Personne, pour l’heure, ne peut affirmer avec certitude que le dialogue convoqué par Joseph Kabila va se tenir. Même si les évêques catholiques ont réitéré leur appel à un dialogue répondant aux aspirations de tous pour l’intérêt supérieur du pays.

Le problème aujourd’hui est que les forces politiques en présence campent chacune sur leurs positions. Pour les uns, le dialogue doit se tenir suivant le schéma tracé par l’Accord d’Addis-Abeba. Point trait. Les autres tiennent mordicus au respect strict de la constitution. D’autres encore, sans poser des conditions, estiment que le dialogue est l’unique vie royale pour décanter la situation et permettre la tenue des élections crédibles et apaisées en RDC. Les prélats catholiques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), apportent depuis leur bonne foi et leur expertise pour tenter de rassembler toutes les parties autour d’une table. Ils ont de ce fait demandé aux uns et aux autres de mettre un peu d’eau dans leur vin pour des concessions nouvelles.

L’on se pose alors désormais la question qui va concéder quoi ? Si le camp des opposants irréductibles tient au respect strict de la Constitution, dans l’autre camp, il est question d’organiser toutes les élections (peu importe le moment) en commençant par les élections locales, municipales, et provinciales. Ailleurs, on ne l’entend pas de cette oreille car la présidentielle et les législatives étant prioritaires, il faut les privilégier en les organisant avant fin 2016.

C’est à un véritable dialogue de sourds auquel les acteurs politiques congolais se sont engagés, le principal enjeu étant la présidence de la République. Il y a lieu de craindre que l’année 2016 soit celle de tous les dangers. D’autant plus que la guerre est déjà ouverte entre la Constitution (devant être respectée) et le dialogue, qui pourrait probablement supplanter l’autre.

Face à la crise apparemment artificielle et visiblement entretenue qui voit le jour, les acteurs politiques congolais se trouvent dans l’obligation de sortir le pays de l’auberge, afin que le sang des Congolais soit préservé, comme le souhaite ardemment la communauté internationale.

Que faire alors ? A l’allure où vont les choses, la solution, réside simplement dans le respect strict de la Constitution, approuvée par les Congolais.

Celle-ci a du reste prévu des mécanismes de sortie de crise. Il faut donc tout simplement les mettre en application et reléguer tout intérêt partisan au second plan. Faute de quoi, le dialogue de sourds, déjà entamé, va persister. Cela pourrait donner raison à Abdoulaye Wade (ancien président sénégalais), qui avait traité la classe politique congolaise d’immature.

Par G.O.