Crise politique: la case-départ, un tête à tête Tshisekedi-Kabila s’impose

Au fait, on revient à la case-départ : celle des pourparlers Mp-Udps entrepris à Venise, Ibiza et Paris, liquidés à Bruxelles-Genval…

Washington pour les Etats-Unis, Bruxelles pour l’Union européenne et New York pour les Nations Unies : la communauté dite internationale s’est exprimée les 21 et 23 novembre 2016 pour insister sur la nécessité d’une concertation, sous la facilitation des Evêques catholiques, entre le Gouvernement et « la coalition du Rassemblement sous la direction d’Etienne Tshisekedi », préconisent les Américains.

Les Européens qui soutiennent « pleinement l’action en cours de la CENCO, qui contribue à forger un consensus indispensable et large sur base de l’accord du 18 octobre  » considèrent qu’ »Il est dès lors essentiel que le gouvernement et l’opposition coopèrent constructivement ». Evoquant la possibilité d’ »une transmission pacifique du pouvoir à l’issue du mandat de Kabila », le Conseil de sécurité estime que « sa réalisation nécessite que toutes les forces politiques du pays parviennent à s’unir pour répondre aux souhaits du peuple congolais ». Miracle : même les radicalisés Olenghankoy et LisangaBonganga commencent à prôner un tête-à-tête Kabila-Tshisekedi, au grand dam du G7…

Ce tête-à-tête devait pourtant être l’aboutissement logique des rencontres menées par les délégations de la Majorité présidentielle et de l’Udps avec ses Alliés de 2015 à 2016 en vue du Dialogue national.
A l’époque, le Président Joseph Kabila considérait que les Congolais pouvaient se parler entre eux sans, nécessairement une présence ou une intervention extérieure.


Au cours notamment de l’année 2015, à quatre reprises il a exalté le nationalisme et le patriotisme congolais pour ce faire, successivement dans ses discours du 30 juin (fête d’Indépendance), du 28 novembre (annonce de la convocation du Dialogue), du 15 décembre (état de la Nation) et du 31 décembre (Nouvel An).
Dans celui du 30 juin, après avoir engagé « toutes les Congolaises et tous les Congolais à s’inscrire dans la voie du règlement pacifique de toute divergence politique, conformément à la tradition congolaise de prévention, de gestion et de résolution des conflits » et remercié « très sincèrement tous ceux et toutes celles issus de toutes les couches de la population qui lors des consultations entamées ont répondu sans hésitation à cet appel », il a affirmé que « Leurs propositions sur la meilleure manière d’organiser le dialogue seront, autant que faire se peut, prises en compte ».


Dans le message du 28 novembre 2015 relatif justement à la convocation du Dialogue, il a estimé que « S’il y a cinq mois, nous pouvions encore avoir des doutes ou des hésitations sur ce qu’il convenait de faire en vue de venir à bout de tous ces sujets de préoccupation, aujourd’hui, après toutes les consultations menées, et après avoir donné du temps aux pessimistes et à tous ceux qui se sont prononcés contre le Dialogue de proposer des voies alternatives crédibles, au-delà des affirmations péremptoires de rejet par principe de ce que le bon sens commande, nous en sommes arrivés à la conclusion que seul le dialogue peut, une fois de plus, permettre à notre Nation de prévenir une crise pouvant surgir du fait de la non résolution, en toute responsabilité, des problèmes posés ». Il a alors conclu : « Ce dialogue s’impose à nous ».


C’est, au demeurant, à cette occasion qu’il va promulguer l’ordonnance n°15/084 du 28 novembre 2015 portant convocation d’un Dialogue politique national inclusif en République Démocratique du Congo et répondra positivement au préalable de l’Opposition politique quant à la facilitation internationale. D’où l’article 4 selon lequel « Sans préjudice d’autres dispositions à déterminer par le Règlement Intérieur, le Dialogue comprend un Bureau et une Plénière pouvant éclater en Commissions. Le Bureau est assisté d’un Facilitateur international ».
Mais, c’est à l’article 3 relatif à la mise en place du Comité préparatoire que les tâches sont déterminées, à savoir « apprêter les documents de travail » et « élaborer les projets de l’ordre du jour et du règlement intérieur à soumettre à l’approbation de la Plénière du Dialogue », « déterminer toutes les modalités d’organisation et de fonctionnement du Dialogue » et « fixer le nombre des participants qui doivent provenir de la Société civile, de la Majorité Présidentielle et de l’Opposition politique, ainsi que la durée et le site devant abriter le forum ».


