L’autre face cachée du découpage territorial en RDC

Il s’agit là d’une lourde hypothèque qui peut peser sur la stabilité du pays et la sécurité collective.

En même temps qu’elle peaufinait des stratégies politiques qui devraient permettre le maintien de Joseph Kabila à la tête du pays au terme de son second mandat constitutionnel, la Majorité présidentielle développait des manèges de toutes sortes pour rendre le pays ingouvernable en cas d’échec de sa funeste entreprise !

Parmi ces manèges figurent en bonne place, on s’en doute, le découpage territorial qui se traduira concrètement par la mise en place de 26 provincettes après l’émiettement de 11 préexistantes dont la ville de Kinshasa !

De nombreux cadres de la Majorité présidentielle étaient mobilisés pour sillonner l’ensemble du territoire national aux fins d’expliquer le bien-fondé de ce découpage aux populations de régions de l’arrière-pays en prenant soin toutefois de dissimuler les intentions malveillantes qui se cachaient derrière cette initiative.

Alors que l’option consistant à créer de nouvelles provinces avait suscité un enthousiasme débordant au sein d’une frange importante de la population, la Majorité présidentielle en fait aujourd’hui un instrument privilégié de sa stratégie de diversion pour éloigner l’alternance à la tête des institutions du pays !

En effet, agissant de concert avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Majorité présidentielle a obtenu que les prochaines élections se déroulent au même moment que la mise en place de nouvelles provinces dont la loi de programmation sera promulguée dans les jours qui viennent alors que les moyens attendus ne s’y prêtent pas.

Concrètement, le budget prévu dans le cadre de l’organisation de prochaines élections l’avait été sur la base de dépenses de 11 provinces et non de 26. Ce qui signifie que les provinces nouvellement créent sont de ce fait exclues de la course électorale avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.

On ne peut vraiment s’offusquer d’affirmer qu’il s’agit là d’une lourde hypothèque sur la stabilité du pays et la sécurité de milliers et de milliers de Congolais qui verraient ainsi leurs rêves se briser à travers des élections promises à tous mais auxquelles ils ne participeront plus par la faute de la Majorité au pouvoir !
Nous y reviendront prochainement avec plus de détails.

Par Kambale Mutogherwa

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