Décembre 2016, une fin d’année à double vitesse !

Ce mois de Décembre 2016 en République démocratique du Congo est considéré comme une fin à double vitesse. Les peuples congolais attendent un changement de la situation politique qui s'annonce très compliqué.

Le mois de décembre tant attendu est finalement arrivé. Alors qu’il annonce généralement les fêtes de la nativité et du nouvel an, ce mois est pour les Congolais, en cette année 2016, celui de tous les enjeux et dangers sur le plan politique.

Au lieu d’acheter des sapins pour décorer les habitations et les avenues, ou encore préparer des cadeaux à offrir aux personnes qui leur sont chères, les Congolais préfèrent, contrairement à leurs habitudes, acheter des quantités de riz, manioc, poissons salés… en guise de provision. Ce n’est pas pour fêter, mais pour ne pas mourir de faim lorsque viendra l’Apocalypse du 19 décembre. « Peut-être que nous resterons longtemps enfermés dans nos maisons », lance une mère de famille qui craint que le pire n’arrive.

En effet, c’est dans 18 jours, à dater du 1er décembre, que le mandat constitutionnel de Joseph Kabila à la tête de la République démocratique du Congo expire.

Malheureusement, il ne sera pas remplacé par un autre président élu, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ayant estimé qu’il est techniquement impossible, à ce jour, d’organiser les élections, principalement la présidentielle, dans le délai constitutionnel.

La Majorité présidentielle (MP) qui ne trouve aucun mal que la Ceni tienne son rendez-vous deux ans plus tard, soit en 2018, tel que décidé par les délégués au dialogue de l’Union africaine, estime qu’il vaut mieux tenir de bonnes élections dans un climat apaisé, que d’y aller en désordre à cause de certaines dates « fétichisées » par l’Opposition.

Cette dernière, par contre, ne jure que par le respect de la Constitution qui exige à Joseph Kabila de quitter le Palais de la nation le 19 décembre à minuit.

La communauté internationale qui observe la situation de loin, est d’avis que si un consensus n’est pas trouvé entre la Majorité présidentielle et l’Opposition, principalement le Rassemblement, la RDC risque de connaître une crise plus grave que celle du Burundi.

C’est dans cette logique que cette communauté internationale multiplie des ballets diplomatiques pour tenter de mettre autour d’une table les deux camps. Thomas Perriello, Saïd Djinnit, Louis Michel, Conseil de sécurité de l’ONU, envoyés spéciaux de l’Union africaine, de l’Angola… ont effectué le déplacement de Kinshasa pour parler avec les deux camps, Palais de la nation et Limete. La Cenco ne cesse d’offrir ses bons offices pour préserver la paix après le 19 décembre. La Monusco vient à son tour de manifester sa volonté d’accompagner la Cenco dans cette mission. Les États-Unis et l’Union européenne tirent la sonnette d’alarme pour faire éviter la catastrophe au peuple congolais. L’ambassadeur d’Algérie en RDC appelle les Congolais à privilégier l’intérêt national plutôt que leurs appétits gloutons. Le président Denis Sassou N’guesso en appelle lui aussi au calme. Car si le Congo-Kinshasa est malade, les conséquences directes sont ressenties au Congo-Brazzaville.

A l’heure actuelle, des sources indiquent qu’une rencontre est possible, ce 10 décembre entre Étienne Tshisekedi et Joseph Kabila à Luanda. Le décor est donc planté pour éviter le chaos en République démocratique du Congo après le 19 décembre.