Depuis la date de sa mise en ligne, ce texte fait du buzz dans les réseaux sociaux. Et, c’est la presse belge qui a donc dégainé, en citant un certain Jean-Jacques Lumumba comme la source d’information. Premier tableau : ” La CENI a reçu six versements depuis janvier 2016 du trésor public pour un total de 55 millions de dollars, sur l’un de ses comptes logés à la BGFI Bank. Si ce n’est un chèque d’un peu plus de 900.000 dollars retiré le 10 mai, rien n’a été dépensé sur ce compte. Fin septembre, il restait à la CENI plus de 54 millions de dollars sur ce livret.”

Tableau 2 : ” Sauf que la CENI joue un double jeu, avec un deuxième compte, également logé à la BGFI. Début mai 2016, il n’y avait pas un euro sur ce compte. Démarre alors une drôle de combine. La CENI, qui dispose pourtant de capitaux importants sur son autre compte, décide de s’endetter. Elle ouvre un crédit de 25 millions de dollars chez BGFI”.
Tableau 3 : ” …Alors qu’elle thésaurise sur son premier compte, la CENI liquide tout. Une partie, via des virements identifiés, vers la société française Gemalto. Mais, on observe également de nombreux chèques inexpliqués : 350.000 dollars par-ci, 750.000 dollars par-là, 1,5 million de dollar la fois suivante. Entre mai et septembre 2016, la CENI a procédé à des retraits par chèque pour un montant total de 7,5 millions de dollars ! A quoi ont servi ces chèques ? Aucune idée. Mais, il flotte un parfum de corruption “.

ÇA SENT UNE AFFAIRE DE GROS INTERETS


Voilà donc, un corpus sur base duquel de nombreux chroniqueurs ont construit leurs commentaires. Cependant, selon des recoupements dignes de foi, ces attaques en règle contre la Ceni et son bureau cachent mal un problème de gros intérêts. De quoi s’agit-il ? C’est qu’en 2011, la Ceni avait privilégié une firme belge en l’occurrence ZETES pour l’achat de matériel et que, d’après nos sources, c’était un marché de gré à gré avec tout ce que cela implique comme commissions, avantages… bref, un marché juteux.
Et, quand Corneille Nangaa, jusqu’alors secrétaire exécutif de la Ceni, est désigné en novembre 2015 par sept des huit représentants des confessions religieuses comme successeur de feu l’abbé Apollinaire Malumalu, il décide de mettre fin totalement à cette pratique.
En lieu et place, il recourt à une méthode universelle de passation des marchés, qui consiste à lancer un avis d’appel d’offres. Que le meilleur gagne ! Et il s’est fait qu’au terme du concours, c’est la firme française GEMALTO qui l’avait emporté. Ceci pourrait-il expliquer cela ?
D’après plusieurs sources, poser la question, c’est y répondre. Ou presque.
Pas plus tard qu’au mois de septembre dernier, le président de la CENI s’était rendu à Laval, en France, où il avait visité les installations de Gemalto, firme sélectionnée pour la livraison des Kits d’identification et d’enrôlement des électeurs.
Corneille Nangaa, qui s’était fait accompagner du Rapporteur de la Ceni, M. Jean-Pierre Kalamba, voulait donc s’enquérir du niveau de fabrication des Kits d’enrôlements des électeurs et évaluer le travail réalisé par les 34 experts dépêchés en France dans le cadre du contrôle de qualité du matériel déjà produit.
Le travail portait sur le conditionnement et la palettisation desdits équipements électoraux. Il a donc été question de vérifier plus de 7.500 kits, qui doivent répondre aux attentes et spécifications de la CENI en intégrant les recommandations soulevées par cette institution d’appui à la démocratie après son évaluation à mi-parcours de l’opération de la Révision du Fichier Electoral.

UNE CAMPAGNE DE SAPE CONTRE LE POUVOIR CONGOLAIS


Par de-là le bureau de la CENI, c’est le pouvoir du Président Joseph Kabila qui se trouve être, une fois de plus, victime d’une campagne de sape pour des raisons que personne n’ignore. La Communauté Internationale, en ce qu’elle a d’impersonnel (ONU, Union africaine, Sadc, CIRGL…), a donné sa bénédiction à l’Accord politique issu du Dialogue politique national inclusif, tenu du 1er septembre au 18 octobre derniers à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa.
Même si tout le monde s’accorde que ce compromis politique gagnerait d’avantage en inclusion, si d’autres forces politiques et sociales venaient à le signer. Et cela n’est pas du goût de certains pans de cette même Communauté internationale. Plus particulièrement de certaines capitales occidentales.
On est donc là, sur un terrain politique. Or, à la CENI on jure partout le Grand Dieu que les seuls éléments qui valent sont techniques. La CENI, n’ayant pas vocation à descendre sur l’arêne politique. Et, il nous revient que, malgré cette campagne pour nuire à son image, le Bureau de la CENI et son président n’entendent pas se détourner de leur objectif qui est l’organisation des élections. Grevisse KABREL