Primature: la taille du prochain gouvernement fait débat

Les acteurs politiques restent divisés sur la taille du gouvernement Badibanga. Député national élu d’Uvira (Sud-Kivu), Justin Bitakwira estime que cette équipe devra avoir plus de postes ministériels que celui de Matata Ponyo qui encomptait 48 postes

(trois vice-Premiers ministres, deux ministres d’Etat, trente-trois ministres et dix vice-ministres). Le député Steve Mbikayi a un avis contraire.
 
« Il faudrait que ce soit un gouvernement certainement équilibré. Et, il y aurait moyen de pouvoir majorer légèrement, je dis bien légèrement, plus ou moins trois à cinq postes ministériels et trois à cinq postes de vice-ministres en plus », a déclaré Justin Bitakwira dimanche 20 novembre à Radio Okapi.

Cet avis est également partagé par Crispin Ngoy, l’un des communicateurs de la Majorité présidentielle.

Il pense que le gouvernement issu du dialogue devra être plus costaud que le gouvernement sortant en vue de satisfaire tout le monde:

« On ne peut pas maintenir la même taille puisque maintenant il s’agit d’un gouvernement de coalition nationale. Ce que nous voulons maintenant, il faut satisfaire toutes ces composantes pour qu’il y ait concorde au sein du gouvernement etqu’il n’y ait pas d’obstacles qui retarderont les élections ».

Mais, Steve Mbikayi de l’Opposition nationaliste a un avis contraire.

« L’idéal serait pour moi d’avoir un gouvernement pas très costaud parce qu’on a d’autres préoccupations par rapport aux élections. Pour moi, un gouvernement beaucoup plus restreint serait idéal », a soutenu le président du Parti travailliste (PT).

Sous couvert d’anonymat, un cadre de l’Union pour la nation congolaise (UNC) a, pour sa part, estimé qu’il faudra éviter un gouvernement éléphantesque et budgétivore étant donné que cette équipe aura besoin des fonds pour la tenue des élections et l’amélioration du social des Congolais.

Des personnes compétentes au Gouvernement, mêmes ceux qui n’ont pas pris part au dialogue, pour faire face au défi des élections et du social, c’est l’appel à l’ouverture lancé par le député MP Patrick Thierry André Kakwata.

Ouverture et méritocratie

Le député MP Patrick Thierry André Kakwata

Le défi des élections et de l’amélioration du social de la population nécessite des compétences au sein de l’équipe gouvernementale attendue. C’est dans ce sens que le député MP Patrick Thierry André Kakwata plaide en faveur de l’ouverture. « Nous devons aller de l’avant pour que le train de la démocratie emprunté depuis 2006 ne puisse pas s’arrêter.

Ceux qui étaient à la cité de l’UA n’étaient que des représentants. Pour raison de quiétude, de paix et de stabilité, mêmes ceux-là qui sont à l’extérieur, s’il y a la compétence, la méritocratie, je ne vois pas pourquoi on ne peut pas les prendre pour le gouvernement d’autant plus que nous avons un dénominateur commun, c’est la République démocratique du Congo et nous tous nous travaillons pour l’amour de la patrie », a-t-il déclaré.

S’agissant de la taille du gouvernement, cet élu du peuple estime que cela importe peu. Il s’est exprimé en ces termes : « On peut rester avec la taille actuelle du gouvernement tout comme on peut ajouter cinq, six ou pourquoi pas dix ministères. Dans le cas contraire réduire. Ce que nous voulons, c’est d’avoir des gens qui méritent leurs postes pour réussir la mission leur assignée en faveur de la population ».

Budget 2017

S’agissant du budget de l’Etat du prochain évalué à 4,5 milliards de dollars; ce qui est en diminution de 15% comparativement à celui de 2016. Une diminution justifiée par la chute des couts des matières premières, le député Kakwata croit en la possibilité de sa révision à la hausse. « A ce jour, les prix des matières premières reprennent l’ascenseur. Donc, si hier le cuivre était à 4100, à ce jour, le cuivre est déjà à 6326. Or, l’évaluation de notre budget tenait compte de ces coûts. Donc, aujourd’hui en tant que parlementaire, autorité budgétaire, je crois que ce budget doit être revu à la hausse. Ca permettra d’affronter les défis qui sont le social et l’organisation des élections », a-t-il indiqué.

Le chef de l’Etat a nommé jeudi le député national Samy Badibanga Premier ministre conformément à l’article 17 de l’accord politique issu du dialogue, clôturé le 18 octobre dernier.


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