BCC: louches transferts le 30 juin 2014 !

Sur l’extrait «des dépenses des investissements et contrepartie des projets» établi par le ministère du Budget daté du 28 janvier 2015, on observe que les montants sont importants.

Ils varient de 488,05 millions de francs congolais à 1,179 milliard de franc congolais, mais le total pour les 7 projets est de 6.800.544.197 de francs congolais, soit 75,5 millions de dollars au taux de 900 francs congolais pour un dollar US Des fonds destinés à sept projets environnementaux à travers la République, probablement détournés entre la Banque centrale du Congo BCC- et le ministère de l’Environnement, à en croire des promoteurs et des agences d’exécutions victimes de cette pratique. Conséquences: ces projets n’ont jamais été exécutés, sinon à peine 20%.

Les patrons des circuits par lesquels est passé l’argent appelés à faire toute la lumière sur ces dossiers obscurs. Qui a détourné l’argent destiné à la réalisation de sept projets environnementaux à travers la RD-Congo signalés comme transférés le 30 juin 2014? La question vaut son pesant d’or tant ces projets, financés par des partenaires étrangers avec une contrepartie versée par l’Etat RD-congolais, se trouvent à ce jour au point mort. Pourtant, la contribution de la RD-Congo destinée à leur exécution a été décaissée en bonne et due forme à la Banque centrale du Congo BCC, des pièces comptables du ministère du Budget faisant foi.

Preuve du détournement de l’argent entre la BCC et l’Environnement «Alors que l’état des dépenses et contrepartie des projets au 31 décembre 2014 atteste que ces sommes ont été sorties du Trésor, je suis au regret de vous dire que les bénéficiaires ne sont jamais entrés en leur possession», se plaint une des victimes sous le sceau de l’anonymat. Et d’ajouter: «Cet état des dépenses établi en janvier 2015 par le
ministère du Budget est la preuve que l’argent a été détourné entre la Banque centrale du Congo et le ministère de l’Environnement par un réseau bien organisé». Il s’agit des fonds consacrés essentiellement à des projets Réduction des émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et la dégradation des forêts -REDD- et REDD+, qui prend en compte le marché du carbone, dans l’ex-Province Orientale et au sud Kwamutu, jamais arrivés à destination.

Selon des sources concordantes, ces fonds seraient engloutis dans les escarcelles de certaines grosses pointures de la Banque centrale du Congo, du ministère de l’Environnement et de la Primature. Des mouvements de fonds le jour de la fête de l’indépendance Ci-contre, un extrait «des dépenses des investissements et contrepartie des projets» qui illustre parfaitement l’opacité de ces décaissements tant les codes comptables et les numéros des comptes bancaires ne sont pas signalés. Des transferts louches opérés tous un jour férié, déclaré chômé et payé, le 30 juin 2014. Des mouvements des fonds le jour de la fête de l’indépendance du pays! Ça fait tiquer, ça fait jaser et ça interroge: l’argent est passé via quelle messagerie financière ou quelle banque commerciale?

Quelle urgence il y avait ce jour-là pour  justifier ces opérations? Des questions qui laissent
soupçonner un détournement. On observe aussi que les montants sont importants. Ils varient de 488,
5 millions de francs congolais à 1,179 milliard de franc congolais, mais le total pour les 7 projets est de 6.800.544.197 de francs congolais, soit 75,5 millions de dollars au taux de 900 francs congolais pour un dollar Us. Des dossiers obscurs pour lesquels seules les explications des responsables des circuits par lesquels l’argent est passé pourront éclairer la lanterne de l’opinion publique.

Au demeurant, il s’agit d’expliquer le système mis en place pour contrôler et retracer l’affectation des fonds offerts ou prêtés par les bailleurs ainsi que la contrepartie du gouvernement de la RD-Congo. C’est le lieu ici d’interpeller la Cour des comptes, l’Inspection générale des Finances ainsi que l’Assemblée nationale pour plus de rigueur et de perspicacité lors de la reddition des comptes. Les efforts pour avoir la version de la Banque centrale du Congo sont restés vains. Les SMS envoyés mardi 15 novembre à Plante Kibadi, chargé de communication du gouverneur de la BCC, sont restés sans suite.

Laurent OMBA

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