Samy Badibanga face à une délicate mission

Le successeur de Matata Ponyo a la lourde charge d’amener les Congolais à des élections crédibles et  apaisées d’ici avril 2018 et d’améliorer le social de la population aujourd’hui clochardisée

En exécution de l’accord  non inclusif organisé à la cité de l’Union africaine sous la facilitation du Togolais Edem Kodjo, Joseph Kabila Kabange vient de mettre fin au suspense qui a suivi la démission d’Augustin Matata Ponyo à la Primature en nommant M. Samy Badibanga Ntita (54 ans) au poste de Premier ministre du Gouvernement d’union nationale jusqu’à l’organisation des élections présidentielle et législatives en avril 2018.

L’Ordonnance présidentielle nommant  ce député national de l’Opposition au poste de Premier ministre et confiant à celui-ci la mission de former le prochain Gouvernement a été lue le jeudi 17 novembre 2016 sur les antennes de la Radio Télévision nationale (RTNC) par le service de presse de la Présidence de la République.

Bien que le choix porté sur Samy Badibanga n’émeut pas le Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement où l’on se dit non  concerné par les conclusions  du forum de la cité de l’UA,  la nouvelle n’a pas manqué de surprendre ceux qui s’attendaient à la nomination de Vital Kamerhe.

La consternation était à son comble, hier jeudi, au quartier général  de l’UNC, parti cher à l’ancien speaker de l’Assemblée  nationale où une réunion d’urgence a été même convoquée après la publication de l’Ordonnance nommant Samy Badibanga Premier ministre.

Natif de Kinshasa où il avait vu le jour en septembre 1962, Badibanga Samy  a la lourde et délicate mission de  former un Gouvernement composé d’hommes et de femmes capables de conduire la RDC à des élections crédibles et apaisées d’ici  avril 2018, selon les dispositions de l’Accord tant décrié  organisé à la cité de l’UA.

En attendant de connaître les hommes et les femmes qui feront partie de cette équipe, d’aucuns se demandent si  cet opérateur minier formé à l’Institut supérieur des sciences humaines de Genève et à l’école du  Haut Conseil de Diamant  d’Anvers aura suffisamment de marges de manœuvres pour relever le défi et améliorer tant soi peu le social devenu très noir des Congolais.

Le parcours du nouveau Premier ministre et son approche

Originaire de la province du Kasaï Oriental, mais né à Kinshasa en septembre 1962, Samy Badibanga Ntita a  été pendant longtemps administrateur de société dans le secteur de diamant après ses études à l’Institut supérieur des sciences humaines de Genève et à l’école du Haut Conseil de diamant à Anvers.

Elu député national  en 2011 sur la liste de l’Union pour la Démocratie et le progrès Social (UDPS) au terme des élections présidentielle et législatives chaotiques au cours desquelles il avait sillonné le pays aux côtés du Lider maximo Etienne Tshisekedi, Samy Badibanga s’est retrouvé ainsi parmi la quarantaine de députés élus de l’UDPS qui ont continué à siéger à l’Assemblée nationale, malgré le mot d’ordre du parti les appelant à boycotter les institutions.

A la Chambre basse du parlement, Samy dirigeait le Groupe parlementaire UDPS et alliés et siégeait à la commission des ressources naturelles, jusqu’à sa nomination au poste de Premier ministre par le chef de l’Etat.

Il sied d’indiquer qu’il a été désavoué comme président du groupe parlementaire en participant au dialogue du Camp Tshatshi dont il est aujourd’hui le grand bénéficiaire pour le compte des   » glisseurs «

En  tant qu’opérateur économique,  l’homme a été administrateur-délégué de la société SOCODAM SPRL, puis administrateur-directeur général de SAMEX Trading SPRL, société qui  détenait plusieurs permis de recherches minières en République Démocratique du Congo et qui travaillait en joint-venture  avec BHP Billiton dont il deviendra le consultant de 2005 à 2010.

C’est sans doute dans ce cadre qu’il a eu à participer à plusieurs négociations avec le ministère des Mines sur la révision des contrats miniers, et avec les ministères de l’Economie et  de l’Energie sur la construction et la fourniture de l’énergie du barrage d’Inga III.

Membre fondateur de l’IPDD (Initiative Panafricaine pour la Défense de la Démocratie) et président du groupe parlementaire UDPS jusqu’à sa nouvelle fonction de Premier ministre, Samy Badibanga Ntita est aussi l’auteur d’une série de propositions de réformes économiques et fiscales début 2014, relayées par le magazine Jeune Afrique8. Pour changer le social des Congolais, il a notamment proposé trois réformes.

Il s’agit notamment de  la mise à l’étude par le Parlement d’une nouvelle réforme fiscale inspirée de la  » flat tax  » ou taxation à taux unique pour favoriser non seulement les investissements et la création d’emplois,mais aussi augmenter de façon considérable les recettes de l’Etat ;une étude de faisabilité d’une fusion des régies des impôts sur le modèle des réformes mises en place au Ghana, à l’Ile Maurice et dans  certains pays voisins de la RDC pour augmenter les recettes fiscales ; et la mise en place d’un fonds  national de développement  qui serait alimenté par les revenus de l’exploitation des ressources naturelles.

Pour combien de temps ?

La nomination de Samy Badibanga à la Primature intervient alors que la communauté internationale et l’Eglise catholique à travers la CENCO continuent à mener des tractations pour créer le cadre d’un véritable Dialogue inclusif que réclame le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.

Ceci étant la voie royale pour une paix durable et l’organisation des élections apaisées en République Démocratique du Congo. Jusqu’où ira le nouveau Premier ministre en cas de la tenue de ce Dialogue inclusif ?

Par Dieudonné Mbuyi K.

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