président congolais pour dégager les opposants pouvant se mettre au travers de son chemin vers son 3è mandat controversé.
Après avoir « autorisé » l’opposant congolais Moïse Katumbi contre le silence de ce dernier ce vendredi 20 mai 2016 de se rendre en Afrique du Sud pour des soins médicaux, un moyen de se « débarrasser » d’un challenger sérieux, le régime de Joseph Kabila a mis sous scellé le même jour la résidence et hôtel de Martin Fayulu, opposant et candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle. Les scellés ont été mis par la direction générale des recettes de Kinshasa(DGRK). En effet, plusieurs avis ont été collés sur le portail et même sur la porte de l’hôtel.

Il est reproché à l’opposant de ne pas avoir payé ses taxes, ce que ce dernier dément. Pour Davos Kitoko, un autre membre de l’opposition, le pouvoir Kabila se fait « des idées comme quoi la source principale de revenus de Martin Fayulu d’entreprendre une activité politique d’une envergure nationale, aujourd’hui, c’est l’hôtel. Et que il faut couper la source de financement des activités, ils se trompent ! »

Redressement fiscal ou politique

Le redressement fiscal engagé contre Martin Fayulu a l’air d’un règlement de compte politique. Le pouvoir Kabila veut certainement passer par le pseudo-redressement fiscal pour opérer si possible « un redressement politique ». Et ce sont les propos d’Esther Fayulu, l’épouse de l’opposant, très choquée qui permettront de se rendre compte de la réalité des faits.

« On ne peut pas envoyer un car plein de policiers pour régler un problème d’impôts », s’insurge-t-elle.

De toute évidence, les ennuis de Martin Fayulu visent à le détourner de ses ambitions politiques histoire de l’écarter du chemin de Kabila à défaut de l’amener faire allégeance au pouvoir de Kinshasa. Ainsi, le plan machiavélique du président congolais est en marche et son rouleau compresseur est en action.

Reste à savoir jusqu’où ira cette procédure de redressement fiscal. A qui le tour après Katumbi et Fayulu ? Joseph Kabila réserve-t-il aussi une de ces surprises au vieil opposant Etienne Tshisekedi ? L’avenir nous en dira plus.

Christophe SESSOU

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