L’impossible retrait de la Monusco

Les choses sont maintenant claires. La Mission des Nations-Unies pour la stabilisation de la RD Congo (Monusco) finira bel et bien par quitter le territoire congolais, mais sous 2 principales conditions. Hier, mercredi 1er avril 2015 au Quartier général de la Monusco à Gombe, Martin Köbler, représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en RDC, a livré à la presse cette stratégie de retrait.

La première condition à l’en croire, est d’ordre sécuritaire, car il faut d’abord réduire la menace des forces négatives dans la partie Est de la RDC. La deuxième est le renforcement des pratiques démocratiques sur fond d’un processus crédible. « Cependant, ce retrait doit se faire par étape, de manière progressive. Il faut avoir une certaine stabilité qui nous permette de quitter pour toujours…» a-t-il annoncé.

Concernant, le renouvellement du mandat de la Monusco par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, jusqu’en mars 2016, Martin Köbler a tait noter que cette importante résolution R2211 a toute sa valeur dans l’actualité nationale dans la mesure où elle veut, dans son paragraphe 19, « libres, crédibles, transparentes, justes, démocratiques » les prochaines élections en RD Congo. « Le Conseil de sécurité les veut conformément à la Constitution congolaise, et encourage un accès équitable aux médias, y compris publics, de tous les acteurs de la vie politique congolaise… », a précisé Martin Köbler.

De retour d’une mission de deux jours à Nyanzala au Nord-Kivu, le chef de la Mission des Nations unies en RDC a déclaré que la collaboration avec l’armée congolaise doit reprendre rapidement afin de combattre les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Dans certains territoires, des combattants « se sont mêlés à la population locale », a-t-il noté. «Je suis rentré à Kinshasa avec la ferme impression qu’il faut reprendre les opérations, le soutien aux FARDC le plus vite possible parce qu’on a une certaine faiblesse dans les opérations et c’est l’unité qui fait la force », a-t-il insisté, avant de renouveler son souhait d’une relance de la coopération « te plus vite possible » avec les FARDC afin de neutraliser les rebelles des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) actifs dans l’est de la RDC. « L’unité fait la force. Nous avons les moyens, les rations et la logistique nécessaires pour mettre nous engager dans ces opérations… ».

Cette déclaration, convient-il de souligner, survient dans un contexte de haute tension entre le gouvernement congolais, et l’ONU, qui avait annoncé «une pause» dans son soutien à l’armée en vue d’une offensive contre les FDLR.

La cause un désaccord sur la nomination de deux généraux controversés appelés à diriger les opérations, Bruno Mandevu et Sikabwe Fall. L’ONU les accuse d’avoir un passé chargé en termes de violations des droits de l’homme. Après un ultimatum des Nations unies, Kinshasa a renoncé à suspendre les deux hommes.

Dans un autre registre, le chef de la Monusco a discuté mardi 31 mars 2015 avec des jeunes congolais à Kinshasa. Le débat a tourné autour des questions d’emploi, d’éducation, des élections et de la sécurité. Sur ces questions, a fait savoir Martin Köbler, la Monusco ne peut qu’accompagner les efforts du gouvernement congolais. Le chef de la mission onusienne a indiqué qu’il faudrait aussi encourager les agences des Nations unies « à avoir des programmes dans tous les domaines qui ciblent la jeunesse en particulier ». Par ailleurs, Martin Köbler a estimé que le parlement des jeunes était une bonne initiative. « Le Parlement des jeunes est un très bon moyen de coopérer pour canaliser les préoccupations de la jeunesse », a-t-il affirmé.

Mis an place en 2003, e parlement des jeunes se définit comme une société civile de la jeunesse congolaise. Il regroupe des jeunes des universités, des mouvements associatifs, des confessions religieuses et d’anciens parlementaires d’enfants, dont l’âge varie entre 16 et 30 ans.

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