Un enseignant touchait un salaire d’environ cent mille francs congolais équivalent à cent-six ou cent-neuf dollars américains. Aujourd’hui, ce même salaire représente quatre-vingt-dix à quatre-vingt-cinq dollars américains pendant que les prix des services et des biens de première nécessité ne font qu’augmenter.
A titre d’illustration ; avec son salaire, l’enseignant congolais paye le loyer qui est fixé en dollar américain considéré comme une monnaie stable. Le loyer mensuel pour un logement de cent cinquante dollars (à Kinshasa, ce montant correspond généralement au loyer d’un appartement d’un salon, d’une chambre à coucher et d’une cuisine) qui représentaient cent trente cinq mille à cent trente huit mille francs congolais, se paye aujourd’hui entre cent soixante sept mille et cent soixante dix-sept mille francs congolais équivalents des mêmes cent cinquante dollars américains. Cela fait donc état d’une diminution du pouvoir d’achat d’environ trente pourcent. A l’instar du logement, un autre bien courant de consommation est la carte prépayée de communication téléphonique. Une carte de 100 unités qu’on se procurait à mille francs congolais se vend aujourd’hui à mille quatre cents francs congolais (40% d’augmentation).
Sans compter le fait qu’avec l’ancien taux de change, l’enseignant devait suppléer quelque chose pour le payement de son loyer, l’inflation du franc congolais le met dans une position encore très inconfortable de baisse de son pouvoir d’achat, non seulement en ce qui concerne son loyer, mais aussi tous les autres biens et services de première nécessité qui connaissent aussi de hausse et pour lesquels sa bourse ne suffit pas.
Pendant ce temps, le gouvernement ne se montre pas préoccupé par cette situation qui exige de sa part une analyse en vue de solutions humainement soutenables et urgentes quant à la dégradation brutale de la condition de ces agents de l’Etat.
C’est à ce juste titre que la Fédération Nationale des Enseignants et Educateurs sociaux du Congo (FENECO/UNTC) a toujours fustigé un dialogue social pas de qualité en République Démocratique du Congo. On se dira même qu’avec la situation actuelle, ce dialogue serait inexistant dans la mesure où, depuis la situation de crise, le gouvernement ne s’est préoccupé ni à adresser un message de soutien en rapport avec la condition des enseignants accentuée par l’inflation monétaire, ni à convoquer les négociations, le cadre bipartite approprié de discussions entre lui et les syndicats des enseignants.