En fait, les préalables soulevés par la suite par « Rassemblement » devaient faire partie de l’ordre du jour.
Dans le message du 14 décembre 2015 (état de la Nation), le Président Kabila a rappelé sa détermination à « engager la Nation sur la voie du Dialogue Politique National Inclusif « . Il a annoncé la mise en place et du Comité préparatoire et de la facilitation internationale, double acte devant « permettre, à brève échéance, le démarrage effectif dudit dialogue, avec pour objectif de trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus électoral, ouvrant ainsi la voie à des élections crédibles et apaisées ».

Et de réaffirmer : « Une fois de plus, j’encourage vivement les Congolaises et Congolais à tirer avantage de notre tradition séculaire du dialogue comme mode de règlement des divergences politiques et sociales ».
C’est dans ce message qu’il va déclarer à haute et intelligible voix : « En effet, ce n’est pas par la violence que nous réglerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations Unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes. Mais plutôt de nous-mêmes, et par le dialogue entre des Congolaises et des Congolais, mus par la fibre patriotique, et inspirés par l’appel à l’auto-détermination et à l’auto-prise en charge, toujours d’actualité, de nos deux héros nationaux, Patrice Emery LUMUMBA et M’zee Laurent Désiré KABILA ».


Dans celui de Nouvel An, il dira de l’année 2016 qu’elle est celle de multiples défis. « Au plan politique, il nous faudra relever le défi de la consolidation de la paix. La responsabilité de la classe politique et sociale du pays est ici engagée car à travers le dialogue politique national et inclusif convoqué à cet effet, un consensus devra être trouvé sur les questions qui posent problèmes en vue de jeter les nouvelles bases des scrutins prévus par le calendrier électoral global du 12 février de cette année et dont aucun n’a été réalisé à ce jour », dira-t-il.

RESOLUTION VIDEE DE SA SUBSTANCE


Ces références prouvent à suffisance que le Chef de l’Etat est resté attaché à une solution congolaise à un problème congolais, trouvée par des Congolais, pour des Congolais, et au Congo.
Il est clairement établi que le conclave de Bruxelles-Genval, visiblement imposé à Etienne Tshisekedi qui, jusque-là, s’en tenait à sa feuille de route du 14 février 2015 excluant « Dynamique » et « G7 », s’est révélé une pierre d’achoppement dans le processus des pourparlers Mp-Udps.


C’est, effectivement, à cette occasion que la Résolution 2277 du 30 mars 2016 a été vidée de sa substance, en violation d’ailleurs de la souveraineté de la République Démocratique du Congo. Dieu merci que l’Union européenne a reconnu cette souveraineté puisque, dans les Conclusions de la réunion de ses ministres des Affaires étrangères tenue à Luxembourg le 17 octobre dernier, elle « rappelle les efforts significatifs qu’elle a consentis ces dernières années pour accompagner le pays et confirme sa disponibilité à les intensifier en réitérant sa demande du 2 juin 2016 au gouvernement d’initier dans les plus brefs délais un dialogue politique au plus haut niveau, conformément à l’article 8 de l’Accord de Cotonou ».


Trois jours plus tard, dans un communiqué commun, l’Ua, l’Onu, l’Ue et l’Oif ont appelé « le Gouvernement à continuer à promouvoir le respect des droits et libertés prévus par la Constitution, y compris par la libération des détenus politiques, conscientes qu’elles sont de ce que la préservation de l’espace politique, et l’exercice des droits fondamentaux garantis par la Loi fondamentale sont une condition sine qua non pour permettre la réussite du dialogue politique que le Président Joseph Kabila appelle de ses vœux ».


En clair, les organisations internationales ont reconnu au Pouvoir congolais le droit et le devoir de convoquer le Dialogue pendant que les membres de « Rassemblement », prétextant de la Résolution 2277, ont disqualifié non seulement le Président Joseph Kabila, mais aussi la facilitation africaine assurée par EdemKodjo, récusé certes par cette plateforme, mais bénéficiaire du soutien renouvelé des mêmes organisations !

JOSEPH KABILA AFFICHE UN COMPORTEMENT D’HOMME D’ETAT…


Le Dialogue tenu, l’Accord politique signé et laissé ouvert notamment aux membres de « Rassemblement », le Chef de l’Etat a eu la sagesse de charger la Cenco d’entreprendre une mission de bons offices auprès de cette plateforme. C’est de cette brèche que profitent aujourd’hui Américains, Européens et Onusiens pour obtenir la fameuse inclusivité. Après avoir délibérément fait échouer la Résolution 2277, « Rassemblement » veut également profiter de la même brèche, mais avec son modus operandi habituel : brandir d’autres menaces à l’égard du Président de la République.


Sur ces entrefaites, que de temps perdus, que de vies humaines et de biens inutilement sacrifiés puisqu’au final, on revient à la case-départ.
Sur ce terrain-là, on est libre de tout penser, de tout dire, de tout croire : la vérité têtue est que Joseph Kabila affiche un comportement d’homme d’Etat…
Omer NSONGO DIE LEMA

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