Nouveau gouvernement: la semaine décisive pour Samy Badibangi

Le week-end, le Premier ministre a notamment reçu le groupe parlementaire Udps et Alliés à nouveau réconcilié. Le Premier ministre congolais a poursuivi ses consultations le week-end dernier en vue de former son gouvernement. Après la Majorité présidentielle, l’Opposition et la Société...

Le week-end, le Premier ministre a notamment reçu le groupe parlementaire Udps et Alliés à nouveau réconcilié. Le Premier ministre congolais a poursuivi ses consultations le week-end dernier en vue de former son gouvernement. Après la Majorité présidentielle, l’Opposition et la Société civile, Samy Badibanga a devisé avec le groupe parlementaire, son groupe parlementaire, Udps et alliés. La rencontre a eu lieu le week-end dernier à Kempiski Hôtel à Kinshasa-Gombe. A l’issue de leur réunion, le groupe Udps et alliés a déclaré avoir enterré la hache de guerre, avant de promettre son soutien au nouveau Premier ministre.

Sur les 54 députés que compte le Groupe parlementaire UDPS et Alliés, une quarantaine ont été présents. Notamment Fabien Mutomb, Remy Massamba, John Kolela, Serge Mayemba, Papy Nyango, Kovo Ingila, Martin Kabuya, Basile Olongo, Ambatobe… Signe que le temps est à la réconciliation et à l’apaisement.
A partir du moment que même les députés qui avaient récemment contesté sans succès Samy Badibanga à la présidence du Groupe parlementaire ont fait partie de la délégation qui l’a rencontré, on peut dès lors conclure que les hommes politiques congolais peuvent parfois se transcender. Au-delà de tout son caractère symbolique, cette rencontre du Premier ministre avec le groupe parlementaire Udps et alliés a le mérite d’être considérée comme une victoire pour lui qui recherche la cohésion et une plus large inclusion pour son gouvernement.
Deux jours auparavant, soit le Jeudi 24 novembre, Samy Badibanga a officiellement reçu une délégation de la Majorité présidentielle. Il a également rencontré des émissaires de la société civile ainsi que ceux du groupe UNC et alliés. Dans une déclaration faite à la presse, Vital Kamerhe a confirmé que son parti participera au gouvernement issu du compromis politique du 18 octobre. A ce sujet, le président national de l’Union pour la nation congolaise a déclaré qu’on devra tenir compte du poids politique du groupe parlementaire UNC et alliés lors de la redistribution imminente des cartes. En parallèle des consultations officielles, des apartés… Chacun tente de faire valoir son poids politique, sa loyauté, sa crédibilité, voire sa menace de retrait ou de passer dans l’autre camp.
Selon les parties consultées par le Premier ministre, il ne s’agit pas pour l’instant, de déterminer qui prendra quel poste précisément. Bien au contraire. Les échanges ont plutôt porté sur la structure du gouvernement qu’il faille définir dès le départ. Avec bien sûr les questions cruciales du nombre et de la composition de l’équipe.
A priori, il faudra faire entrer toutes les composantes pour donner au gouvernement en gestation son format d’union nationale. Néanmoins, face aux contraintes budgétaires auxquelles la RD Congo fait face depuis plusieurs mois, la taille du gouvernement pourrait rester stable. Sinon, elle connaîtra une légère augmentation. Certaines indiscrétions estiment que les effectifs de cet Exécutif national pourraient osciller entre cinquante et soixante postes. Vice-ministres y compris.

LA FIN DU SUSPENSE CETTE SEMAINE ?
Après toute cette croisade des parties prenantes, l’opinion est-elle en droit de considérer cette semaine comme la dernière ? En tout cas, rien ne l’indique. Néanmoins, par rapport à certains enjeux, des observateurs avisés pensent que le Premier ministre aurait à gagner, en apprêtant son équipe en ce début du mois de décembre. Parmi ces données, figure entre autres, la clôture solennelle de l’actuelle session ordinaire du Parlement. Conformément à la Constitution, l’Assemblée nationale et le Sénat sont censés fermer leurs portes dès le 15 décembre prochain. Soit dans quelque dix-sept jours. Cela s’entend, députés nationaux et sénateurs ne peuvent pas aller en vacance, avant que le nouveau gouvernement ne soit mis en place. Car, il revient à la chambre basse, la prérogative constitutionnelle d’investir le Premier ministre et son gouvernement, une fois que le Programme de ce dernier a été approuvé par la chambre des représentants.
Par rapport à cette contrainte de calendrier, le temps semble ne pas du tout jouer en faveur du Premier ministre Samy Badibanga. Car, une fois que la mouture de son équipe est approuvée par le Président de la république, par voie d’ordonnance, le chef de l’Exécutif devra élaborer la feuille de route ou programme de son action. Rien à voir avec le budget. Il s’agit plutôt, pour le Premier ministre, de définir les principaux axes de sa politique. Bien qu’il appartiendra au Premier ministre de le présenter aux élus du peuple, ce Programme devra être élaboré en concertation avec les autres membres du gouvernement. D’où, la nécessité d’avoir le gouvernement au cours de cette semaine. Ceci permettrait au Premier ministre, de se présenter à l’Assemblée nationale dès la semaine prochaine en vue de son investiture.
Une autre donnée qui plaide en faveur de la mise en place du gouvernement, est la date fatidique du 19 décembre marquant la fin constitutionnelle du mandat actuel du Président Joseph Kabila. Compte tenu de tout ce qui se raconte dans l’opinion, autour de cette échéance, certains analystes pensent qu’il ne serait pas souhaitable que les attentes du nouveau gouvernement aillent jusqu’à la semaine du 5 décembre.

ENCORE DES INTERROGATIONS

Que le Premier ministre ait rencontré toutes les forces politiques et sociales, c’est à la limite du succès. Car, jusqu’ici, tous les échos paraissent encore favorables. Pas d’éclats de langage. Néanmoins, beaucoup d’interrogations sur ce qui se discute avec le Rassemblement de l’opposition tshisekediste. Les consultations entreprises par l’Eglise catholique se poursuivent. Du recoupement des déclarations des membres de cette plateforme politique, il ressort que le Rassemblement a proposé une nouvelle feuille de route et a précisé sa position.
Du côté des signataires de l’Accord politique de la cité de l’Union africaine, on vante la capacité du nouveau Premier ministre Samy Badibanga. Ce dernier qui fut un proche d’Etienne Tshisekedi et d’aucuns espèrent qu’il parviendra à obtenir le ralliement de certaines figures de mouvance tshisekediste. L-Grevisse KABREL

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