Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage. Pour justifier l’éjection des troupes congolaises au sein de la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA), les responsables des Nations unies les accusent de plusieurs cas de « viols et de racket ». Selon le Département de maintien de la paix de l’ONU, les progrès accomplis jusqu’à présent par le contingent congolais « remplissent seulement en partie les critères établis par les Nations-unis ».Et pourtant, quelques semaines en arrière, ce contingent a été félicité pour sa prestation exemplaire dans le maintien de l’ordre et de sécurité en Centrafrique.

D’où vient alors, tout d’un coup, cette nouvelle réputation négative qu’on colle aux militaires et policiers congolais au point de les rapatrier sans préavis ? En tout cas, le gouvernement congolais comprend mal cette décision, si ce n’est un montage destiné à salir non seulement l’image de son contingent mais aussi celle de tout un pays.

« Les familles de deux accusatrices (de viol) ont démenti les propos des jeunes filles. La troisième aurait refusé de rencontrer les magistrats… La première fois, on a confondu délibérément le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa. La deuxième fois, ces familles, qui ont été visitées par des magistrats militaires congolais, ont démenti de façon formelle que leurs filles aient été violentées de quelque manière que ce soit par des militaires congolais et, donc nous sérions très étonnés que sur cette base-là, l’on prenne des mesures contre la RDC », a déploré le Porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.

Comme lui, toute personne avertie peut ainsi comprendre, dans cette affaire comme dans bien d’autres, un acharnement des Nations unies contre la République démocratique du Congo qui ne dit pas son nom. Même s’il fallait se convaincre d’abus sexuels et de racket de quelques éléments congolais, par quel magie une faute individuelle peut donner lieu à la condamnation de tout un contingent ? L’ONU veut-elle faire croire à la face du monde que seuls, les militaires et policiers congolais, commentent des abus ? Pourquoi, par exemple, n’a-t-on pas renvoyé les troupes françaises après que certains des éléments soient accusés de viols sur des mineurs et de pédophilie en Centrafrique ? Dans le territoire congolais, certains Casque-bleus ont aussi été accusés de cas de viols, pourquoi n’a-t-on jamais assisté au rapatriement d’un ou des contingents des pays d’appartenance des militaires ou policiers incriminés ? Ces simples interrogations suffisent pour voir quel genre de cliché on veut coller à la RDC. Voilà un de ces acharnements qui riment bien à un « Congo bashing ».

Socrate Nsimba/MMC