RDC : l’ultime mission de paix à Kinshasa

Après le Sommet de la CIRGL à Luanda, les bons offices de la CENCO, une délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies arrive aujourd’hui à Kinshasa pour la recherche d’un large consensus, gage d’une transition apaisée.

Une mission du Conseil de sécurité des Nations Unies arrive aujourd’hui à Kinshasa. Une fois sur le sol congolais, la délégation devrait s’entretenir avec le président Kabila et bien d’autres officiels. Sur l’agenda de cette équipe, figure aussi des entretiens avec la classe politique, notamment l’Opposition et la Société civile. C’est seulement après la phase de la capitale que la mission s’envolera pour Beni, dans le Nord-Kivu livré à ce jour à la campagne de terreur des islamistes ougandais des ADF.

Pendant les quatre jours de mission en terre congolaise, la délégation du Conseil de sécurité tâchera de se renseigner sur la crise politique qui mine la RDC, renseignent des sources proches du Palais de verre de New-York. La délégation s’appesantira sur des questions relatives à la sécurité à l’Est du pays. L’occasion sera propice pour examiner ’’les allégations sur les tueries aveugles’’ commises par les ADF dans la région de Beni, au Nord-Kivu.
Les délégués du Conseil de sécurité des Nations unies se rendront dans cette zone pour se rendre compte du calvaire que vit la population martyrisée par ces attaques cycliques des ADF, dont la dernière remonte à une dizaine de jours sur l’axe Eringeti-Oïcha, au niveau de la Nationale n°4.

UNE MISSION SOUS HAUTE TENSION


La délégation du Conseil de sécurité de l’ONU arrive à Kinshasa dans un contexte de tension politique. A un moment où le climat est tendu entre la Majorité Présidentielle (MP) et l’Opposition radicale, regroupée au sein du « Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement » dirigé par Etienne Tshisekedi wa Mulumba.
L’équipe foule également le sol congolais aux lendemains d’un Dialogue politique qui a réuni autour d’une même table, à la cité de l’Union Africaine, les délégués de la MP et d’une partie de l’Opposition, sous la facilitation de l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo. Ont été également associés à ce forum, les délégués de la Société civile, y compris les représentants de la puissante Eglise catholique.
Sollicités plusieurs mois à la veille même des travaux de Kinshasa, les principaux ténors du « Rassemblement » avaient jugé mieux de boycotter ces travaux qu’ils qualifiaient déjà de ’’Dialogue non inclusif’’.


Et, comme on pouvait s’y attendre, cette plateforme de l’Opposition politique qui avait vu le jour lors du Conclave de Genval (Belgique) en juin 2016, n’a pas hésité à rejeter le compromis politique sorti des assises de la cité de l’UA, prorogeant le mandat du chef de l’Etat au-delà de la date constitutionnelle du 19 décembre 2016. Le « Rassemblement »s’attèle, dès lors, à mettre tout en œuvre pour empêcher l’application de cet accord politique.
Se désolidarisant des autres ténors de l’Opposition qui ont activement pris part au Dialogue national, les porte-étendards du « Rassemblement »réclament à leur tour, la tenue d’un autre dialogue qu’ils veulent ’’plus inclusif’’. Ils s’attendent ainsi à voir les assises qu’ils se proposent d’organiser ’’accoucher d’un accord consensuel engageant tous les segments de la nation, et non seulement la MP et l’Opposition prodialogue’’, commente un des leurs.

LES BONS OFFICES DES EVEQUES


Au moment où on attendait la formation du gouvernement d’Union nationale issu du dialogue pour la mise en œuvre du compromis politique, Joseph Kabila, dans le souci de réunir un consensus plus large autour de l’accord politique, a sollicité les bons offices des Evêques catholiques de la CENCO pour prendre langue avec le « Rassemblement » et échanger sur son cahier des charges. La CENCO venait de déposer son rapport au Président Joseph Kabila sur la position du « Rassemblement ».
Dans son cahier des charges présenté aux membres de la CENCO, le « Rassemblement » avait en effet brandi un schéma contraire aux dispositions de l’Accord politique adoubé aussi bien par l’Union africaine, les Nations Unies, la SADC, que l’OIF… Il s’agit, après le 19 décembre 2016, d’amorcer ’’une transition sans Kabila, sous forme de régime spécial’’. Quant à la date des élections, le « Rassemblement » se cramponne désormais sur 2017 et non 2018, comme fixé dans le compromis politique de la cité de l’UA.

L’EQUATION ADF


C’est sur ces entrefaites que débarque, à ce jour, la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU, qui n’a pas que les yeux rivés sur les négociations politiques.
En ce qui concerne l’étape de Beni, où ont été commis des massacres perpétrés par les ADF, la délégation du Conseil de sécurité va se rendre compte que la tâche est ardue. Car, il s’agit bien d’une guerre asymétrique que livrent les ADF à la RDC. Ce sont les propos du ministre de la Défense AtamaTabe au Sénat. Ce membre du Gouvernement estime que cette guerre asymétrique sera longue, étant donné qu’il n’y a pas un front territorial.
Il a préconisé la formation des forces spéciales capables de faire face à une guerre asymétrique par des moyens dissymétriques et non conventionnels. Ni les FARDC ni la MONUSCO ne disposent de ces unités spéciales formées pour ce type d’engagement, a-t-il indiqué. Nul doute que la délégation du Conseil de sécurité rendra compte à son mandant de ce défi qui se pose aux forces engagées sur le théâtre des opérations contre les ADF. KANDOLO M.

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