Paul Kagame, le nouveau Savimbi des Grands Lacs

Si Jonas Savimbi a eu à endeuiller plusieurs fois son pays, Paul Kagame, lui, sort de son territoire pour embraser toute la sous-région des Grands Lacs.

Aujourd’hui sur les traces de Jonas Savimbi, ce rebelle angolais tué de manière honteuse, Paul Kagame qui aurait déployé toutes les stratégies et forces pour reconquérir Kibati et ailleurs, est dans tous ses états comme un lion enragé enfermé dans la cage, mettant sa vie en danger devant les FARDC et la Brigade spéciale d’intervention de l’Onu. Les carottes sont donc cuites pour le M23 et les unités régulières de la République du Rwanda qui, depuis le vendredi en début d’après-midi de cette journée de délivrance pour les populations civiles de Kibati, de Goma…, errent dans la nature à Tchunza, aussi vers Rumangabo, après une confrontation comme jamais auparavant avec les Fardc, soutenues par la Brigade.

M23, l’énième agression

« …. Nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons atteint l’essentiel de nos objectifs qui étaient de dégarnir ce point surélevé, ces montagnes de Kibati, qui leur (Ndlr : M23 et unité rwandaises) permettait d’avoir la possibilité de canarder la ville de Goma. La plupart de montagnes du lieu-dit trois Antennes de Kibati sont maintenant contrôlé par les Fardc. Il me semble que c’est sous la pression militaire que les milices du M23 sont en train de quitter cet endroit. Ce n’est pas par entropie ou amour patriotique ou par conversion chrétienne… c’est la pression militaire combinée, Fardc-Monusco, qui les pousse, soit à renoncer, soit en train de quitter leur dernier réduit dans ces espaces- là.

Ce n’est pas un cadeau qu’ils ont fait aux Fardc, c’est cet objectif qui était le premier, de dégarnir ce point surélevé d’où les bombes tombées sur le Nord-Kivu, mais aussi s au Rwanda pour l’amener à officialiser son intervention en Rdc sous le prétexte de répondre à une agression », a indiqué le ministre des Médias, Lambert Mende, lors d’un point de presse, soulignant cependant que l’objectif global est que les Fardc ne sont pas là pour se partager un territoire dans le Nord-Kivu avec des groupes irréguliers et surtout pas avec une armée étrangère.

« Les Fardc sont-là, pour sécuriser l’ensemble du territoire congolais. Donc, tant qu’un seul centimètre carré du notre pays sera occupé par le M23 et ses maîtres, les Fardc n’auront pas atteint leur objectif… ils (Ndlr/ Fardc) savent bien qu’il faut aller jusqu’au bout. Il faut libérer le territoire congolais », a renchéri le ministre. Cependant, Kinshasa souligne qu’il n’est pas interdit au M23 d’articuler des revendications. Mais, il est strictement interdit de porter des armes pour ce faire. « Et c’est ça que nous allons appliquer, parce que telle est notre loi et le droit international, … », a martelé le ministre, précisant par ailleurs que la Rdc n’envisage pas encore la rupture des relations diplomatiques avec son éternel voisin, le Rwanda, même si le diplomate congolais à Kigali a été rappelé à Kinshasa.

« Nous n’avons pas peur du Rwanda… »

Répondant à une question d’un journaliste, le porte-parole du Gouvernement a déclaré que son pays n’a pas peur du Rwanda. Sinon, il n’y aurait pas eu cette contre-offensive qui est allée jusqu’à déloger les forces rwandaises et le M23 de Kibati.

Pour L. Mende, cet exploit se justifie. C’est le fruit du travail bien fait. Il l’a déclaré en ces termes : « Depuis 2009, nous avons remis en scène une armée, et les premiers comportements de cette armée ne sont pas décevants, parce qu’elle a affronté et repoussé les rwandais et elle est en train de nous montrer de quoi une armée sérieuse, prise en main par un commandant en chef sérieux, est capable. Il n’y a pas de peur. Personne ne peut justifier d’avoir peur lorsqu’il défend ce qui est à lui, lorsqu’il défend une valeur aussi essentielle que l’existence de son pays… La guerre, nous la souhaitons courte (…) mais chaque fois qu’on nous la fait, nous y répondons.

Mais si ceux qui la font la veulent longue, elle sera longue. Mais, nous devrions mettre en tête que personne ne viendra impunément encore faire ce qu’il veut, écraser notre peuple, tuer nos enfants,… et croire qu’il peut continuer à contrôler notre territoire et nos richesses (…) seule, l’action compte ».

Pas de chaises pour le M23 aux Concertations nationales

Après avoir séché les pourparlers de Kampala pour reprendre les kalachnikovs, ne sachant pas que c’était la fin de l’aventure qui l’attendait, la milice rwandaise, le M23, n’a pas de place aux Concertations nationales. D’après le ministre L. Mende qui l’a affirmé, cette rébellion n’est pas invitée. « Nous n’allons pas inviter le M23 aux Concertations nationales. Ce n’est pas prévu. On parle avec eux à Kampala, et ça s’arrête-là, et nous attendons une solution à Kampala, parce que les conclusions de part et d’autres ont été déposées.

