La D.G. sortante de l’OCC refuse de rendre le tablier

C’est la ‘fin, depuis le mercredi 16 novembre 2016, du mouvement de débrayage déclenché, il y a deux semaines, par les travailleurs de l’Office Congolais de Contrôle, à la demande de leur ban syndical.

Cette grève avait été décidée par les syndicalistes, à la suite de soupçons de détournement de deniers publics et de l’impaiement de près de quatre mois de salaires qui, selon certains pessimistes, risquait de se prolonger sur plusieurs mois encore. La reprise du travail observée dans tous les départements, tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays, est consécutive à la nomination de nouveaux mandataires, le 11 novembre, à la tête de quelques entreprises publiques et régies financières de l’Etat, consacrant le limogeage de l’ancienne équipe dirigeante désavouée par le personnel.

Cette restructuration des entreprises publiques a été accueillie par une explosion de joies et de scènes de liesse populaire, aussi bien au siège central de l‘OCC. que dans toutes. ses directions provinciales, surtout que pour tenir désormais les rênes de cette entreprise du Portefeuille, le choix a été porté sur un fils maison capable d’insuffler le changement tant souhaité par l’ensemble des travailleurs. Les représentants de travailleurs se réjouissent pour leur part, du fait que cette nomination a apporté la paix des cœurs et la tranquillité des esprits, favorables à la reprise des activités professionnelles, même si elle a fait des mécontents dans les rangs des anciens dirigeants.

On en veut pour preuve, les dernières correspondances échangées entre la tutelle technique et la direction de l’O.C.C. En effet, il ressort de sa lettre datant du 17 novembre 2016, que la ministre du Commerce, Nefertiti Ngundianza Bayokisa Kisula, enjoignait la directrice générale adjointe de cette entreprise publique, Bernadette Muongo wa Nabahasha, d’apprêter les dossiers de la remise- reprise entre elle et le nouveau directeur général, Risasi Tabu wa M’simbwa, prévue le lundi 21 novembre 2016 à 16 heures.

Et pour garantir les intérêts de l’office, la ministre du Commerce a en outre, exhorté Bernadette Muongo wa Nabahasha, de s’abstenir de poser des actes de gestion attachés à ses fonctions. Cette dernière, qui n’a pas cru en la véracité de cette mesure de restructuration, pour n’avoir pas vu de ses propres yeux ni palpé de ses mains l’ordonnance présidentielle décidant son limogeage, a réclamé qu’on lui transmette ce document. Surtout qu’à sa connaissance, la publication qui entoure ce genre de nomination, n’a pas été faite ni à la télévision nationale, ni au Journal officiel.

Dans sa résistance, l’ancienne D.G. intérimaire a rappelé à la ministre l’obligation qui lui communiquer la copie de l’ordonnance présidentielle, selon les principes qui régissent l’administration publique en matière de nomination.

On croit savoir que la réaction de la ministre du Commerce ne va pas tarder. Car, la lettre de la D.G. sortante Bernadette Muongo wa Nabahasha l’a mise dans tous ses états. Bien qu’elle ait confié à ses proches qu’elle était déçue par le comportement de sa consœur, elle reste cependant persuadée que la machine de la restructuration étant en marche, rien ne pourrait plus l’arrêter.

En tout état de cause, les carottes sont cuites pour l’ancienne équipe dirigeante qui devrait passer le témoin au nouveau staff que les travailleurs tiennent à fêter avec fanfare, en signe de victoire à leurs revendications demeurées longtemps lettre morte dans les tiroirs du comité de gestion présidé par Berna- dette Muongo wa Nabahasha. C’est là un précédent fâcheux qui a terni les relations de collaboration entre l’équipe sortante et l’équipe entrante, alors que l’on s’attendait à une passation de responsabilités dans l’harmonie et la sérénité.

Par J.R.T.

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