Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a prononcé, le mardi 15 novembre dernier, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, son  discours sur l’état de la nation, survolant ainsi les 15 ans de son règne à la tête du pays.

Allocution que d’aucuns qualifient de dernier, son second et dernier mandat expirant dans 32 jours, soit le 19 décembre prochain à minuit.

Juste après cet évènement qui a eu lieu au Palais du peuple en présence de Kengo, Minaku et bien d’autres personnalités politiques et diplomatiques, sans oublier les « primaturables » Vital Kamerhe et Azarias Ruberwa, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement s’est réuni en Conseil des sages le même mardi 15 novembre, autour de son président, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba.

L’unique point qui a fait l’objet de débat à l’ordre du jour, était celui, bien entendu, relatif à « l’examen du discours sur l’état de la nation prononcé par le président Kabila devant le Parlement réuni en Congrès », peut-on lire dans un communiqué de presse signé personnellement par Etienne Tshisekedi.

Seul un dialogue réellement inclusif

Ainsi, après débats et délibérations, le Conseil des sages a relevé quelques aspects qu’il estime importants dans cette adresse très attendue par le peuple congolais. « Le Rassemblement s’indigne du ton agressif du discours de Joseph Kabila qui n’apaise pas les esprits et ne favorise pas la recherche du consensus pour une sortie pacifique de la crise », signale-t-on dans ce communiqué.

On se rappelle que dans ce discours, Joseph Kabila s’en est visiblement pris au Rassemblement ainsi qu’à la communauté internationale, alors que les rapports avec ces deux organisations sont visiblement tendus, aussi bien sur le plan politique que diplomatique. Ces propos ont frisé l’arrogance, selon certains observateurs.

Nonobstant cette attitude, le Rassemblement se dit convaincu, comme il n’a cessé de l’affirmer dans ses diverses prises de positions, que seul le dialogue réellement inclusif conforme à la Résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations-Unies demeure la voie indiquée pour mettre fin à l’impasse actuelle, créée délibérément par le pouvoir en place. Car, tout a été préparé depuis des années pour que les élections de 2016 ne se tiennent pas dans le délai requis, soutiennent des opposants.

C’est pourquoi, « dans l’intérêt supérieur de la nation », le Rassemblement dit soutenir la médiation en cours de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), et s’y implique avec « responsabilité ».

A cet effet, le Rassemblement en appelle au sens de responsabilité de toutes les parties à ce dialogue à se ressaisir et à concourir à la finalisation de la mission des évêques catholiques pour mener le pays à la tenue des élections apaisées.

Enfin, le Rassemblement note avec attention que se prononçant solennellement sur son sort politique, Joseph Kabila reconnait que celui-ci est réglé de façon satisfaisante par la Constitution, et que celle-ci sera appliquée dans toutes ses dispositions.

« En d’autres termes, à l’expiration de son second et dernier mandat, Kabila ne violera pas l’article 220 de la Constitution en ce qui concerne le nombre et la durée du mandat présidentiel », conclut cette plateforme de l’Opposition née au terme des assises de Genval.

Pour Joseph Olenghankoy, ce discours qui est « plein de contradictions, est une déclaration de guerre »

Dans ses analyses, l’opposant Joseph Olenghankoy, président national des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus), également membre du Rassemblement, pense que « ce discours est plein de contradictions ».

En plus, pour lui, « c’est une déclaration de guerre ». Aussi, renchérit-il, Joseph Kabila doit savoir qu’il est le président de tout le monde, majorité, opposition comme société civile, et qu’à ce titre, « il a un droit de réserve sur certains propos ».

« Je ne suis pas satisfait de ce discours », persiste Olenghankoy  qui estime que cette adresse a fait plaisir à la famille politique de la Majorité présidentielle, alors que le peuple congolais est déçu. Enfin, le n°1 des Fonus note que « ce discours est le plus médiocre » de toutes les adresses du chef de l’Etat.

Le meeting du 19 novembre confirmé

De son côté, le député national Franck Diongo confirme le meeting du Rassemblement pour ce 19 novembre, et informe que l’UDPS a officiellement saisi, lundi 14 novembre, le gouverneur de la ville de Kinshasa, pour ce faire.

Le président national du MLP ajoute que l’orateur principal de ce rendez-vous sera Etienne Tshisekedi qui effectuera la déplacement du boulevard triomphal.

Par LM