Il faut que le facilitateur nous donne la synthèse de ces conclusions, nous les soumette pour approbation. Mais il est hors de question que nous envoyons le signal de banalisation des criminalités à l’occasion des Concertations où nous voulons refonder la cohésion autour des valeurs essentielles de la nation », a souligné le ministre congolais des Médias.

La stratégie n’a pas réussi, mais l’objectif est de récupérer l’ensemble du territoire

A l’impossible nul n’est tenu, dit-on. Se trouvant devant une force de frappe des Fardc et la Brigade, un peu comme cette montagne, qui est loin de se ressembler à l’une de celles qui surplombent Kibati, les rebelles du M23 par leur président, mieux par son faiseur, le Rwanda, ont déclaré se retirer de la ligne de front pour laisser place à Kampala de parler de nouveau. Une manœuvre qui lui aurait certes, permis de reprendre du poil de la bête. Heureusement que Kinshasa qui ne s’était pas laissée faire, l’a déjouée. Sinon, ç’aurait été une occasion offerte sur un plateau d’or au diable de se ressourcer et de reprendre de la plus belle manière des combats.

Réagissant à cet effet, Kinshasa dit maintenir la pression jusqu’à ce que l’ensemble du territoire congolais sera sous le contrôle du gouvernement légitime de la Rdc. Le porte-parole rappelle que le M23 doit cesser purement et simplement d’exister. « Le Rwanda ferait œuvre utile en encourageant le désarmement et la démobilisation du M23 au lieu de se faire le défenseur inconditionnel des pires turpitudes de cette milice qu’il a créée dans notre pays », a martelé le porte-parole.

Paul Kagame, le Savimbi dans les Grands lacs

C’est une similitude exacte entre les deux hommes. Si Jonas Savambi a eu à endeuiller plusieurs fois son pays en bénéficiant de l’appui du feu maréchal Mobutu pour combattre le régime de Edouard Dos Santos, alors qu’un processus de démocratisation était en cours, Paul Kagame, lui, sort de son territoire pour embraser toute la sous-région des Grands Lacs, et malheureusement, il croit y parvenir.

Il se présente en véritable danger pour cet espace du continent qui passe pour le socle du décollage de l’Afrique, et a pour ce faire besoin des pacifistes, alors des vrais. Le président rwandais est en tout cas loin d’en être un. Paul Kagame qui est accablé par plusieurs rapports de l’Onu sur son soutien aux milices du M23 pour déstabiliser l’Est de la Rdc, est à la base de la crise qui secoue les provinces de Kivu.

Pas plus tard que le vendredi lorsque le président des rebelles du M23, un certain Bisimwa essoufflé par la force de frappes des Fardc et de la Monusco, criait au retour des négociations de Kampala après avoir connu plusieurs revers, Paul Kagame, lui, s’illustre de nouveau dans l’infiltration des nouvelles unités rwandaises dans le seul but de poursuivre la guerre. C’est ce qu’ont affirmé plusieurs sources.

La société civile du Nord Kivu en est une. De nouvelles unités rwandaises sont dépêchées en rescousse pour continuer l’aventure, alors qu’à l’heure actuelle, il est attesté noir sur blanc de son intervention et de celle de son armée au côté des rebelles du M23, cette milice qu’il a façonnée de ses propres mains.

Même l’Onu est arrivée à comprendre que l’homme a cherché par mille et une fois l’occasion pour officialiser sa guerre contre la Rdc en intimant l’ordre au M23 de tirer sur le territoire rwandais et clamer que ce sont les Fardc qui ont tiré sur le Rwanda, comme sa milice l’a fait plusieurs fois sur Goma. Une stratégie qui n’a pas réussi et l’Onu a bien compris le jeu au point qu’aujourd’hui Paul Kagame et son pays sont totalement isolés sur la scène internationale.

C’est maintenant le temps et le lieu de souligner que les Congolais ne méritent pas de mener cette vie de cauchemar causée par un seul homme, qui veut prendre en otage toute une sous-région pour ses ambitions bourrées d’égoïsme et sanguinaires, un peu comme ce qu’a fait Jonas Savimbi, qui avait retenu le souffle de tout un peuple pendant plus de 30 ans de guerre civile pour s’accaparer tous les diamants comme si ces ressources s’épuiseraient un jour.

Aujourd’hui sur les traces de ce rebelle angolais, tué de manière honteuse, Paul Kagame, qui aurait déployé toutes les stratégies et forces pour reconquérir Kibati et ailleurs, est dans tous ses états comme un lion enragé enfermé dans la cage, mettant sa vie en danger devant les Fardc et la brigade de l’Onu. Car, ne dit-on pas que « qui tue par l’épée périra aussi par l’épée ».

Yassa/L’Avenir

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